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« Aller plus loin ». Entretien avec Lucie Leguay, cheffe d’orchestre.

Entretien Par Lou Madjar, le 15/11/2019

Elle est la lauréate du récent Tremplin international pour jeunes cheffes d’orchestre organisé par la Philharmonie de Paris et, depuis la rentrée, la nouvelle cheffe assistante de l’EIC. Entretien avec Lucie Leguay sur son parcours et ses perspectives au sein de l’Ensemble.

Lucie, d’où vous vient votre intérêt pour la musique contemporaine ?

De loin ! Déjà, au cours de mes études, je dirigeais les créations de mes amis compositeurs, qui étaient aussi mes condisciples en classe d’écriture et d’orchestration à Lille. Cette proximité est évidemment très enrichissante : elle permet de découvrir l’univers du compositeur en même temps que d’aller au plus près de son œuvre. Une expérience m’a donné l’envie d’aller plus loin : ma rencontre avec Peter Eötvös à Budapest. Au cours de ses masterclasses, les jeunes chefs ont la chance de travailler avec des jeunes compositeurs et de fréquenter des personnalités aussi éminentes que Heinz Holliger ou Kaija Saariaho.

Pourquoi ce poste de chef assistant à l’EIC vous attirait-il ?

Cela représentait pour moi une chance d’approfondir plus encore ce répertoire que j’affectionne chaque jour un peu plus et de découvrir de nouvelles œuvres et ce dans un contexte idéal, avec un ensemble et en compagnie d’un chef d’une qualité et d’une exigence rares. J’avoue que la perspective d’échanger avec ces solistes qui, pour beaucoup, ont travaillé avec Pierre Boulez, était aussi très émouvante : je découvre à leur contact l’histoire et l’ADN de cet ensemble absolument unique dans le monde musical.

 

Qu’attendez-vous de cette expérience avec l’Ensemble ?

J’espère avant tout apprendre. D’abord en observant Matthias Pintscher, sa manière d’aborder ce répertoire et de travailler, mais aussi les autres chefs invités. C’est également l’opportunité pour moi d’échanger avec les musiciens sur leur grande expérience de ce répertoire. De plus, chaque concert est l’occasion de découvrir de nouveaux artistes (compositeurs ou solistes). Je me réjouis de cette collaboration pour les deux prochaines années, c’est une vraie chance et je souhaite en profiter au maximum !

Comment s’est déroulé votre prise de fonctions?

Le jour du concours, j’étais vraiment impressionnée de diriger ces musiciens, que je connaissais de loin grâce aux nombreux concerts auxquels j’ai assistés. Ensuite, j’ai d’emblée été prise par les activités de l’Ensemble. Je me suis même trouvée « en situation » dès mes premiers jours, puisque j’ai dû remplacer Matthias au pied levé pour une répétition, et ce, sans connaître la pièce ! C’est ainsi que je suis vraiment entrée dans cette famille de musiciens exigeante et de très haut niveau — et qui, au surplus, s’est aussi révélée bienveillante et compréhensive dans cette situation exceptionnelle.

Vous avez été, l’an passé, lauréate du « Tremplin pour jeunes cheffes d’orchestre » organisé par la Philharmonie de Paris. Qu’est-ce que cela vous inspire et qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Ce Tremplin porte bien son nom puisqu’il m’a apporté une vraie visibilité, qui s’est traduite par un coup d’accélérateur dans ma carrière de cheffe d’orchestre, ainsi que par de très belles rencontres. J’ai à présent un emploi du temps bien chargé, se partageant entre différents engagements professionnels et mon poste de chef assistante auprès de quatre orchestres (Orchestre National de Lyon, Orchestre National d’Ile de France, Orchestre de Picardie et… l’Ensemble intercontemporain, bien sûr).

 

Photos (de haut en bas) :© Franck Ferville / Lucie Leguay et Matthias Pintscher, Conservatoire de Paris, novembre 2019 © EIC