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Jeanne-Marie Conquer : un goût intact pour la création.

Éclairage Par Jeanne-Marie Conquer, le 16/09/2026


Q
uarante ans d’EIC, des œuvres devenues incontournables, des créations, des tournées et, surtout, des heures de répétition dans le « cœur du réacteur ». Jeanne-Marie Conquer, violoniste, raconte de l’intérieur une aventure musicale et collective portée, aujourd’hui comme hier, par le même goût de la découverte.

Sur les cinquante années d’existence de l’Ensemble intercontemporain, j’ai eu le privilège d’en vivre quarante ! Une histoire dont je retiens d’abord quelques œuvres parmi les plus importantes des XXe et XXIe siècles : Répons de Pierre Boulez, le Kammerkonzert et le Concerto pour violon de György Ligeti, Message de feu Mademoiselle Troussova de György Kurtág, le Kammerkonzert d’Alban Berg, Gejagte Form de Wolfgang Rihm, Ali di Cantor d’Ivan Fedele, Le Sette Chiese de Bruno Mantovani, Le Encantadas d’Olga Neuwirth… Nous ne les avons pas toutes créées, bien sûr, mais elles font toujours partie de l’histoire de l’Ensemble, elles nous accompagnent à la découverte de nouvelles œuvres.
Je retiens également cet intérêt jamais émoussé qui nous anime toujours et encore, les collègues et moi ainsi que les chefs qui nous dirigent – un intérêt que se manifeste autant dans le jeu instrumental que dans les échanges et l’écoute mutuelle autour de la résolution de questions techniques ou musicales. Les répétitions, c’est le cœur du réacteur de l’Ensemble intercontemporain, tout un temps compté afin de faire le plus parfaitement possible notre métier et défendre au mieux toutes les œuvres – qu’elles fassent déjà pleinement partie du répertoire ou qu’elles suggèrent un potentiel, un avenir.
Je retiens ces prestigieuses salles de concert, en tournée internationale ainsi qu’en France, à commencer par notre lieu de résidence : la Philharmonie de Paris
Je retiens enfin l’engagement et l’enthousiasme de toute l’équipe administrative, au service du public, des compositeurs et des musiciens – ils sont aussi nécessaires au bon fonctionnement de l’Ensemble que la virtuosité des solistes.
Et je veux remercier ici toutes ces personnes. Merci pour cette riche histoire, humaine et musicale, qu’est l’Ensemble et merci à celui qui l’a imaginé : Pierre Boulez.

Photo © Franck Ferville