{"id":1564,"date":"2005-04-15T10:18:51","date_gmt":"2005-04-15T08:18:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=1564"},"modified":"2005-04-15T10:18:51","modified_gmt":"2005-04-15T08:18:51","slug":"unsuk-chin-limagination-pour-seule-contrainte-accents-n-26","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/fr\/2005\/04\/unsuk-chin-limagination-pour-seule-contrainte-accents-n-26\/","title":{"rendered":"Unsuk Chin, l\u2019imagination pour seule contrainte"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/DSC_9533_II.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3708\" title=\"DSC_9533_II\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/DSC_9533_II.jpg\" alt=\"\" width=\"492\" height=\"741\" srcset=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2010\/05\/DSC_9533_II.jpg 492w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2010\/05\/DSC_9533_II-199x300.jpg 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/a><br \/>\n<strong>Au croisement des cultures<\/strong><br \/>\nAu fond, lorsque je compose, je ne pense pas aux attentes du public, d\u2019autant que les Europ\u00e9ens ont toujours des exigences tr\u00e8s pr\u00e9cises vis-\u00e0-vis de la musique des compositeurs asiatiques. Je cherche uniquement \u00e0 r\u00e9aliser mes id\u00e9es. S\u2019il appara\u00eet ensuite que cela pla\u00eet au public, j\u2019en suis naturellement tr\u00e8s heureuse.<br \/>\nBien loin de d\u00e9fendre par cet aveu l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u0153uvre abstraite peu exigeante qui n\u2019aspirerait finalement qu\u2019\u00e0 l\u2019harmonie de sa propre structure, Unsuk Chin exprime indirectement combien il lui importe de cr\u00e9er \u00ab \u00e0 l\u2019oreille\u202f\u00bb et d\u2019\u00eatre ainsi le premier public de ses \u00a0\u0153uvres, et le plus critique. En t\u00e9moignent les nombreuses r\u00e9visions qu\u2019elle apporte \u00e0 ses compositions.<br \/>\nSon plus grand succ\u00e8s musical \u00e0 ce jour est d\u2019avoir gagn\u00e9, en 2004, le prestigieux prix de composition Grawemeyer, d\u00e9cern\u00e9, sur \u00e9coute des \u0153uvres, par un jury compos\u00e9 de musiciens et de m\u00e9lomanes. Un prix venant r\u00e9compenser le <em>Concerto pour violon<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 2002 \u00e0 la Philharmonie de Berlin. Le public allemand d\u00e9couvrait alors, bien tardivement, une compositrice qui vivait pourtant sur son sol depuis vingt ans. C\u2019est en effet en 1986 que cette ancienne \u00e9l\u00e8ve de Sukhi Kang \u00e0 S\u00e9oul, d\u00e9j\u00e0 couronn\u00e9e par plusieurs prix internationaux, obtient une bourse pour suivre l\u2019enseignement de Gy\u00f6rgy Ligeti \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de musique de Hambourg. En 1988 elle part pour Berlin, o\u00f9 elle travaille au studio \u00e9lectronique de l\u2019Universit\u00e9 technique. Elle y compose plusieurs \u0153uvres qui lui vaudront outre-Rhin, pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es, une r\u00e9putation de compositrice de musique \u00e9lectronique.<br \/>\nEn France comme en Angleterre, la musique d\u2019Unsuk Chin est per\u00e7ue diff\u00e9remment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019attention pr\u00e9coce que lui porta le compositeur et chef d\u2019orchestre George Benjamin : \u00ab Il y a quinze ans, alors que je participais au comit\u00e9 de lecture de l\u2019Ircam, parmi les trois cents ou quatre cents partitions pr\u00e9sent\u00e9es, l\u2019une d\u2019elles me fit une tr\u00e8s forte impression. C\u2019\u00e9tait un cycle de m\u00e9lodies pour soprano lyrique et petit ensemble, <em>Akrostichon-Wortspiel<\/em>. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la d\u00e9cision finale du comit\u00e9 que j\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019identit\u00e9 du compositeur : Unsuk Chin, un nom pour moi totalement inconnu. Peu de temps apr\u00e8s, je dirigeai l\u2019\u0153uvre au Queen Elizabeth Hall de Londres, pour la premi\u00e8re fois dans son int\u00e9gralit\u00e9, avec un accueil enthousiaste et d\u2019excellentes critiques. Quelques semaines plus tard, Unsuk Chin signait avec l\u2019\u00e9diteur Boosey &amp; Hawkes. \u00bb C\u2019est \u00e9galement George Benjamin qui attira l\u2019attention de Kent Nagano, directeur artistique de l\u2019Orchestre symphonique allemand de Berlin, sur la musique d\u2019Unsuk Chin. Ce dernier pr\u00e9senta en 2002 de nombreuses \u0153uvres de la compositrice, alors en r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019Orchestre symphonique.<br \/>\nN\u00e9e en Cor\u00e9e, \u00e0 S\u00e9oul, en 1961, et r\u00e9sidant en Allemagne, Unsuk Chin est surtout jou\u00e9e en Angleterre, en France et, depuis peu, en Scandinavie. Elle r\u00e9pond de mani\u00e8re assez distanci\u00e9e \u00e0 la question de la relation entre musique et identit\u00e9 culturelle. Tr\u00e8s t\u00f4t, elle pr\u00e9cise aux Occidentaux qui pourraient \u00eatre int\u00e9ress\u00e9s par une quelconque recherche d\u2019exotisme dans ses compositions qu\u2019elle n\u2019entend pas \u00e9crire une \u00ab\u202fmusique cor\u00e9enne\u202f\u00bb. Elle garde \u00e9galement ses distances vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9criture \u00ab avant-gardiste \u00bb des compositeurs d\u2019Europe de l\u2019Ouest. Ses \u0153uvres post-s\u00e9rielles compos\u00e9es en Cor\u00e9e avant 1986 n\u2019apparaissent d\u2019ailleurs pas dans son -catalogue. <em>\u00ab<\/em><em> Je ne fais partie d\u2019aucun groupe de compositeurs et je ne souhaite pas \u00e9crire de musique \u201clocale\u201d. \u00bb<\/em> Unsuk Chin revendique la diversit\u00e9 des influences et des codes culturels qui l\u2019inspirent.<br \/>\nSi cette pluralit\u00e9 offre aux auditeurs mille et une fa\u00e7ons d\u2019appr\u00e9hender la musique d\u2019Unsuk Chin, elle implique \u00e9galement qu\u2019aucune orientation stylistique ne saurait pr\u00e9tendre englober totalement sa musique ni l\u2019espace int\u00e9rieur qu\u2019organise l\u2019architecture pr\u00e9cise de ses compositions. \u00c0 l\u2019\u00e9coute, on retrouve la complexit\u00e9 rythmico-m\u00e9trique, la texture compacte de la pens\u00e9e structurelle, le geste pr\u00e9cis et expressif de la musique improvis\u00e9e. Dans ce bouillonnement de r\u00e9f\u00e9rences, l\u2019ordre artistique qui \u00e9merge semble souvent fortuit. Les motifs r\u00e9currents de certaines \u0153uvres rappellent les principes d\u2019une musique rituelle. Quant \u00e0 l\u2019extraordinaire vocalit\u00e9 des compositions, elle sugg\u00e8re une pens\u00e9e n\u00e9o-impressionniste enrichie par la pratique de la musique spectrale et \u00e9lectronique. Ouverte, l\u2019\u0153uvre accueille \u00e9galement des r\u00e9miniscences de musique asiatique ; on reconna\u00eetra notamment les techniques de phras\u00e9 du gamelan et les champs sonores harmonieux du chant diphonique. Enfin, les compositions -d\u2019Unsuk Chin sont impr\u00e9gn\u00e9es de ce sens de l\u2019humour et de l\u2019ironie si caract\u00e9ristique des esprits universels et libres.<br \/>\n\u00ab Sa musique est tr\u00e8s particuli\u00e8re. Unsuk Chin est l\u2019un des tr\u00e8s rares compositeurs \u00e0 poss\u00e9der un langage unique o\u00f9 l\u2019on ne distingue plus les diverses influences. Sa s\u00e9mantique conf\u00e8re une puissance exceptionnelle \u00e0 sa syntaxe. Elle offre une profondeur de contenu telle que, au-del\u00e0 d\u2019une dimension \u00e9motionnelle, on pressent un sous-texte d\u2019une profondeur intellectuelle, po\u00e9tique et spirituelle plus grande encore. \u00bb (Kent Nagano)<br \/>\n<strong>Voix<\/strong><br \/>\n<em>J\u2019ai compos\u00e9 un certain nombre d\u2019\u0153uvres pour voix. C\u2019est amusant car, moi-m\u00eame, je ne sais pas chanter. Mais ne dit-on pas que les Cor\u00e9ens sont un peuple qui aime chanter<\/em><em> ? Je pr\u00e9tends en tout cas que nous avons certainement, moi y compris, le sens de l\u2019harmonie, qui est le c\u0153ur du chant. Composer des \u0153uvres pour voix m\u2019a donc toujours paru tr\u00e8s naturel.<\/em><br \/>\nLe chant est au c\u0153ur\u00a0 de deux \u0153uvres auxquelles Unsuk Chin travaille actuellement. La premi\u00e8re, <em>Cantatrix Sopranica, <\/em>est une composition pour deux sopranos, contre-t\u00e9nor et ensemble instrumental sur un -texte de la compositrice. La seconde, <em>Alice in Wonderland<\/em>, est un op\u00e9ra destin\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Los Angeles. Tout cela peut \u00e9tonner car l\u2019\u00e9criture d\u2019Unsuk Chin -semble de prime abord tr\u00e8s instrumentale. Tant \u00e0 la lecture qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9coute, on est frapp\u00e9 par le r\u00f4le consid\u00e9rable qu\u2019occupent les jeux et les langages instrumentaux dans cette \u00e9criture figurative tr\u00e8s dense, tout enti\u00e8re au service des ramifications sonores les plus fines et dans laquelle aucune influence vocale n\u2019est perceptible. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la notion d\u2019\u00e9l\u00e9ment reconnaissable, d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9 qui se diss\u00e9minerait, est un mode d\u2019expression plut\u00f4t \u00e9tranger \u00e0 la musique d\u2019Unsuk Chin.<br \/>\nPourtant, une autre dimension de la voix humaine, dont la place est importante dans la musique vocale traditionnelle cor\u00e9enne, transpara\u00eet dans l\u2019\u00e9criture purement instrumentale d\u2019Unsuk Chin : l\u2019articulation expressive, la relation toute naturelle qui s\u2019\u00e9tablit entre le chant et les percussions.<br \/>\nIl ne s\u2019agit pas d\u2019une m\u00e9lodie inchantable, int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 une harmonie, mais de phras\u00e9s accentu\u00e9s dans un tempo tr\u00e8s puissant. Des zones de contacts, de tensions, entre style vocal et style instrumental existent donc peut-\u00eatre bel et bien chez Unsuk Chin et conf\u00e8rent \u00e0 sa musique vocale un r\u00e9el pouvoir de s\u00e9duction, \u00e0 l\u2019\u0153uvre, entre autres compositions, dans la tr\u00e8s belle ouverture de Xi (1998) o\u00f9 un piano pr\u00e9par\u00e9 imite la respiration humaine.<br \/>\nUnsuk Chin s\u2019ancre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans des textes pour d\u00e9finir son identit\u00e9 culturelle complexe. Les textes qu\u2019elle utilise ne sont ni allemands ni cor\u00e9ens, mais appartiennent \u00e0 la litt\u00e9rature mondiale, d\u2019Euripide \u00e0 Lewis Carroll. Dans Miroirs des temps (1999), elle situe Fernando Pessoa dans le contexte de la po\u00e9sie m\u00e9di\u00e9vale. Dans <em>Kal\u00e1, <\/em>pour sopranos, basses, ch\u0153ur mixte et orchestre (2000), elle entrecroise des vers allemands, fran\u00e7ais, danois, finnois et latins et rapproche de la langue musicale, dite universelle, l\u2019extraordinaire diversit\u00e9 des langues, en travaillant sur la phon\u00e9tique des mots plut\u00f4t que sur leur s\u00e9mantique. On trouve d\u00e9j\u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 analogue dans <em>Akrostichon-Wortspiel<\/em> (une \u0153uvre pour soprano et ensemble). Les sonorit\u00e9s des mots issus des textes choisis chez Michael Ende et Lewis Carroll y sont r\u00e9organis\u00e9s dans un jeu de permutations, o\u00f9 des mots isol\u00e9s lib\u00e8rent parall\u00e8lement des champs d\u2019associations tandis que la distanciation grotesque, alli\u00e9e \u00e0 une gestuelle sonore tr\u00e8s marqu\u00e9e, cr\u00e9e une atmosph\u00e8re dans laquelle les impr\u00e9cisions s\u00e9mantiques ponctuelles et la pr\u00e9cision de l\u2019expression conjuguent leurs effets.<br \/>\n\u00c0 l\u2019inverse, d\u2019autres \u0153uvres d\u2019Unsuk Chin expriment fid\u00e8lement les textes sous-jacents. C\u2019est le cas de <em>snagS &amp; Snarls<\/em> (2003-2004), sc\u00e8nes chant\u00e9es sur des interm\u00e8des po\u00e9tiques tir\u00e9s d\u2019Alice au pays des merveilles (\u00e9tudes pour l\u2019op\u00e9ra Alice in <em>Wonderland<\/em>), mais aussi de Die <em>Troerinnen<\/em> (1986), sur un texte d\u2019Euripide, qu\u2019Unsuk Chin consid\u00e8re aujourd\u2019hui comme la premi\u00e8re de ses \u0153uvres. Alors qu\u2019elle venait de s\u2019\u00e9tablir en Europe et suivait les cours de Gy\u00f6rgy Ligeti \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de musique de Hambourg, la jeune compositrice, d\u00e9j\u00e0 couronn\u00e9e par plusieurs prix internationaux, renon\u00e7a \u00e0 l\u2019\u00e9criture post-s\u00e9rielle qu\u2019elle affectionnait pour d\u00e9velopper sa propre musique. Mais avant m\u00eame de trouver une voie dans la musique \u00e9lectronique, elle parvenait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une violence d\u2019expression, obtenue de mani\u00e8re plut\u00f4t \u00e9clectique, par exemple dans Die <em>Troerinnen. <\/em>Une telle violence, m\u00eame si elle est d\u00e9sormais contenue dans un jeu aux r\u00e8gles bien d\u00e9finies, transpara\u00eet dans toutes ses grandes \u0153uvres post\u00e9rieures.<br \/>\n<strong>Instruments<\/strong><br \/>\n\u00ab Le violon semble surgir du n\u00e9ant, peut-\u00eatre comme dans le <em>Concerto pour violon <\/em>d\u2019Alban Berg. Sa sonorit\u00e9 transparente et lyrique se d\u00e9veloppe progressivement. Il flotte au-dessus de l\u2019orchestre sans jamais le dominer. G\u00e9n\u00e9ralement, sa voix n\u2019est pas extravertie. Elle se m\u00eale intimement \u00e0 la sonorit\u00e9 globale de l\u2019orchestre. N\u00e9anmoins, les effets d\u2019harmoniques ou d\u2019archet lui conf\u00e8rent une brillance particuli\u00e8re. Toute la difficult\u00e9, surtout au d\u00e9but du morceau, est de rester dans une atmosph\u00e8re calme, lyrique, voire fig\u00e9e, malgr\u00e9 la virtuosit\u00e9. \u00bb (Viviane Hagner, interpr\u00e8te de la cr\u00e9ation du<em> Concerto<\/em> <em>pour violon<\/em> d\u2019Unsuk Chin).<br \/>\nDepuis le milieu des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, Unsuk Chin publie des \u0153uvres dont le titre reprend la nomenclature classique, \u00e0 l\u2019instar des trois concertos qu\u2019elle a compos\u00e9s depuis 1995. Deux d\u2019entre eux sont consacr\u00e9s aux grands acteurs des concertos romantiques classiques, le piano et le violon. \u00c0 l\u2019inverse, le <em>Double concerto pour piano, percussions et ensemble <\/em>(2002) renvoie davantage \u00e0 la musique moderne, avec son solo aux sonorit\u00e9s \u00e9clat\u00e9es et ses autres voix \u00e9voquant elles aussi un solo. Dans ce <em>Double concerto<\/em>, un ensemble de dix-neuf instrumentistes remplace le grand orchestre des deux autres concertos. N\u00e9anmoins, ces trois \u0153uvres forment un groupe coh\u00e9rent dans la mesure o\u00f9 la voix du soliste, quoique fort d\u00e9velopp\u00e9e, s\u2019int\u00e8gre toujours dans un spectre global de sonorit\u00e9s tr\u00e8s color\u00e9es. Cette voix soliste constitue ainsi le centre d\u2019une grande caisse de r\u00e9sonance pr\u00e9sentant de nombreux ponts d\u00e9licats avec l\u2019ensemble, m\u00eame dans les deux concertos avec grand orchestre.<br \/>\nLe <em>Double concerto<\/em> est l\u2019aboutissement du sch\u00e9ma \u00e9prouv\u00e9 dans les deux concertos pr\u00e9c\u00e9dents. Les trois compositions \u00e9mergent d\u2019une sorte de bande sonore rythm\u00e9e par un mouvement interne et op\u00e9rant sans m\u00e9diation, comme si elle surgissait d\u2019un flux temporel pr\u00e9existant. Les figures des solistes se m\u00ealent \u00e0 une sorte d\u2019ombre sonore : deux marimbas pour le violon et, pour le piano, vibraphone, cordes et bois. Dans le <em>Double concerto<\/em>, c\u2019est finalement dans un champ d\u2019impulsions que les deux solistes se m\u00ealent au piano, au vibraphone et aux cloches. Issus d\u2019une m\u00eame probl\u00e9matique, les parties solistes des trois concertos se fraient un chemin entre int\u00e9gration dans une texture et mise en avant du soliste, suivant chacun leur propre voie, au-del\u00e0 m\u00eame du temps de l\u2019\u0153uvre.<br \/>\n<strong>Dans l\u2019imaginaire<\/strong><br \/>\n<em>Quand je travaille sur ordinateur, je vise encore plus la ma\u00eetrise totale de l\u2019oeuvre. C\u2019est bien pour cela que je compose de la musique \u00e9lectronique. Or dans un concert \u00e9lectronique \u00ab live \u00bb, d\u2019innombrables facteurs peuvent modifier consid\u00e9rablement le<\/em> <em>r\u00e9sultat. Beaucoup de personnes trouvent cela fascinant, pas moi.<\/em><br \/>\n\u00c0 ce jour, Unsuk Chin n\u2019a compos\u00e9 qu\u2019une seule \u0153uvre avec \u00e9lectronique en temps r\u00e9el, <em>Spectres speculaires,<\/em> pour violon solo (2000). Les parties \u00e9lectroniques de ses autres compositions sont toutes pr\u00e9enregistr\u00e9es. Cette ann\u00e9e, elle travaillera, \u00e0 l\u2019Ircam, la partie \u00e9lectronique d\u2019une nouvelle oeuvre pour violon solo. L\u2019ironie contenue dans le titre de la premi\u00e8re \u0153uvre \u00e9lectronique d\u2019Unsuk Chin <em>Gradus ad infinitum<\/em> (1989) marque la fin de l\u2019intense questionnement cr\u00e9atif que la compositrice a travers\u00e9 durant ses trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude en Allemagne. Fond\u00e9e sur un assemblage de dispositifs complexes en canon \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un espace sonore microtonal, l\u2019\u0153uvre a imm\u00e9diatement suscit\u00e9 un grand int\u00e9r\u00eat dans les festivals internationaux. Pour cette \u0153uvre, comme pour les suivantes, Unsuk Chin n\u2019a pas utilis\u00e9 de sons g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par ordinateur, pr\u00e9f\u00e9rant cr\u00e9er sa mati\u00e8re premi\u00e8re par transformation de sons issus du quotidien ou de sons r\u00e9els d\u2019instruments pr\u00e9alablement enregistr\u00e9s. Le r\u00e9sultat est parfois tr\u00e8s po\u00e9tique mais reste le plus souvent proche de l\u2019original.<br \/>\n<em>ParaMetaString<\/em> (1996) est une captivante \u00e9tude en vibrato pour quatuor \u00e0 cordes et CD, malgr\u00e9 des mat\u00e9riaux tr\u00e8s r\u00e9duits \u2013 ou pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de cela. Des vibratos pr\u00e9-produits, tr\u00e8s stables, rencontrent d\u2019autres vibratos ou des r\u00e9p\u00e9titions produits directement sur un instrument et naturellement instables. Dans cette \u00e9troite correspondance, la couche \u00e9lectronique permet le renversement irr\u00e9el de mouvements quasi-naturels, de lentes r\u00e9p\u00e9titions oscillantes pouvant se transformer en de surprenantes acc\u00e9l\u00e9rations. L\u2019utilisation de filtres, qui rehaussent certaines parties du spectre sonore, permet de construire des constellations harmoniques dans des \u0153uvres purement instrumentales. Le d\u00e9but du <em>Double concerto,<\/em> par exemple, avec ses sonorit\u00e9s lointaines de piano, de vibraphone et de cloches, \u00e9voque immanquablement une musique \u00e9lectronique, le piano pr\u00e9par\u00e9 faisant ressortir un unique <em>mi <\/em>d\u2019un son \u00e9tir\u00e9 tr\u00e8s puissant. Mais c\u2019est dans <em>Grains<\/em>, pour piano (2000) que la transposition d\u2019exp\u00e9riences issues de la musique \u00e9lectronique impressionne le plus. On y d\u00e9couvre un espace sonore grand ouvert, voire d\u00e9chiquet\u00e9, empli de signes sonores irr\u00e9els se r\u00e9pondant les uns les autres et conduisant l\u2019oreille \u00e0 travers une nuit noire.<br \/>\n<strong>Id\u00e9e et apparition<\/strong><br \/>\n<em>Quand je compose, j\u2019ai un id\u00e9al en t\u00eate. Je r\u00eave \u00e9galement beaucoup. L\u2019un de ces r\u00eaves m\u2019a particuli\u00e8rement marqu\u00e9e : c\u2019\u00e9tait la vision d\u2019une matrice, d\u2019une sorte de porte ou de grand cadre carr\u00e9 sous lequel se tenaient rassembl\u00e9es toute la beaut\u00e9 et la bont\u00e9 du monde. C\u2019\u00e9tait une forme toute simple. Mais cette vision m\u2019est rest\u00e9e, m\u00eame si ce r\u00eave date maintenant d\u2019il y a cinq ou six ans. Quand je compose, je cherche d\u00e9sormais \u00e0 repr\u00e9senter cette vision. Naturellement, je n\u2019y parviens jamais. Parfois, j\u2019ai vraiment l\u2019impression d\u2019\u00eatre un ver de terre : ce que l\u2019\u00eatre humain peut accomplir dans sa courte existence me semble souvent horriblement peu.<\/em><br \/>\nUnsuk Chin continue d\u2019interroger l\u2019id\u00e9e sous-jacente \u00e0 ses \u0153uvres, bien apr\u00e8s leur publication ou leur cr\u00e9ation. En 2003, par exemple, \u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9\u00e9dition du cycle d\u2019\u00e9tudes pour piano qu\u2019elle a entrepris en 1995 et qui compte \u00e0 ce jour six pi\u00e8ces, elle a remani\u00e9 les compositions les plus anciennes, principalement pour en expliciter le principe : dans <em>Sequenzen, \u00e9tude pour piano n\u00b0 2<\/em> (1995), elle a supprim\u00e9 des harmonies auxiliaires pour renforcer la lin\u00e9arit\u00e9 de la structure ; dans <em>Skalen, \u00e9tude pour piano n\u00b04 <\/em>(1995), l\u2019ajout d\u2019une deuxi\u00e8me voix lui a permis de signaler, d\u00e8s l\u2019ouverture, les permutations auxquelles les gammes sont continuellement soumises.<br \/>\nLes r\u00e9visions peuvent \u00e9galement porter sur la forme g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019architecture m\u00eame d\u2019une \u0153uvre. C\u2019est le cas de <em>Miroirs des temps<\/em> (1999), composition de trente minutes pour quatre chanteurs solistes et orchestre. Unsuk Chin fait ici entrer la musique moyen\u00e2geuse dans son propre univers sonore, principalement par le biais de la partie vocale, en citant Guillaume de Machaut et Johannes Ciconia (transcription de <em>Merc\u00e9, o morte<\/em>). Apr\u00e8s la cr\u00e9ation, elle a ajout\u00e9 une phrase suppl\u00e9mentaire pour \u00e9tayer l\u2019univers sonore m\u00e9di\u00e9val dans une perspective contemporaine : <em>Il manquait une colonne de sout\u00e8nement au centre de l\u2019architecture.<\/em><br \/>\n<em>Fantaisie m\u00e9canique<\/em> (1994, r\u00e9vis\u00e9e en 1997), \u0153uvre majeure d\u2019Unsuk Chin, \u00e9voque d\u00e8s son titre un conflit entre l\u2019id\u00e9e et la forme r\u00e9elle de la composition. Malgr\u00e9 une texture apparemment tr\u00e8s libre, la force impulsive et la complexit\u00e9 rythmique de l\u2019\u0153uvre sont pouss\u00e9es aux limites du possible. La pi\u00e8ce est construite sur des sch\u00e9mas et des types de phrases tr\u00e8s concrets d\u2019un aria avec intervalles de quarte, ou d\u2019une improvisation sur sept m\u00e8tres diff\u00e9rents. La r\u00e9vision de l\u2019\u0153uvre, entreprise entre 1994 et 1997, a entra\u00een\u00e9 des modifications radicales dans les motifs comme dans la composition, la notation m\u00e9trique et la forme \u2013 les cr\u00e9ations de ces deux versions ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es par l\u2019Ensemble intercontemporain. Une telle r\u00e9vision a bris\u00e9 un des tabous de la musique contemporaine : la deuxi\u00e8me version contient en effet pour la premi\u00e8re fois une reprise, pas tout \u00e0 fait litt\u00e9rale. Dans les \u0153uvres d\u2019Unsuk Chin compos\u00e9es peu apr\u00e8s, telles que <em>Xi<\/em> ou le <em>Concerto pour violon<\/em>, cette conception d\u2019une forme temporelle se refermant dans le souvenir devient un sch\u00e9ma que la compositrice exp\u00e9rimente au sein d\u2019une nouvelle matrice imaginaire, dont la profondeur conduit \u00e0 consid\u00e9rer le pass\u00e9 et l\u2019avenir dans une m\u00eame spirale.<br \/>\n<em>Martin Wilkening<br \/>\n<\/em><em>Extrait d\u2019Accents n\u00b0 26 &#8211; avril-juin 2005<\/em><br \/>\nN.B. : Toutes les citations sont extraites d\u2019entretiens men\u00e9s par Martin Wilkening entre d\u00e9cembre 2004 et f\u00e9vrier 2005.<em><br \/>\n[Traduit de l\u2019allemand et de l\u2019anglais par Caroline Barzila\u00ef]<\/em><br \/>\n<em>Photo copyright<a href=\"http:\/\/www.hossepied.com\/\" target=\"_blank\"> Luc Hossepied <\/a><br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au croisement des cultures Au fond, lorsque je compose, je ne pense pas aux attentes du public, d\u2019autant que les Europ\u00e9ens ont toujours des exigences tr\u00e8s pr\u00e9cises vis-\u00e0-vis de la musique des compositeurs asiatiques. 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