{"id":4969,"date":"2000-04-15T10:02:43","date_gmt":"2000-04-15T08:02:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=4969"},"modified":"2000-04-15T10:02:43","modified_gmt":"2000-04-15T08:02:43","slug":"kurtag-parle-ou-le-parlando-chez-kurtag","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2000\/04\/kurtag-parle-ou-le-parlando-chez-kurtag\/","title":{"rendered":"Kurt\u00e1g parle, ou le parlando chez Kurt\u00e1g"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"text-decoration: underline;\">A l\u2019initiative de l\u2019Ensemble intercontemporain, du Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris, de la Cit\u00e9 de la Musique et du Conservatoire de Paris, le compositeur hongrois Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sider \u00e0 Paris deux saisons, jusqu\u2019\u00e0 ao\u00fbt 2001. L\u2019occasion pour nous de d\u00e9couvrir en de nombreuses occasions un compositeur \u00e9galement dou\u00e9 de qualit\u00e9s exceptionnelles de p\u00e9dagogue. Plusieurs concerts lui seront consacr\u00e9s, particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019Institut Goethe le 19 avril et la Cit\u00e9 de la musique le 26 avril prochain lors de programmes de musique de chambre. Ivan Nagel. qui conna\u00eet bien \u00e0 la fois l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre, nous parle ici de Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g.<\/span><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px; text-align: left;\">Ivan Nagel, n\u00e9 en 1931 \u00e0 Budapest, a \u00e9migr\u00e9 en 1948. Il a \u00e9tudi\u00e9 la philosophie et la sociologie aupr\u00e8s d\u2019Adorno de 1952 \u00e0 1957 \u00e0 Francfort. Critique de th\u00e9\u00e2tre et de musique, il a \u00e9t\u00e9 directeur des th\u00e9\u00e2tres nationaux de Hambourg et de Stuttgart, et pr\u00e9sident du festival \u00ab\u00a0Theater der Welt\u00a0\u00bb. Auteur, entre autres, d\u2019ouvrages sur Mozart, Goya, et les metteurs en sc\u00e8ne Luc Bondy, Peter Sellars et Robert Wilson, il enseigne l\u2019esth\u00e9tique et l\u2019histoire des arts de la repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019Ecole des Beaux-Arts de Berlin.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMesdames et Messieurs.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nUn homme qui, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de soixante-dix ans, ne se verrait pas respect\u00e9 et remerci\u00e9 en tant que Ma\u00eetre, c\u2019est-\u00e0-dire, en tant qu\u2019 \u00ab\u00a0enseignant\u00a0\u00bb, aurait v\u00e9cu en vain. Aupr\u00e8s de Kurt\u00e1g, \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Ferenc Liszt de Budapest, se sont form\u00e9es deux g\u00e9n\u00e9rations de merveilleux chambristes (parmi lesquels Zolt\u00e1n Kocsis et Andr\u00e1s Keller). Aujourd\u2019hui, compositeurs et interpr\u00e8tes \u00e0 travers le monde s\u2019inspirent de ses partitions. Depuis ce jour, il y a huit ans, o\u00f9 (bien tard, h\u00e9las\u00a0 !) Luigi Nono me parla de lui avec une grande admiration, et o\u00f9 j\u2019eus la chance de d\u00e9couvrir chez Bote &amp; Bock un disque de ses <em>Lieder<\/em>, je me consid\u00e8re comme un \u00e9l\u00e8ve d\u00e9vou\u00e9 de Kurt\u00e1g. De toute \u00e9vidence, la langue qu\u2019il nous enseigne \u00e0 tous se nomme musique\u00a0 ; mais, depuis que j\u2019ai connu <em>Les Dits de P\u00e9ter Bornemisza<\/em> (1968) et les <em>Quatre Chants de Pilinszky opus 11<\/em>, il m\u2019est permis de dire qu\u2019il est une autre langue, encore, qu\u2019il m\u2019a r\u00e9apprise\u00a0: notre langue maternelle commune, l\u2019incomparable langue hongroise. C\u2019est de ce second apprentissage que je voudrais parler en m\u2019adressant \u00e0 vous \u2013 ainsi qu\u2019\u00e0 lui, avec toute ma gratitude.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe hongrois est une langue incomparable, en un sens presque trop litt\u00e9ral\u00a0 ; un idiome isol\u00e9, unique, au beau milieu d\u2019un continent europ\u00e9en enti\u00e8rement domin\u00e9 par les langues romanes, germaniques et slaves. Durant quatre si\u00e8cles d\u2019occupation turque et autrichienne (entre 1500 et 1900 environ), la communaut\u00e9 hongroise n\u2019a v\u00e9cu que dans sa propre langue. Imaginez donc\u00a0: au moment o\u00f9 se constituaient les cultures nationales europ\u00e9ennes, l\u2019\u00c9tat et l\u2019autonomie n\u2019\u00e9taient, pour le peuple hongrois, qu\u2019un souvenir, et sa langue, le lieu du souvenir. Peut-\u00eatre est-ce le poids effrayant de cette mission qui a conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la langue hongroise sa densit\u00e9 et sa force\u00a0: la langue devait suppl\u00e9er \u00e0 l\u2019\u00eatre, \u00eatre l\u2019\u00eatre. C\u2019est pourquoi, en hongrois, les mots ont pr\u00e9serv\u00e9 cette force \u00e9vocatrice, cette identit\u00e9 magique du nom et de l\u2019objet qui est le propre de l\u2019enfance et qui dispara\u00eet par la suite.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nKurt\u00e1g est un compositeur incroyablement vocal\u00a0 ; pourtant, ses monologues et ses Lieder ne sont pas des textes \u00ab\u00a0mis en musique\u00a0\u00bb : la musique n\u2019habille pas les mots, mais au contraire les met \u00e0 nu. C\u2019est pourquoi le discours habituel qui pr\u00e9tend voir en Kurt\u00e1g un dramaturge latent est donc, pour l\u2019instant du moins, purement fantaisiste, et celui qui s\u2019attend \u00e0 le voir \u00e9crire son premier op\u00e9ra verra certainement son attente d\u00e9\u00e7ue. Kurt\u00e1g est un musicien lyrique, aussi bien au sens archa\u00efque qu\u2019au sens le plus contemporain du terme. De m\u00eame que la parole d\u00e9pouill\u00e9e \u00e9voque l\u2019objet, est l\u2019objet, de m\u00eame la phrase, faite de mots, devient, en certains endroits pr\u00e9gnants et quasi terrifiants, l\u2019\u00e9v\u00e9nement m\u00eame qu\u2019elle \u00e9nonce et chante. Dans <em>ln memoriam F.M. Dosto\u00efevski<\/em>, l\u2019un des <em>Chants de Pilinszky<\/em>, la victime \u2013 qui r\u00e9cite plus qu\u2019elle ne chante \u2013 d\u2019un supplice \u00e0 la fois physique et moral se dresse face \u00e0 nos yeux, face \u00e0 nos oreilles, couvrant son bourreau de honte, d\u2019un seul regard. Et dans le tercet de Rimma Dalos : \u00ab\u00a0La fine aiguille de la souffrance\/Transperce mon c\u0153ur\/J\u2019en mourrai\u00a0\u00bb, les sons ne produisent aucune imitation, aucune repr\u00e9sentation du texte ; le c\u0153ur m\u00eame s\u2019arr\u00eate de battre, s\u2019immobilise dans la musique.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe principe du \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb est un trait fondamental dans la musique de Kurt\u00e1g, y compris dans ses \u0153uvres instrumentales. A l\u2019image de Kafka qui, dans son <em>Journal <\/em>(source d\u2019inspiration des <em>Kafka-Fragmente<\/em>, pour soprano et violon, 1985) note bien souvent des formes d\u2019exercices plut\u00f4t qu\u2019il ne retrace des exp\u00e9riences personnelles, Kurt\u00e1g compose, dans le cycle ininterrompu pour piano, constituant une sorte de journal, intitul\u00e9 <em>Jat\u00e9kok<\/em> (Jeux), des exercices. Des exercices pour quoi faire ? Dans chacune de ses phrases, Kafka tente de transformer une figure linguistique en l\u2019\u00e9cho d\u2019une figure mentale ; chez Kurt\u00e1g, le geste musical se fait l\u2019\u00e9cho du geste parl\u00e9. Ce n\u2019est pas un hasard si, dans <em>Jat\u00e9kok<\/em>, la musique populaire hongroise est plus pr\u00e9sente que dans d\u2019autres \u0153uvres du compositeur. Kod\u00e1ly faisait d\u00e9j\u00e0 remarquer, \u00e0 propos de cette derni\u00e8re, que l\u2019une de ses caract\u00e9ristiques principales, avec l\u2019\u00e9chelle pentatonique, \u00e9tait la fusion du <em>rubato<\/em> et du p<em>arlando<\/em>. Dans la pr\u00e9face du premier volume de <em>Jat\u00e9kok<\/em>, Kurt\u00e1g note : \u00ab\u00a0Nous devons nous servir ici de toutes nos connaissances et des souvenirs vivants que nous avons de la libre d\u00e9clamation, du <em>parlando\/rubato<\/em> de la musique populaire&#8230; et de tout ce que la pratique de l\u2019improvisation a pu nous r\u00e9v\u00e9ler jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.\u00a0\u00bb<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe \u00ab\u00a0rubato\u00a0\u00bb ne vient donc aucunement donner carte blanche \u00e0 une quelconque sentimentalit\u00e9 larmoyante (ce qui, par ailleurs, n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 l\u2019intention de Chopin, dans ses <em>Mazurkas<\/em> monologuantes, ni de Schumann, dans les r\u00e9citatifs ins\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses compositions). C\u2019est au contraire un moyen destin\u00e9 \u00e0 faire ressortir toute l\u2019\u00e9nergie linguistique, toute l\u2019\u00e9loquence des sons. Qu\u2019il me soit permis d\u2019avancer l\u2019hypoth\u00e8se que la rencontre de Kurt\u00e1g avec la musique de Webern lui a apport\u00e9 une libert\u00e9 d\u2019expression, moins par le biais de l\u2019atonalit\u00e9 que par la distension a-m\u00e9lodique des intervalles ainsi que par l\u2019extr\u00eame asym\u00e9trie des p\u00e9riodes, par lesquels Webern a fait jaillir le <em>parlando<\/em> dans la musique, tout particuli\u00e8rement dans les <em>Cinq mouvements<\/em> ainsi que dans les <em>Six Bagatelles<\/em> pour quatuor \u00e0 cordes (et davantage que dans les <em>Lieder<\/em>). Ce que Kurt\u00e1g d\u00e9signe sous le nom de <em>Microludes<\/em>, (pour piano dans le cycle des <em>Jat\u00e9kok<\/em>, pour quatuor \u00e0 cordes dans <em>Hommage \u00e0 Mih\u00e1ly Andr\u00e1s<\/em>) et dont chacun sonne comme une phrase parl\u00e9e, qui, avec force, veut et doit parler, refl\u00e8te \u00e0 la fois le point culminant du radicalisme lyrico-herm\u00e9tique de Kurt\u00e1g et l\u2019intention historique de la langue hongroise d\u2019essayer de construire et d\u2019habiter une sorte de refuge contre une vie fausse, d\u00e9termin\u00e9e par un pouvoir ext\u00e9rieur et menac\u00e9e par la violence.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPourtant, le caract\u00e8re \u00ab\u00a0parl\u00e9\u00a0\u00bb de la musique de Kurt\u00e1g va bien au-del\u00e0 de toute tentative pour prot\u00e9ger une subjectivit\u00e9 martyris\u00e9e ou une communaut\u00e9 en proie \u00e0 la souffrance, \u00e0 la fois d\u2019un point de vue historique et collectif. Depuis que la lyrique hongroise existe, son langage constitue non seulement un refuge mais aussi un pont. Tous les grands po\u00e8tes hongrois sont des traducteurs : les romantiques nous traduisent un Shakespeare imag\u00e9 et ultra-romantique ; les modernes traduisent tout, de Sophocle et Dante jusqu\u2019\u00e0 Verlaine, Rilke et Yeats. De nos jours, Dezs\u00f6 Tandori, le po\u00e8te de l\u2019opus 12, traduit Kleist. Mais Kurt\u00e1g n\u2019a pas seulement pr\u00eat\u00e9 sa voix \u00e0 Kafka et \u00e0 Beckett. Il est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 apprendre le russe afin que, du carcan phras\u00e9ologique m\u00eame du dernier oppresseur \u00e9tranger, les accents les plus sinc\u00e8res et les plus irr\u00e9pressibles de lamentation et de rage puissent jaillir et voler librement.<br \/>\nPassons maintenant au paradoxe qui semble r\u00e9futer notre m\u00e9taphore du refuge et du pont, mais qui touche peut-\u00eatre \u00e0 ce qu\u2019il y a de plus authentique dans la musique de Kurt\u00e1g. Un paradoxe qui peut s\u2019exprimer de la fa\u00e7on suivante : Le principe du dialogue ne d\u00e9passe pas, n\u2019abandonne pas le lyrisme monadique, et souvent monodique, de Kurt\u00e1g, tout au contraire il r\u00e9side et agit en son noyau. Je vous prie instamment de me croire : si vous voulez aborder \u00e0 ces musiques laconiques, auxquelles on n\u2019acc\u00e8de que par la concentration la plus obstin\u00e9e et l\u2019attention la plus analytique, il vous faudra saisir, dans ces brefs monologues de Kurt\u00e1g (ne d\u00e9passant souvent pas 17 ou 26 secondes) le dialogue perp\u00e9tuel qu\u2019ils contiennent : d\u00e9couvrir dans le m\u00eame geste parl\u00e9 la question et la r\u00e9ponse. Un secret que Kurt\u00e1g a su prot\u00e9ger des lieux communs chers \u00e0 certains musicologues en le cachant dans cette affirmation si simple : qu\u2019il se tenait, pour sa part, \u00e0 la structure p\u00e9riodique de la musique, \u00e0 cette structure de question-r\u00e9ponse dont la validit\u00e9 s\u2019\u00e9tait maintenue de Beethoven \u00e0 Bart\u00f3k.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nNous ne sommes donc pas confront\u00e9s \u00e0 un drame savamment nou\u00e9, une architecture pr\u00e9tentieuse qui engloberait toutes les \u00ab\u00a0particules\u00a0\u00bb du lyrisme ; mais c\u2019est le drame lui-m\u00eame qui vit au plus profond de cette lyrique, sous les esp\u00e8ces d\u2019un dialogue entre lutte et entente. Tournons-nous une derni\u00e8re fois vers les chants populaires hongrois : l\u2019empreinte qu\u2019ils ont inscrite dans la musique de Kurt\u00e1g semble former une \u00e9bauche, une sorte de dessin d\u2019enfant qui repr\u00e9sente un pays de nulle-part, un pays d\u2019utopie. Le \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb qui y vit, ce sont les voix criardes des vieilles chansons de jeu et de moqueries, ainsi que les voix tristes des complaintes s\u2019\u00e9levant pour d\u00e9plorer un deuil ou un pillage. Cette tache blanche dans le paysage obscur de Kurt\u00e1g nous fait d\u00e9couvrir une place de march\u00e9, une assembl\u00e9e populaire qui ose effront\u00e9ment faire les vraies questions et r\u00e9ponses, libre de toute rh\u00e9torique, de tout mensonge officiel, mais libre aussi de ce jeu de cache-cache de la bonne \u00e9ducation bourgeoise qui n\u2019est qu\u2019un camouflage de l\u2019indiff\u00e9rence.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC\u2019est un lieu o\u00f9 Toi et Moi pouvons lutter, en toute vivacit\u00e9, nous affirmer l\u2019un contre l\u2019autre, mais aussi l\u2019un pour l\u2019autre, non pas par haine, mais par amour. Il va sans dire que ce \u00ab\u00a0peuple libre\u00a0\u00bb, cette communaut\u00e9 humaine dont la musique de Kurt\u00e1g a toujours voulu pr\u00e9server les voix, n\u2019a jamais le moindre rapport avec le \u00ab\u00a0peuple des travailleurs et des paysans\u00a0\u00bb des pays de l\u2019Est, ni avec la comp\u00e9tition brutale et \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb de l\u2019Occident. Son mod\u00e8le se trouverait plut\u00f4t dans une toute petite forme de communaut\u00e9, par exemple un mariage heureux. Gageons que les \u00ab\u00a0disputes conjugales\u00a0\u00bb mises en sc\u00e8ne par M\u00e1rta et Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g dans les pi\u00e8ces pour piano \u00e0 quatre mains, telles que <em>Choral furieux<\/em> ou bien <em>Dispute<\/em>, auront peut-\u00eatre remplac\u00e9 et \u00e9vit\u00e9 bien des bris de vaisselle. Ce qui, dans ces pi\u00e8ces, a pris la forme d\u2019un jeu pianistique, repr\u00e9sente le principe m\u00eame du cycle <em>Jat\u00e9kok<\/em> : la transformation de l\u2019agressivit\u00e9 en jeu.<br \/>\nAu cours d\u2019un entretien avec Reinbert de Leeuw, fondateur en Hollande du Schoenberg Ensemble, Kurt\u00e1g dit de la premi\u00e8re pi\u00e8ce des <em>Jeux<\/em> qu\u2019elle doit \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e, ainsi qu\u2019il est \u00e9crit sur la partition : \u00ab\u00a0avec la paume de la main, au milieu du clavier\u00a0\u00bb. Ce morceau est destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre jou\u00e9 par un enfant ou par un virtuose : \u00ab\u00a0Le plus difficile (mais les enfants en ont l\u2019exp\u00e9rience), c\u2019est que nous devons, dans ces morceaux, vivre toute notre agressivit\u00e9 ; mais, dans le m\u00eame temps, l\u2019agressivit\u00e9 devient une forme musicale\u00a0\u00bb. Le dilemme de la Nouvelle Musique entre la paralysie due \u00e0 la m\u00e9lancolie et l\u2019agression de la barbarie, conflit qu\u2019Adorno pensait encore insoluble, Kurt\u00e1g l\u2019a v\u00e9cu et surmont\u00e9 \u00e0 chaque fois dans sa propre chair. Son parler, qui \u00e9mergea d\u2019une longue p\u00e9riode d\u2019angoisse et de silence, y compris \u00e0 un niveau personnel, s\u2019est mu\u00e9 en une magnifique et difficile affirmation de soi. Ne l\u2019oublions pas, pendant des ann\u00e9es ce n\u2019est pas la composition mais la musique de chambre qu\u2019il a enseign\u00e9e \u00e0 Budapest : un combat ludique entre des voix, soit l\u2019exact oppos\u00e9 de la barbarie.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ\u2019aimerais conclure par le t\u00e9moignage de Reinbert de Leeuw, v\u00e9ritable profession de foi \u00e0 propos du ma\u00eetre, de l\u2019 \u00ab\u00a0enseignant\u00a0\u00bb Kurt\u00e1g : \u00ab\u00a0Je connais assez bien la musique contemporaine, mais les vraies d\u00e9couvertes se produisent quand je me trouve face \u00e0 une musique impr\u00e9vue, parce que pr\u00e9cis\u00e9ment je n\u2019aurais jamais pu l\u2019imaginer. C\u2019est un instant comme celui-l\u00e0 qui change notre perception de la musique ; \u00e0 partir de l\u00e0, la musique n\u2019a plus pour nous le m\u00eame sens ; c\u2019est \u00e0 ce genre de musiques qu\u2019appartient la musique de Kurt\u00e1g.\u00a0\u00bb<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Ivan Nagel <\/strong><br \/>\n<span style=\"font-size: x-small;\">Allocution prononc\u00e9e le 19 f\u00e9vrier 1996, salle de musique de chambre de l\u2019Orchestre Philharmonique de Berlin, \u00e0 l\u2019occasion du soixante-dixi\u00e8me anniversaire de Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g. Texte traduit de l\u2019allemand par Beatrix Raanan.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A  l\u2019initiative de l\u2019Ensemble intercontemporain, du Festival d\u2019Automne \u00e0  Paris, de la Cit\u00e9 de la Musique et du Conservatoire de Paris, le  compositeur hongrois Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sider \u00e0 Paris deux  saisons, jusqu\u2019\u00e0 ao\u00fbt 2001. L\u2019occasion pour nous de d\u00e9couvrir en de  nombreuses occasions un compositeur \u00e9galement dou\u00e9 de qualit\u00e9s  exceptionnelles de p\u00e9dagogue. Plusieurs concerts lui seront consacr\u00e9s,  particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019Institut Goethe le 19 avril et la Cit\u00e9 de la  musique le 26 avril prochain lors de programmes de musique de chambre.  Ivan Nagel. qui conna\u00eet bien \u00e0 la fois l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre, nous parle  ici de Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g.<\/p>\n","protected":false},"author":80,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[111,36],"class_list":["post-4969","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-portrait","tag-accents-n11","tag-gyorgy-kurtag"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Kurt\u00e1g parle, ou le parlando chez Kurt\u00e1g - Ensemble intercontemporain<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2000\/04\/kurtag-parle-ou-le-parlando-chez-kurtag\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Kurt\u00e1g parle, ou le parlando chez Kurt\u00e1g - Ensemble intercontemporain\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"A l\u2019initiative de l\u2019Ensemble intercontemporain, du Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris, de la Cit\u00e9 de la Musique et du Conservatoire de Paris, le compositeur hongrois Gy\u00f6rgy Kurt\u00e1g a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sider \u00e0 Paris deux saisons, jusqu\u2019\u00e0 ao\u00fbt 2001. 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