{"id":5117,"date":"2003-04-15T10:16:52","date_gmt":"2003-04-15T08:16:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=5117"},"modified":"2003-04-15T10:16:52","modified_gmt":"2003-04-15T08:16:52","slug":"gyorgy-ligeti-entre-horloges-et-nuages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2003\/04\/gyorgy-ligeti-entre-horloges-et-nuages\/","title":{"rendered":"Gy\u00f6rgy Ligeti, entre horloges et nuages"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Gy\u00f6rgy Ligeti aura quatre-vingts ans en mai prochain. la Cit\u00e9 de la musique a choisi de marquer cet anniversaire par une s\u00e9rie de concerts retra\u00e7ant le parcours d\u2019un des compositeurs les plus importants de notre temps, parall\u00e8lement \u00e0 une exposition sur les d\u00e9cors de son op\u00e9ra <em>Le Grand Macabre<\/em>, r\u00e9alis\u00e9s par Roland Topor. Dominique Druhen reprend ici l\u2019un des titres du compositeur, <em>Clocks and Clouds<\/em>, pour voix de femmes et orchestre, pour consid\u00e9rer la place du temps dans l\u2019\u0153uvre du compositeur hongrois. <\/span><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nD\u00e9cembre 1956. Gy\u00f6rgy Ligeti quitte la Hongrie o\u00f9 il est n\u00e9 trente-trois ans auparavant. Sa production est d\u00e9j\u00e0 abondante mais \u00e0 l\u2019Ouest personne ne le conna\u00eet. Lui-m\u00eame ignore presque tout de la musique qui s\u2019\u00e9crit derri\u00e8re le rideau de fer \u2013 \u00e0 peine eut-il l\u2018occasion d\u2019entendre \u00e0 la radio, de mani\u00e8re presque clandestine, quelques \u0153uvres de l\u2019Ecole de Vienne qu\u2019il \u00e9couta avec avidit\u00e9, et aussi <em>Gesang der J\u00fcnglinge<\/em> de Karlheinz Stockhausen, diffus\u00e9 le 7 novembre 1956 par l\u2019antenne de Budapest.<br \/>\n1957-1958. Gy\u00f6rgy Ligeti travaille au Studio de musique \u00e9lectronique de Cologne, dans l\u2019entourage de Karlheinz Stockhausen notamment. Sa curiosit\u00e9 naturelle et sa soif d\u2019apprendre lui permettent d\u2019assimiler rapidement les principaux traits d\u2019une modernit\u00e9 qu\u2019il pressentait mais que les ann\u00e9es de guerre et de dictature lui avaient cach\u00e9e.<br \/>\n1960. Un peu avant, et surtout apr\u00e8s cette date, ses premi\u00e8res \u0153uvres \u00e9crites \u00e0 l\u2019Ouest sont une r\u00e9v\u00e9lation. Ce n\u2019est pas seulement le grand compositeur que l\u2019on per\u00e7oit alors, mais aussi l\u2019alternative qu\u2019il propose aux diff\u00e9rents courants qui agitent l\u2019\u00e9lite musicale du moment.<br \/>\nUne troisi\u00e8me voie, en quelque sorte, entre la modernit\u00e9 et le courant n\u00e9o-tonal \u2013 toujours vivace \u00e0 l\u2019\u00e9poque, m\u00eame si l\u2019histoire s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement tue sur cette question \u2013 et, par ailleurs, entre la surd\u00e9termination de l\u2019\u00e9criture post-s\u00e9rielle et les libert\u00e9s induites par le hasard et l\u2019\u00e9criture graphique. L\u2019avant-garde d\u00e9couvre \u00e0 ce moment qu\u2019il peut exister une mani\u00e8re l\u00e9gitime de poursuivre la tradition sans pour autant renoncer \u00e0 la complexit\u00e9 de la modernit\u00e9 inqui\u00e8te et \u00e0 la conscience que celle-ci r\u00e9clame. Le compositeur pr\u00e9cise : \u00ab\u00a0Seul l\u2019esprit cr\u00e9ateur qui se renouvelle sans cesse peut \u00e9viter et combattre ce qui est raide et fig\u00e9, le nouvel acad\u00e9misme ; ni le repos, ni le retour en arri\u00e8re ne sont possibles sans succomber \u00e0 l\u2019illusion d\u2019un terrain qui n\u2019existe pas\u00a0\u00bb<a href=\"#_edn1\">[i]<\/a> .<br \/>\nLes \u0153uvres de Gy\u00f6rgy Ligeti provoquent un r\u00e9el consensus parmi le public. Il ne semble pas pour autant que le compositeur soit populaire, au sens o\u00f9 l\u2019industrie musicale entend ce terme, m\u00eame si sa pr\u00e9sence au g\u00e9n\u00e9rique de quelques films g\u00e9niaux de Kubrick lui a offert une audience que ses confr\u00e8res pourraient lui envier. Il est \u00e9galement reconnu par les professionnels de la musique et, chose plus rare, parmi les compositeurs, de quelque bord qu\u2019ils soient. Sans \u00eatre analogue, la position d\u2019Henri Dutilleux est comparable de ce point de vue. Cela tient, semble-t-il, \u00e0 plusieurs traits caract\u00e9ristiques de son \u00e9criture : Une grande ma\u00eetrise de la dur\u00e9e, car ses \u0153uvres et les mouvements des partitions d\u2019envergure sont g\u00e9n\u00e9ralement courts. M\u00eame dans les \u0153uvres o\u00f9 la musique est \u00e9tale, on ne d\u00e9c\u00e8lera aucune \u00ab\u00a0pr\u00e9paration\u00a0\u00bb, l\u2019auditeur y entre de plain-pied. Le recours \u00e0 l\u2019humour (si rare, il faut bien le dire, dans la musique d\u2019aujourd\u2019hui), particuli\u00e8rement dans ses \u0153uvres vocales. Une m\u00e9trique qui, malgr\u00e9 sa complexit\u00e9, s\u2019appuie sur des arch\u00e9types (et, parall\u00e8lement, un go\u00fbt certain pour la v\u00e9locit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 presser les points minuscules \u00e9gren\u00e9s \u00e0 s\u2019agglutiner en nuages). L\u2019utilisation de modes anciens, enfin qu\u2019on pourrait croire tels, comme dans le premier mouvement de la <em>Sonate pour alto<\/em> par exemple \u2013 notons ici qu\u2019entre 1949 et 1950, Gy\u00f6rgy Ligeti s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude du folklore, notamment celui de la Roumanie. Enfin et surtout, un syst\u00e8me harmonique servi par une orchestration particuli\u00e8rement fine, \u00e9vitant des dissonances qui ne sont n\u00e9anmoins pas absentes.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Ambigu\u00eft\u00e9s <\/strong><br \/>\nLa musique de Gy\u00f6rgy Ligeti est par essence euphonique, mais les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la grande tradition, sur lesquelles elle s\u2019appuie g\u00e9n\u00e9ralement, sont rarement explicites. On croit les percevoir \u2013 elles occupent diffus\u00e9ment le champ de la perception \u2013 mais on serait bien en peine de les pr\u00e9ciser et de situer l\u2019\u00e9poque et le lieu auxquels elles s\u2019attachent. Plusieurs des partitions du compositeur, notamment celles pour orchestre, sont en apparence construites sur un mod\u00e8le que le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle n\u2019aurait pas reni\u00e9, celui de l\u2019\u00e9laboration progressive d\u2019une tension aboutissant \u00e0 un \u00ab\u00a0climax\u00a0\u00bb (avec m\u00eame tolite la charge \u00e9motive qui s\u2019attache d\u2019ordinaire \u00e0 ce point culminant). Mais, dans le cas qui nous int\u00e9resse, la d\u00e9tente qu\u2019on attend ensuite est souvent \u00e9vit\u00e9e, au profit d\u2019une autre tension suscit\u00e9e auparavant dans le secret. Gy\u00f6rgy Ligeti joue donc sur plusieurs paradoxes en m\u00eame temps. Il tisse la trame de sa musique d\u2019apr\u00e8s un canevas o\u00f9 les acm\u00e9s s\u2019embo\u00eetent, qui ne seront pas n\u00e9cessairement r\u00e9solues \u2013 pas de mani\u00e8re dramatique en tout cas. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, il exploite magnifiquement les ambigu\u00eft\u00e9s que rec\u00e8le l\u2019harmonie classique, notamment celles qui s\u2019offrent au compositeur au moment de conclure. Dans le syst\u00e8me tonal \u2013 pour nous restreindre \u00e0 celui-ci \u2013 l\u2019avant-dernier accord est riche de tensions ultimes que seul l\u2019accord final pourra apaiser en affirmant la tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Mais d\u2019autres choix auraient pu \u00eatre faits \u00e0 ce moment critique, d\u2019autres chemins auraient pu \u00eatre emprunt\u00e9s, ob\u00e9issant tout aussi logiquement aux pr\u00e9misses contenues dans le complexe harmonique. C\u2019est bien parce que l\u2019instant qui s\u00e9pare les deux derniers accords est habit\u00e9 par le suspens, l\u2019inconnu vers lequel la musique pourrait aller <em>in extremis<\/em>, qu\u2019il est le seul lieu, au moins jusqu\u2019\u00e0 Mozart, de l\u2019improvisation (la cadence proprement dite) \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une partition totalement \u00e9crite.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Clocks and Clouds <\/strong><br \/>\nDe ce point de vue, on peut dire que la musique de Gy\u00f6rgy Ligeti s\u2019appuie sur un syst\u00e8me cadentiel g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. On en trouvera l\u2019illustration la plus frappante dans <em>Clocks and Clouds<\/em> (1973), qui se d\u00e9ploie comme un \u00e9ventail \u00e0 partir d\u2019un simple battement, cr\u00e9ant ainsi l\u2019illusion d\u2019une mont\u00e9e continue et infinie dans l\u2019aigu, assortie d\u2019une conqu\u00eate partielle et plus discontinue des graves, de quelque chose qui s\u2019ouvre et dont la fermeture semble inconcevable, d\u2019un voile qui ne cesse de se gonfler. A partir du moment o\u00f9 l\u2019on parvient au point culminant, qui semble n\u2019\u00eatre dict\u00e9 que par la limitation des moyens humains, l\u2019\u00e9ventail se replie peu \u00e0 peu sur lui-m\u00eame, jusqu\u2019\u00e0 retrouver la \u00ab\u00a0minceur\u00a0\u00bb du battement initial. Mais cette \u00ab\u00a0d\u00e9tente\u00a0\u00bb n\u2019apporte aucune lib\u00e9ration v\u00e9ritable. Tout au plus concentre-t-elle, dans des ambitus plus restreints, des \u00e9nergies qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9pli\u00e9es dans l\u2019espace. Sur ce point pr\u00e9cis, le compositeur a vair livr\u00e9 auparavant des indices, en faisant souvent passer la mati\u00e8re sonore d\u2019un groupe de pupitres \u00e0 un autre sans changer l\u2019harmonie. Pour proposer une autre m\u00e9taphore, tout appara\u00eet alors comme si, \u00e0 la faveur d\u2019une embellie, un ciel charg\u00e9 en \u00e9lectricit\u00e9 laissait appara\u00eetre dans une trou\u00e9e des bleuit\u00e9s cach\u00e9es par le premier plan jusqu\u2019\u00e0 ce que celui-ci se d\u00e9chire. C\u2019est Pierre Boulez qui, vers la fin des ann\u00e9es cinquante, a th\u00e9oris\u00e9 la distinction entre le temps lisse et le temps stri\u00e9, ente des territoires aux contours in(d\u00e9)finis o\u00f9 r\u00e8gne l\u2019amorphe, et d\u2019autres o\u00f9 des \u00e9v\u00e9nements ponctuels rythment le discours. Cette distinction valait pour Pierre Boulez dans le projet des \u0153uvres qu\u2019il d\u00e9sirait \u00e9crire et pour tout ce qu\u2019il imaginait alors de la modernit\u00e9. Elle est toujours valide, m\u00eame si la musique a \u00e9volu\u00e9 dans des directions qui ne pouvaient \u00eatre prises en compte \u00e0 cette \u00e9poque. On per\u00e7oit bien ce clivage dans les partitions de Gy\u00f6rgy Ligeti, m\u00eame si le compositeur s\u2019est ing\u00e9ni\u00e9 \u00e0 brouiller les cat\u00e9gories oppos\u00e9es sur lesquelles il s\u2019appuie en les exag\u00e9rant.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Temps lisse <\/strong><br \/>\nL\u2019obsession du lisse s\u2019incarne principalement dans l\u2019id\u00e9e de continuit\u00e9 absolue, que certains titres r\u00e9v\u00e8lent : <em>Continuum<\/em>, <em>Lux Aeterna<\/em>, <em>Coul\u00e9e<\/em> (la seconde des <em>Deux Etudes pour orgue<\/em>), <em>In zart fliessender Bewegung<\/em> (\u00ab\u00a0Dans un mouvement d\u00e9licat et fluide \u00bb, la derni\u00e8re des <em>Trois pi\u00e8ces pour deux pianos<\/em>). Elle concerne tout autant l\u2019espace que le temps, notions qu\u2019elle voudrait m\u00eame confondre dans ce point utopique vers lequel la musique tend \u00e0 nous emmener. Le fran\u00e7ais manque de vocables. Ainsi doit-on se r\u00e9soudre \u00e0 dire, sans cultiver le paradoxe, que le temps lisse d\u00e9sire l\u2019abolition du temps : ce qui ne nous semble pas mesurable \u00e0 l\u2019oreille nous appara\u00eet d\u00e9licieux autant qu\u2019angoissant, puisque nous sommes alors d\u00e9livr\u00e9s de notre condition mais soumis \u00e0 l\u2019inconnu. <em>Atmosph\u00e8res<\/em> (1961) et <em>Lontano<\/em> (1973) sont deux des \u0153uvres les plus embl\u00e9matiques \u00e0 cet \u00e9gard. Les op\u00e9rations de lissage qui sont ici en jeu visent \u00e0 cr\u00e9er une continuit\u00e9, insensiblement changeante, entre des \u00e9tats que l\u2019oreille rapprocherait intuitivement dans d\u2019autres contextes, par des ajouts ou des suppressions de masses colori\u00e9es \u00e0 partir d\u2019un complexe harmonique donn\u00e9, ces \u00e9paississements ou ces gommages venant strier la mati\u00e8re. Notons aussi, toujours dans ce cadre, des d\u00e9ports de la mati\u00e8re (presque inchang\u00e9e dans ses rapports d\u2019intervalles) sur des registres divers, ainsi que l\u2019utilisation tr\u00e8s personnelle des unissons et des octaves. Une \u00e9tude approfondie montrerait sans doute que toutes ces op\u00e9rations, relevant d\u2019une science de l\u2019orchestration que l\u2019Europe de l\u2019Ouest n\u2019avait jamais connue auparavant, trouvent leur origine dans l\u2019approfondissement de l\u2019\u00e9criture pour orgue (pour ses mixtures et ses doublures) que le compositeur avait pratiqu\u00e9e avec fid\u00e9lit\u00e9 entre 1961 et 1969. Mais le lissage consiste aussi \u00e0 rapprocher, surtout dans <em>Lontano<\/em>, des \u00e9tats que l\u2019oreille distingue volontairement et que, surtout, la tradition de l\u2019Europe de l\u2019Ouest avait s\u00e9par\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leur assigner des territoires symboliques distincts : l\u2019extr\u00eame grave et l\u2019extr\u00eame aigu, enfer et paradis. (La musique s\u00e9rielle s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e, finalement, au registre m\u00e9dium, certes \u00e9largi, mais ignorant ce qui pouvait la d\u00e9border.) En l\u2019occurrence, Gy\u00f6rgy Ligeti nous indique que le grave et l\u2019aigu, jusque dans leurs extr\u00eames, ne sont que des aspects d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9, qu\u2019on peut conna\u00eetre dans ses formes changeantes, qui la disent sans l\u2019affirmer. Le compositeur s\u2019en souviendra dans son <em>Concerto de chambre<\/em>, achev\u00e9 en 1970. Qu\u2019on songe par exemple aux traits rageurs de la contrebasse qui s\u2019y opposent aux stridences du piccolo et du piano, de tout le groupe des cordes aigu\u00ebs et de la petite harmonie, pour se r\u00e9concilier avec elles, imm\u00e9diatement.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Temps stri\u00e9 <\/strong><br \/>\nLe temps stri\u00e9 prend deux formes assez distinctes dans l\u2019\u0153uvre de Gy\u00f6rgy Ligeti. V\u00e9ritablement conforme aux pr\u00e9ceptes boul\u00e9ziens, celle d\u2019abord qui concerne des \u00e9v\u00e9nements ponctuels, d\u00e9limitant tr\u00e8s exactement le d\u00e9roulement des partitions sc\u00e9niques : <em>Aventures et Nouvelles Aventures<\/em>, <em>Le Grand Macabre<\/em>. Dans ces cas pr\u00e9cis, on notera les signaux que le compositeur emploie : les c\u00e9l\u00e8bres klaxons dans l\u2019ouverture du <em>Grand Macabre<\/em>, les sifflets, de diff\u00e9rentes natures, dans <em>Sippal, dobbal, nadihegeduvel<\/em> (\u00ab\u00a0Sifflets, tambours, violons-roseaux\u00a0\u00bb, 2000) ou m\u00eame les fl\u00fbtes \u00e0 coulisse dans le deuxi\u00e8me mouvement du <em>Concerto pour violon<\/em>. D\u2019autres titres d\u2019\u0153uvres ou de mouvements disent l\u2019envie du compositeur de mesurer le temps : <em>Po\u00e8me symphonique pour cent m\u00e9tronomes<\/em> (1962), le troisi\u00e8me mouvement du <em>Quatuor \u00e0 cordes n\u00b02<\/em> (1968), \u00ab <em>Come un meccanismo di precisione<\/em> \u00bb, le troisi\u00e8me mouvement du <em>Concerto de chambre<\/em> \u00ab <em>Movimento preciso et meccanico<\/em> \u00bb&#8230; Ici la montre, le m\u00e9tronome, les automates en un mot, fournissent les mod\u00e8les qui permettront la striure continue du temps. La r\u00e9gularit\u00e9 des horloges s\u2019oppose \u00e0 la polymorphie des nuages, m\u00e9taphore du temps lisse, dont les aspects et les reliefs sont diff\u00e9remment color\u00e9s \u00e0 la faveur d\u2019\u00e9clairages sans cesse modifi\u00e9s par la course du soleil. Outre que les corps n\u00e9buleux disent bien la fascination du compositeur pour les mod\u00e8les tir\u00e9s de l\u2019\u00e9tude de l\u2019atmosph\u00e8re, ils peuvent symboliser tous les changements d\u2019humeur dont chaque individu est travers\u00e9, et la sinuosit\u00e9 de la logique dans le flux de la pens\u00e9e.<br \/>\nRien d\u2019humain en revanche dans les horloges, \u00e0 partir du moment o\u00f9 leur m\u00e9canisme s\u2019est d\u00e9clench\u00e9. Aussi le syst\u00e8me commence-t-il \u00e0 susciter l\u2019int\u00e9r\u00eat du compositeur d\u00e8s qu\u2019il est perverti, d\u00e8s qu\u2019un grain de sable vient ruiner la perfection des rouages ou que la machine s\u2019emballe, prenant plaisir \u00e0 se sentir autonome. Contrebalan\u00e7ant la froide beaut\u00e9 du m\u00e9canisme, l\u2019accident, r\u00e9introduisant la responsabilit\u00e9 humaine, devient alors un objet esth\u00e9tique et doit donc \u00eatre \u00e9crit tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment. Dans les partitions ou les mouvements d\u2019\u0153uvres que nous avons mentionn\u00e9s, les horloges sont multipli\u00e9es, chacune affirmant un tic-tac diff\u00e9rent. La superposition des rythmes ainsi engendr\u00e9s a deux cons\u00e9quences. Soit les sources sont peu nombreuses et leurs particularit\u00e9s bien discernables : un rythme sup\u00e9rieur et complexe, bien qu\u2019il soit inscrit en creux, na\u00eetra de la simultan\u00e9it\u00e9 de tous les m\u00e9canismes mis en marche. Soit, au contraire, les sources sont trop nombreuses pour qu\u2019on puisse les distinguer : la prolif\u00e9ration des points cr\u00e9e alors un halo o\u00f9 tous les battements sont indiff\u00e9renci\u00e9s. (Au d\u00e9but du Po\u00e8me symphonique, on n\u2019entend rien d\u2019autre qu\u2019une nu\u00e9e de criquets ou d\u2019\u00e9tourneaux, terrible.) Dans les deux cas \u00e9voqu\u00e9s, et surtout dans le second, on peut dire que le temps devient lisse d\u2019\u00eatre tant stri\u00e9.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Humour oblige <\/strong><br \/>\nLes \u0153uvres r\u00e9centes, notamment les <em>Etudes pour piano<\/em> (\u00e0 partir de 1985), manifestent une recherche rythmique encore plus \u00e9labor\u00e9e, plus complexe et plus fine. Elle est le fruit d\u2019\u00e9tudes men\u00e9es sur les r\u00e9pertoires extra-europ\u00e9ens (Ouganda, R\u00e9publique Centrafricaine, notamment), d\u2019une fr\u00e9quentation assidue des partitions de Conlon Nancarrow (pour piano m\u00e9canique), d\u2019un apprivoisement consciencieux et amoureux des horloges. Originaire de contr\u00e9es o\u00f9 la musique populaire ne se limite pas, comme chez nous, \u00e0 l\u2019unique emprise du binaire et du tertiaire, Gy\u00f6rgy Ligeti cherche \u00ab la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er, par la combinaison de deux voix r\u00e9elles ou davantage, des configurations m\u00e9lodiques ou rythmiques imaginaires (que l\u2019on entend, mais qui ne sont pas jou\u00e9es) \u00bb<a href=\"#_edn2\">[ii]<\/a>. Ce d\u00e9sir d\u2019imaginer une musique \u00ab\u00a0en creux\u00a0\u00bb n\u2019est pas qu\u2019un raffinement suppl\u00e9mentaire de l\u2019\u00e9criture, une fa\u00e7on nouvelle d\u2019approcher au plus pr\u00e8s l\u2019utopie. Je voudrais croire que la distance et le tact que manifeste ce d\u00e9sir sont quelques-unes des formes supr\u00eames que r\u00e9clame la civilit\u00e9, celle qui veut sugg\u00e9rer plut\u00f4t qu\u2019imposer. L\u2019humour ravageur du compositeur, jusque dans les bariolages les plus cruels du <em>Grand Macabre<\/em>, n\u2019est sans doute qu\u2019un autre visage de cette courtoisie de l\u2019\u00e2me. Humour oblige, dirig\u00e9 contre soi en premier \u2013 comme on l\u2019entend dans les commentaires du compositeur \u00e0 propos de ses <em>Trois Pi\u00e8ces pour deux pianos<a href=\"#_edn3\"><strong>[iii]<\/strong><\/a><\/em> -, visant, plus fondamentalement, \u00e0 \u00e9carter l\u2019horreur qui pourrait envahir l\u2019esprit.<br \/>\n\u00ab Je ha\u00efssais le r\u00e9gime communiste autant que la dictature nazie. Jusqu\u2019\u00e0 la fin de ma vie, je serai marqu\u00e9 et poursuivi par des r\u00eaves de vengeance. C\u2019est une chose que mes coll\u00e8gues \u00ab\u00a0occidentaux\u00a0\u00bb sont incapables de comprendre. \u00bb<a href=\"#_edn4\">[iv]<\/a><br \/>\n<strong>Dominique Druhen<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab\u00a0<em>Les temps historiques heureux o\u00f9 r\u00e9gnait l\u2019harmonie entre le langage musical et la volont\u00e9 cr\u00e9atrice du compositeur sont aujourd\u2019hui r\u00e9volus : dans le contexte musical pr\u00e9sent, il n\u2019y a plus de syntaxe obligatoire. Imposer une syntaxe universellement reconnue serait utopique et totalitaire : les langues, en tant que mod\u00e8les culturels, se d\u00e9veloppent plus ou moins spontan\u00e9ment \u00e0 travers l\u2019histoire \u2013 dans le cas de la musique, dans la t\u00eate et les productions des compositeurs et des g\u00e9n\u00e9rations de compositeurs \u2013, elles naissent comme tout ph\u00e9nom\u00e8ne biologique, social et culturel, d\u2019un processus d\u2019auto-organisation. La tonalit\u00e9 fonctionnelle europ\u00e9enne qui r\u00e9gna, \u2013 sous des formes modifi\u00e9es \u2013, \u00e0 peu pr\u00e8s de 1600 \u00e0 1900, \u00e9tait sans aucun doute, parmi toutes les grammaires musicales que nous avons connues jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, celle qui avait le plus de \u00ab\u00a0vitalit\u00e9\u00a0\u00bb. On peut certes la regretter et jeter un regard nostalgique vers elle, mais on ne parvient pas vraiment \u00e0 la maintenir artificiellement en vie (c\u2019est du moins ce qu\u2019il me semble), malgr\u00e9 de nombreux et ironiques collages \u00ab\u00a0postmodernes\u00a0\u00bb, accessoires tonals \u00e0 la mode que produisent aujourd\u2019hui tant de compositeurs. Il est impossible de pr\u00e9voir si le pluralisme actuel des langues musicales redonnera un jour naissance, par cristallisation, \u00e0 une nouvelle syntaxe valable en g\u00e9n\u00e9ral.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Gy\u00f6rgy Ligeti, \u00ab\u00a0Pens\u00e9es rhapsodiques\u00a0\u00bb, in <em>Neuf essais sur la musique<\/em>, traduits de l\u2019allemand par Catherine Fourcassi\u00e9, Gen\u00e8ve, Contrechamps 2001, p. 23 publi\u00e9 avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019\u00e9diteur<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<span style=\"font-size: x-small;\"><em><a href=\"#_ednref1\">[i]<\/a> Cit\u00e9 par Claude Samuel dans le num\u00e9ro de l\u2019Avant-Sc\u00e8ne Op\u00e9ra consacr\u00e9 au Grand Macabre<\/em><\/span>\n<\/div>\n<div>\n<span style=\"font-size: x-small;\"><em><a href=\"#_ednref2\">[ii]<\/a> Gy\u00f6rgy Ligeti Edition, vol. 3, Sony 01-062308-10<\/em><\/span>\n<\/div>\n<div>\n<span style=\"font-size: x-small;\"><em><a href=\"#_ednref3\">[iii]<\/a> Gy\u00f6rgy Ligeti Edition, vol. 6, Sony 01-062307-10<\/em><\/span>\n<\/div>\n<div>\n<span style=\"font-size: x-small;\"><em><a href=\"#_ednref4\">[iv]<\/a> Ibid<\/em><\/span>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gy\u00f6rgy  Ligeti aura quatre-vingts ans en mai prochain. la Cit\u00e9 de la musique a  choisi de marquer cet anniversaire par une s\u00e9rie de concerts retra\u00e7ant  le parcours d\u2019un des compositeurs les plus importants de notre temps,  parall\u00e8lement \u00e0 une exposition sur les d\u00e9cors de son op\u00e9ra <em>Le Grand Macabre<\/em>, r\u00e9alis\u00e9s par Roland Topor. 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