{"id":4926,"date":"1999-04-15T10:02:07","date_gmt":"1999-04-15T08:02:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=4926"},"modified":"1999-04-15T10:02:07","modified_gmt":"1999-04-15T08:02:07","slug":"nono-un-compositeur-a-lecoute-la-reception-de-son-oeuvre-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/1999\/04\/nono-un-compositeur-a-lecoute-la-reception-de-son-oeuvre-en-france\/","title":{"rendered":"Nono : un compositeur \u00e0 l\u2019\u00e9coute \u2013 La r\u00e9ception de son \u0153uvre en France"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Deux concerts \u00e0 la Cit\u00e9 de la musique, les 25 et 27 mai prochains, seront consacr\u00e9s au compositeur italien unanimement reconnu, Luigi Nono, disparu en 1990. Reconnu, certes, mais dont une part importante de l\u2019\u0153uvre est rest\u00e9e dans l\u2019ombre. Alain Poirier, musicologue et professeur d\u2019histoire de la musique au Conservatoire de Paris, \u00e9lucide pour nous les motifs d\u2019une contradiction.<\/span><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl existe un paradoxe commun aux cat\u00e9gories comme aux rumeurs\u00a0: elles sont r\u00e9ductrices et ont un pouvoir de conviction tel qu\u2019il semble difficile de les contredire. Luigi Nono est donc un musicien \u00ab\u00a0engag\u00e9\u00a0\u00bb. Le fait m\u00eame que cette \u00e9tiquette semble irr\u00e9m\u00e9diablement associ\u00e9e \u00e0 son \u0153uvre est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une attitude, mais qu\u2019elle soit limit\u00e9e \u00e0 cette formule lapidaire, dont la cons\u00e9quence la plus directe est la condamnation sans autre forme de proc\u00e8s d\u2019une \u0153uvre, est plus encore inacceptable. Ce qui appara\u00eet ainsi comme un frein, somme toute efficace, \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019une musique, g\u00e9n\u00e8re une forme de r\u00e9sistance passive \u00e0 la musique de Nono. Or, pr\u00e9cis\u00e9ment, la musique de Nono est une musique qui r\u00e9siste, qui repose sur la position d\u2019un musicien \u00e0 l\u2019\u00e9coute du monde et de ses injustices, et qui porte en elle-m\u00eame les d\u00e9chirures d\u2019une \u00e9poque. Un autre coin du voile est donc lev\u00e9\u00a0: la musique de Nono n\u2019est pas seulement \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb mais elle n\u2019a pas pour but premier de s\u00e9duire. Voil\u00e0 un handicap s\u00e9rieux pour sa r\u00e9ception dans un milieu culturel qui aime \u00e0 se convaincre que la musique fran\u00e7aise fait par essence appel \u00e0 une sensibilit\u00e9 \u00ab\u00a0raffin\u00e9e\u00a0\u00bb ou encore \u00e0 une \u00ab\u00a0subtilit\u00e9\u00a0\u00bb r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des esprits sup\u00e9rieurs\u00a0! Le contexte fran\u00e7ais n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir isol\u00e9 un musicien comme Nono, et ses \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 parfois aussi mal re\u00e7ues en Allemagne ou en Italie. En fait, si l\u2019\u0153uvre d\u2019un compositeur ne lui appartient plus compl\u00e8tement d\u00e8s qu\u2019elle est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au public, on lui pardonne d\u2019autant plus difficilement de ne pas permettre cette dissociation entre l\u2019homme et sa musique. L\u2019expression \u00ab\u00a0l\u2019homme\u00ad-musicien\u00a0\u00bb qui revient \u00e0 plusieurs reprises sous la plume de Nono, est en effet r\u00e9v\u00e9latrice de cette inscription du cr\u00e9ateur dans son discours, celui qui \u00ab\u00a0mesure \u2013 et choisit \u2013 sa participation inventive, cr\u00e9atrice, par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de son propre temps, et \u00e9tablit la valeur de son t\u00e9moignage.\u00a0<a href=\"#_edn1\">[1]<\/a>\u00bb<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">La France musicale et Nono <\/span><\/strong><br \/>\nLa m\u00e9fiance, pour ne pas dire plus, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la musique de Nono en France, tient en partie dans les degr\u00e9s de relation que peuvent entretenir l\u2019art et la politique. Mais formuler ainsi la question, incontestablement int\u00e9ressante, reste en de\u00e7\u00e0 de la r\u00e9alit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9bat est clos d\u2019avance pour ces m\u00eames raisons\u00a0: l\u2019art et la revendication d\u2019une position politique sont d\u00e9finis comme \u00e9tant incompatibles. Mis \u00e0 part l\u2019action fid\u00e8le et g\u00e9n\u00e9reuse de Martine Cadieu et quelques rares commentaires cherchant \u00e0 approcher et \u00e0 expliciter la d\u00e9marche du compositeur italien, ce constat transpara\u00eet presque unanimement dans la critique fran\u00e7aise, f\u00fbt-elle parfois d\u2019une prudence exemplaire comme sous la plume d\u2019un Claude Rostand qui avoue, en 1970, son malaise\u00a0: \u00ab\u00a0Luigi Nono est un des plus grands musiciens vivants, mais il est \u00e0 redouter que, si sa passion politique continue de progresser, son activit\u00e9 finisse par \u00e9chapper \u00e0 la comp\u00e9tence du critique musical.\u00a0\u00bb<br \/>\nEntre d\u00e9sarroi et refus cat\u00e9gorique, la presse a choisi de marginaliser l\u2019\u0153uvre de Nono qui ne r\u00e9pond \u00e0 aucune cat\u00e9gorie. Quant \u00e0 la revue <em>Musique en jeu<\/em>, fond\u00e9e en 1970, elle ne consacrera qu\u2019une page \u00e0 Nono, sous forme d\u2019une br\u00e8ve citation d\u2019une de ses d\u00e9clarations, sur trente-trois num\u00e9ros\u00a0! Maurice Fleuret, qui salue en 1975 la cr\u00e9ation de <em>Al gran sole carico d\u2019amore<\/em> \u00e0 la Scala de Milan, n\u2019en soul\u00e8ve pas moins une ambigu\u00eft\u00e9 de la position du compositeur dans un parall\u00e8le rapide, impos\u00e9 par le lieu m\u00eame de la repr\u00e9sentation\u00a0: \u00ab\u00a0Quoiqu\u2019en dise Nono, sa musique n\u2019est pas encore siffl\u00e9e dans les usines comme celle de Verdi l\u2019\u00e9tait dans la rue. Car si les livrets de Verdi, m\u00eame nationalistes, restaient loin de la masse, ses m\u00e9lodies, ses airs y entraient d\u2019embl\u00e9e. Aujourd\u2019hui, pour l\u2019op\u00e9ra engag\u00e9, ce ne peut \u00eatre que le contraire\u00a0: une musique d\u2019\u00e9lite intellectuelle sur les th\u00e8mes collectivistes de la r\u00e9volution sociale.\u00a0<a href=\"#_edn2\">[2]<\/a>\u00bb Comment concilier engagement et accessibilit\u00e9\u00a0? D\u00e8s les ann\u00e9es cinquante, le reproche \u00e9tait fait \u00e0 Nono concernant la difficult\u00e9 de compr\u00e9hension des textes mis en musique, \u00e0 quoi l\u2019auteur r\u00e9pondait qu\u2019au lieu d\u2019un ch\u0153ur, il voulait \u00ab\u00a0une \u00e9quipe d\u2019individus, chacun apportant sa propre personnalit\u00e9 et jouant son propre r\u00f4le dans l\u2019ensemble.<a href=\"#_edn3\">[3]<\/a> \u00bb A l\u2019intensit\u00e9 contenue dans les lettres poignantes du <em>Canto sospeso<\/em> correspondait une attitude compositionnelle d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>C\u2019est dans une conf\u00e9rence prononc\u00e9e en 1969 que Nono a tent\u00e9 d\u2019identifier cinq cas de figure distincts dans cette relation entre musique et politique\u00a0: <\/strong><br \/>\n<strong>1<\/strong>. Aucun rapport n\u2019est possible entre musique et r\u00e9volution au profit du \u00ab\u00a0maintien exact de la s\u00e9paration des t\u00e2ches et du bon rendement, typiquement capitaliste et exig\u00e9 par des int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques.\u00a0\u00bb Boulez est pr\u00e9sent\u00e9 comme le compositeur r\u00e9pondant \u00e0 cette attitude\u00a0;<br \/>\n<strong>2<\/strong>. Si la culture peut faire la r\u00e9volution, elle peut agir de fa\u00e7on autonome\u00a0: \u00ab\u00a0il est inutile d\u2019op\u00e9rer une jonction avec les classes socialement inop\u00e9rantes.\u00a0\u00bb Il s\u2019agit de la position de Kagel\u00a0;<br \/>\n<strong>3<\/strong>. Le recours \u00e0 la technologie \u00ab\u00a0comme valeur, th\u00e9orisation d\u2019une \u00e9volution technolo\u00adgico-esth\u00e9tique indolore, liaison avec les lieux de la production technique la plus avanc\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire Etats-Unis et occident\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 l\u2019action \u00ab\u00a0imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb de Stockhausen\u00a0;<br \/>\n<strong>4<\/strong>. Quelques groupes politiques de gauche qui \u00ab\u00a0soutiennent que chaque langage \u00e9tant d\u00e9riv\u00e9 de la bourgeoisie, il n\u2019y a pas d\u2019art ou de production culturelle possible. Le compositeur opte ainsi pour la d\u00e9mission pure et simple\u00a0: dans l\u2019incapacit\u00e9 de se poser le probl\u00e8me d\u2019un lien intrins\u00e8que avec la r\u00e9volution, il continue \u00e0 faire de la musique comme avant ou il arr\u00eate, plus ou moins insoucieux, de composer.\u00a0\u00bb<br \/>\n<strong>5<\/strong>. La derni\u00e8re position est celle de Nono, \u00ab\u00a0celle qui essaie de d\u00e9finir une culture comme moment d\u2019une prise de conscience, de lutte, de provocation, de discussion, de participation\u00a0\u00bb qui comporte \u00ab\u00a0l\u2019usage critique d\u2019instruments, de langages historiquement re\u00e7us ou invent\u00e9s\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le refus de toute concession eurocentrique\u00a0<a href=\"#_edn4\">[4]<\/a>\u00bb. L\u2019opposition farouche de Nono \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain restera une constante et le conduira notamment \u00e0 refuser le propos d\u00e9magogique d\u2019un Penderecki, musicien d\u2019un pays socialiste qui d\u00e9die son <em>Thr\u00e8ne aux victimes d\u2019Hiroshima<\/em> tout en acceptant les subventions venant des Etats-Unis.<br \/>\nSi la rupture est officiellement consomm\u00e9e dans cette analyse de 1969, elle date en r\u00e9alit\u00e9 des ann\u00e9es cinquante pendant lesquelles Nono a ouvertement r\u00e9agi contre des attitudes identifi\u00e9es comme des d\u00e9rives. Son isolement dans le contexte fran\u00e7ais \u2013 et europ\u00e9en \u2013 \u00e9tait \u00e9videmment la cons\u00e9quence de cette position qui ne fera qu\u2019accentuer sa solitude.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Parcours d\u2019une lutte <\/span><\/strong><br \/>\nD\u00e8s la p\u00e9riode de Darmstadt, Nono s\u2019insurge contre l\u2019\u00e9mergence d\u2019un acad\u00e9misme webernien \u2013 \u00ab\u00a0D\u2019une certaine fa\u00e7on, Webern a \u00e9t\u00e9 falsifi\u00e9 \u00e0 Darmstadt<a href=\"#_edn5\">[5]<\/a> \u00bb \u2013, et surtout contre l\u2019accueil r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Cage en tant que lib\u00e9rateur du carcan s\u00e9riel. La rupture \u00e9voqu\u00e9e plus haut correspond \u00e0 sa conf\u00e9rence \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence historique dans la musique d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb (1959). Plus encore, Nono d\u00e9nonce la \u00ab\u00a0table rase\u00a0\u00bb historique entreprise pendant ces ann\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Ceci est le manifeste de ceux qui s\u2019imagi\u00adnent, de cette fa\u00e7on, pouvoir commencer <em>ex abrupto<\/em> une \u00e8re nouvelle, o\u00f9 tout sera programm\u00e9 pour \u00eatre nouveau. Ils voudraient ainsi se donner la possibilit\u00e9, assez commode, de se poser \u00e9videmment eux-m\u00eames comme principe et fin, comme Verbe Evang\u00e9lique.\u00bb De m\u00eame, Nono r\u00e9agira violemment contre la condamnation de la tradition par Boulez dans son article \u00ab\u00a0Schoenberg est mort\u00a0\u00bb (1952). Comme pour Dallapiccola, pour lequel Nono partageait une grande admiration avec Maderna et Scherchen, la composition consiste \u00e0 convoquer le pass\u00e9 pour l\u2019investir d\u2019un sens nouveau et actualis\u00e9, incluant des allusions, voire des citations, dans ce nouveau contexte (cette dimension, incluant autant des chants r\u00e9volutionnaires et des slogans que des emprunts \u00e0 Ockeghem, restera l\u2019une des constantes de son \u0153uvre).<br \/>\nL\u2019Allemagne est la premi\u00e8re \u00e0 rompre brutalement le contact avec Nono\u00a0: son \u00e9diteur Schott qui lui reproche la teneur de certains textes choisis, puis Heinrich Strobel et la S\u00fcdwestfunk qui rechignent devant la nature m\u00eame de l\u2019\u00e9criture musicale. Le d\u00e9but des ann\u00e9es soixante consacre cet isolement europ\u00e9en au nom de crit\u00e8res politiques et esth\u00e9tiques\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019est pas facile, confie Nono \u00e0 Martine Cadieu, de concilier notre id\u00e9al communiste et notre musique jug\u00e9e encore difficile, alors que nous sommes s\u00fbrs de ce qu\u2019elle exprime. Cependant, notre r\u00f4le ne consiste pas \u00e0 faire de la recherche un but, mais seulement un moyen. C\u2019est en cela que je me suis dissoci\u00e9 de certains musiciens de la &#8220;nouvelle vague&#8221;. Notre but est de communiquer avec nos semblables, de partager.\u00a0\u00bb M\u00eame l\u2019ami fid\u00e8le qu\u2019est Maderna, compagnon de Nono au Parti communiste italien, en vient \u00e0 douter lui-m\u00eame de la relation entre conscience politique et art qui prend ainsi le risque d\u2019\u00eatre limit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019engagement d\u2019un individu lui ferme certains \u00e9chos universels du monde. Et puis souvent aussi, c\u2019est une simplification, alors que la vie et l\u2019art sont si complexes. Je peux me tromper.\u00a0\u00bb L\u2019isolement de Nono est d\u2019autant plus grand qu\u2019il refuse d\u2019emprunter les circuits traditionnels de concert ou de se compromettre avec des types de financements contraires \u00e0 ses opinions.<br \/>\nParall\u00e8lement \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat que Nono porte d\u00e9sormais \u00e0 la composition sur bande magn\u00e9tique, la lutte auparavant illustr\u00e9e par la source po\u00e9tique avec notamment les textes de Garda Lorca (<em>Epitaffio<\/em>) ou de Pavese (<em>La Terra e la Compagna<\/em>), voisine progressi\u00advement avec l\u2019usage de \u00ab\u00a0documents\u00a0\u00bb \u00e0 par\u00adtir de <em>La Fabbrica illuminata<\/em> (mezzo-soprano et bande, 1964), en faveur d\u2019une lutte personnalis\u00e9e. Les ann\u00e9es 1960-1980 sont rythm\u00e9es par les \u0153uvres intitul\u00e9es \u00ab\u00a0actions sc\u00e9niques\u00a0\u00bb avec <em>Intolleranza<\/em> 1960 et <em>Al gran sole carico d\u2019amore<\/em> (1972-74)\u00a0: deux phases essentielles dans un parcours encadrant 1968 et aboutissant \u00e0 la p\u00e9riode de crise et de silence \u00e0 partir de 1976, soit peu avant la \u00ab\u00a0trag\u00e9die de l\u2019\u00e9coute\u00a0\u00bb <em>Prometeo<\/em>, <em>Tragedia dell\u2019ascolto<\/em> (1981-85).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Nono et la France <\/span><\/strong><br \/>\nMis \u00e0 l\u2019\u00e9cart en Europe pour les raisons expos\u00e9es plus haut, Nono se heurte en France \u00e0 la personnalit\u00e9 de Boulez qui n\u2019adh\u00e8re qu\u2019aux premi\u00e8res \u0153uvres des ann\u00e9es cinquante et n\u2019entend pas participer \u00e0 une entreprise musicale au service des injustices sociales et politiques. Nono a effectivement multipli\u00e9 les efforts en ce sens \u00e0 partir des ann\u00e9es soixante, prolongeant le message du <em>Canto sospeso<\/em>, en abordant successivement l\u2019actualit\u00e9 traitant de l\u2019Alg\u00e9rie (<em>Canti di vita e d\u2019amore<\/em> <em>: II. Djamila Boupacha<\/em>, 1962), des camps nazis (<em>Ricorda cosa ti hanno fatto in Auschwitz<\/em>, bande, 1967), traquant les souffrances et les dictatures du Vietnam (<em>Contrappunto dialettico alla mente<\/em>, bande, 1968) \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique latine (<em>Y entonces comprendi\u00f3<\/em>, 1969-70), sujets incompatibles avec la pratique musicale dans l\u2019esprit du musicien fran\u00e7ais (rappelons par ailleurs que Boulez fut le seul musicien \u00e0 avoir sign\u00e9 le Manifeste des 121 en septembre 1960). Dans le cadre du Domaine musical, ce sont les \u0153uvres de Nono encore proches de la p\u00e9riode de Darmstadt qui seront jou\u00e9es entre 1954 et 1956 (<em>Polifonica-Monodia-Ritmica<\/em>, direction Scherchen, <em>Canti per 13<\/em>, cr\u00e9ation sous la direction de Baudo et <em>Incontri<\/em>, direction Boulez) \u00e0 l\u2019exclusion de partitions pouvant entrer dans les m\u00eames pr\u00e9occupations comme le <em>Canto sospeso<\/em> dont le d\u00e9faut majeur \u00e9tait probablement de substituer une forte expressivit\u00e9, identifiable historiquement (\u00e0 partir de lettres de condamn\u00e9s \u00e0 mort), \u00e0 des textes po\u00e9tiques distanci\u00e9s et d\u00e9gag\u00e9s de toute historicit\u00e9. Le fait de privil\u00e9gier la combinatoire purement musicale d\u2019ob\u00e9dience post-webernienne des trois partitions instrumentales paraissait incompatible avec ce que cette m\u00eame \u00e9criture entendait v\u00e9hiculer comme message dans la cantate pour voix, ch\u0153urs et orchestre. Peu apr\u00e8s avoir tourn\u00e9 une page avec \u00ab\u00a0Schoenberg est mort\u00a0\u00bb, Boulez pouvait voir le <em>Canto sospeso<\/em> de Nono comme un prolongement de la satire de la dictature dans l\u2019<em>Ode \u00e0 Napol\u00e9on <\/em>ou du t\u00e9moignage d\u2019un rescap\u00e9 du ghetto dans <em>Un Survivant de Varsovie<\/em>, \u0153uvres du dernier Schoenberg pr\u00e9cis\u00e9ment peu appr\u00e9ci\u00e9es par Boulez \u00e0 cette \u00e9poque. Si la deuxi\u00e8me partie de l\u2019<em>Epitaffio a Garcia Lorca <\/em>(1952) est encore donn\u00e9e au Domaine musical en 1960, elle se r\u00e9f\u00e8re d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une partie ancienne de l\u2019\u0153uvre de Nono<a href=\"#_edn6\">[6]<\/a>.<br \/>\nIl faut attendre les ann\u00e9es quatre-vingt-dix pour voir Boulez diriger \u00e0 nouveau Nono en 1991, soit un an apr\u00e8s la mort du compositeur, avec&#8230; <em>Canti per 13<\/em>, coupl\u00e9s avec <em>La Fabbrica illuminata<\/em> qui ne requ\u00e9rait qu\u2019une voix soliste superpos\u00e9e \u00e0 la bande\u00a0! (cette derni\u00e8re \u00e9tant devenue l\u2019\u0153uvre embl\u00e9matique d\u2019une musique dite \u00ab\u00a0engag\u00e9e\u00a0\u00bb autour de 1970). Malgr\u00e9 la \u00ab\u00a0r\u00e9conciliation\u00a0\u00bb entre Nono et Boulez, \u00e0 la faveur de <em>A Pierre<\/em>. <em>D\u2019ell infinito azzurro inquietum<\/em> offert pour le soixanti\u00e8me anniversaire du compositeur fran\u00e7ais, les relations musicales resteront limit\u00e9es au commentaire de Boulez rapport\u00e9 par Martine Cadieu\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019engagement de Nono, \u00e0 travers les d\u00e9ceptions, a, peu \u00e0 peu, perdu de son urgence. Il se replia sur lui-m\u00eame et devint plus dispos\u00e9 \u00e0 accepter le jugement d\u2019autres personnes moins engag\u00e9es que lui.\u00a0\u00bb Le \u00ab\u00a0repli\u00a0\u00bb dont il est question n\u2019am\u00e8nera pas pour autant Boulez \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux \u0153uvres, m\u00eame purement instrumentales, de cette \u00e9poque telles que <em>A Carlo Scarpa, architetto ai suoi infiniti possibiliti<\/em> (orchestre, 1984) ou No <em>hay caminos, hay que caminar<\/em> (7 groupes instrumentaux, 1987).<br \/>\nLa s\u00e9rie \u00ab\u00a0Passage du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0\u00bb propos\u00e9e par l\u2019Ircam en 1977 \u2013 dont l\u2019intention \u00e9tait de \u00ab\u00a0faire le point sur ce qui existe\u00a0: l\u2019actualit\u00e9 imm\u00e9diate ou lointaine, ainsi que sur les perspectives futures, ce qui devra exister\u00a0\u00bb (Boulez) \u2013, verra la cr\u00e9ation fran\u00e7aise de <em>Como una ola de fuerza y luz<\/em> (1971-72) confi\u00e9e \u00e0 Gielen, ainsi que des ex\u00e9cutions de <em>Espa\u00f1a en el coraz\u00f3n<\/em> (1951-52) et de <em>Y entonces comprendi\u00f3<\/em> (1969-70) dans un programme Boulez &#8211; Stockhausen &#8211; \u00adNono, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Darmstadt et apr\u00e8s\u00a0\u00bb et accompagn\u00e9 de la mention\u00a0: \u00ab\u00a0En pr\u00e9sentant trois \u0153uvres compos\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Darmstadt (<em>Kreuzspiel<\/em>, <em>Structures I<\/em>, <em>Espa\u00f1a<\/em>) et trois \u0153uvres \u00e9crites plus tard, ce programme illustre l\u2019\u00e9volution des trois compositeurs concern\u00e9s.\u00a0\u00bb La deuxi\u00e8me partie confrontant, outre <em>Spiral<\/em> de Stockhausen, <em>Cummings ist der Dichter<\/em> de Boulez et <em>Y entonces comprendi\u00f3<\/em> (sur des po\u00e8mes de Carlos Franqui et des extraits de lettres de Che Guevara) ne manquait pas de relief&#8230;<br \/>\nAinsi clairement r\u00e9partie en trois phases essentiellement d\u00e9termin\u00e9es par les choix de la diffusion \u2013 avant 1959, 1960-1980, et apr\u00e8s 1980 \u2013, l\u2019\u0153uvre de Nono ne sera donc re\u00e7ue que partiellement, du moins dans le cadre des institutions parisiennes. C\u2019est encore aux extr\u00eames de cette chronologie qu\u2019apparaissent les tr\u00e8s rares cr\u00e9ations mondiales avec les <em>Canti per 13<\/em> en 1955 et <em>D\u00e9couvrir la subversion\u00a0: Hommage \u00e0 Edmond Jab\u00e8s en 1987<\/em>. Il n\u2019en reste pas moins que la programmation des festivals, en particulier dans la p\u00e9riode 1960-1980, introduira la musique de Nono, toutefois avec la m\u00eame parcimonie, comme lors de la sixi\u00e8me \u00e9dition du Festival de Royan en 1969, dont le th\u00e8me \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019Italie, et pendant lequel ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s en tout et pour tout les <em>Cori di Didone<\/em> en cr\u00e9ation fran\u00e7aise (ch\u0153ur mixte et percussion, 1958) et la bande de <em>Ricorda cosi ti hanno fatto in Auschwitz<\/em>, et ce, parall\u00e8lement \u00e0 une programmation abondamment domin\u00e9e par les \u0153uvres de Berio. Autre exemple avec le Festival de Metz qui a propos\u00e9 <em>La Fabbrica illuminata<\/em> en 1976, les cr\u00e9ations fran\u00e7aises de <em>Con Luigi Dallapiccola<\/em> en 1982 et de <em>A Carlo Scarpa<\/em> en 1987, ainsi qu\u2019une ex\u00e9cution en 1990 de <em>&#8230;sofferte onde serene&#8230;<\/em> (piano et bande magn\u00e9tique, 1976). Enfin, on mentionnera les courageuses repr\u00e9sentations de <em>Intol\u00e9rance 1971<\/em>, \u00e0 l\u2019initiative de Jean-Claude Riber et dans une version fran\u00e7aise de Martine Cadieu \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Nancy, et de <em>Al gran sole carico d\u2019amore<\/em> donn\u00e9 \u00e0 Lyon en 1982, non pas \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra mais \u00e0 \u00ab\u00a0La fabrique\u00a0\u00bb un hangar am\u00e9nag\u00e9 pour la cause, dans une mise en sc\u00e8ne de Lavelli tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de Lioublimov \u00e0 Milan.<br \/>\nAfin de r\u00e9pondre \u00e0 la hantise de Nono d\u2019\u00e9viter Paris o\u00f9 il redoutait les institutions officielles, divers concerts ont eu lieu hors les murs, \u00e0 Champigny avec Paul M\u00e9fano et 2e2m, et notamment \u00e0 Chatillon-sous-Bagneux, gr\u00e2ce encore \u00e0 Martine Cadieu, avec la commande et la cr\u00e9ation dans des conditions difficiles de la bande de <em>Non consumiamo Marx<\/em> en 1969 (deux voix et bande, d\u2019apr\u00e8s des graffitis de mai 1968). C\u2019est pourtant \u00e0 Paris que sera repr\u00e9sent\u00e9 <em>Prometeo<\/em> en 1987, parall\u00e8lement \u00e0 trois concerts principalement consacr\u00e9s aux \u0153uvres r\u00e9centes, au cours d\u2019un m\u00e9morable Festival d\u2019Automne qui restera la seule manifestation fran\u00e7aise de cette envergure \u00e0 avoir rendu un hommage digne de ce nom \u00e0 Nono<a href=\"#_edn7\">[7]<\/a>. Quant \u00e0 la programmation du stage du Centre Acanthes consacr\u00e9 \u00e0 Nono en 1989, elle a tent\u00e9 de mettre en perspective les diff\u00e9rentes facettes de l\u2019\u0153uvre, m\u00eal\u00e9es aux r\u00e9f\u00e9rences bienvenues de Gabrieli et de Monteverdi.<br \/>\nAinsi que l\u2019a not\u00e9 J\u00fcrg Stenzl<a href=\"#_edn8\">[8]<\/a>, la disparition de Nono en 1990 a \u00e9t\u00e9 essentiellement comment\u00e9e en r\u00e9f\u00e9rence au quatuor <em>Fragmente-Stille, An Diotima<\/em> (1979-80), comme si l\u2019ensemble de son \u0153uvre ant\u00e9rieure avait \u00e9t\u00e9 occult\u00e9e une seconde fois, comme si le discours \u00e9pur\u00e9 du quatuor, qui appara\u00eet r\u00e9trospectivement comme annonciateur de \u00ab\u00a0l\u2019effondrement de l\u2019utopie\u00a0\u00bb avait permis de neutraliser le contenu \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb de l\u2019\u0153uvre. Si de tous les compositeurs de sa g\u00e9n\u00e9ration, Nono a \u00e9t\u00e9 incontestablement le plus ignor\u00e9 et le plus d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e9cart\u00e9, en particulier de la vie musicale fran\u00e7aise, il n\u2019en est pas moins frappant que, comme le formule Philippe Alb\u00e8ra, \u00ab\u00a0Nono s\u2019est constamment d\u00e9plac\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019image qu\u2019on cherchait \u00e0 donner de lui.<a href=\"#_edn9\">[9]<\/a> \u00bb Il se situe tout entier dans l\u2019\u00e9ventail de possibles qui s\u00e9pare et rapproche les termes apparemment contra\u00addictoires rassembl\u00e9s dans le titre de <em>&#8230;sofferte onde serene&#8230;<\/em> : souffrance et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 pour un compositeur toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Alain Poirier<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref1\">[1]<\/a> L. Nono, \u00ab\u00a0Tout choix est politique\u00a0\u00bb in M. Cadieu, <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">A l\u2019\u00e9coute des compositeurs<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, Minerve, 1992, pp. 113-114<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref2\">[2]<\/a> M. Fleuret, article repris in <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Chroniques pour la musique d\u2019aujourd\u2019hui<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, Bernard Coutaz, 1992, p. 193<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref3\">[3]<\/a> Rapport\u00e9 par M. Cadieu in <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Pr\u00e9sence de Luigi Nono<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, Pro Musica, 1995, p. 28<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref4\">[4]<\/a> L. Nono, \u00ab Musique et r\u00e9volution\u00bb repris in <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Ecrits r\u00e9unis<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, pr\u00e9sent\u00e9s et annot\u00e9s par Laurent Feneyrou, C. Bourgois, 1993, pp. 248 sq<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref5\">[5]<\/a> P. Alb\u00e8ra, \u00ab <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Entretien avec Luigi Nono<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">\u00bb Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris &#8211; Contrechamps, 1987, p. 15<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref6\">[6]<\/a> Voir J. Aguila, <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Le Domaine musical<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, Fayard, 1992, pp. 259-60<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref7\">[7]<\/a> Luigi Nono, <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">Festival d\u2019Automne \u00e0 Paris &#8211; Contrechamps<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, 1987<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref8\">[8]<\/a> <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">in Die Musik Luigi Nonos<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\">, Universal Edition, 1991<\/span><\/em>\n<\/div>\n<div>\n<em><span style=\"font-size: x-small;\"><a href=\"#_ednref9\">[9]<\/a> <\/span><\/em><span style=\"font-size: x-small;\">\u00ab\u00a0Wenn aus der Ferne&#8230; \u00bb<\/span><em><span style=\"font-size: x-small;\"> in Acanthes an XV, Van de Velde, 1991, p. 123<\/span><\/em>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux concerts \u00e0 la Cit\u00e9 de la musique, les 25 et 27 mai prochains,  seront consacr\u00e9s au compositeur italien unanimement reconnu Luigi Nono,  disparu en 1990. 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