{"id":4901,"date":"1998-09-15T10:08:59","date_gmt":"1998-09-15T08:08:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=4901"},"modified":"1998-09-15T10:08:59","modified_gmt":"1998-09-15T08:08:59","slug":"poesie-versus-musique-lart-de-la-mesentente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/1998\/09\/poesie-versus-musique-lart-de-la-mesentente\/","title":{"rendered":"Po\u00e9sie versus musique : l\u2019art de la m\u00e9sentente"},"content":{"rendered":"<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Sprich auch du, sprich als lezter, sag deinen Spruch. <\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Parle, toi aussi, parle le dernier \u00e0 parler dis ton dire. <\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-size: x-small;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Paul Celan<\/strong><\/span>, extrait de Shibboleth, trad. Maurice Blanchot, in <em>Anthologie bilingue de la po\u00e9sie allemande<\/em> \u00e9d. Gallimard \u00a9 Deutsche Verlags-Anstalt<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nJalonn\u00e9s par plusieurs \u0153uvres inspir\u00e9es de Mallarm\u00e9 \u2013 Gilbert Amy, Pierre Boulez, Denis Cohen, mais aussi Ravel et Hindemith \u00ad\u2013 ces trois premiers mois de rentr\u00e9e sont marqu\u00e9s du sceau de la po\u00e9sie. D\u2019hier \u00e0 aujourd\u2019hui, comment l\u2019alliance s\u2019est-elle renouvel\u00e9e\u00a0? Omer Corlaix nous invite \u00e0 consid\u00e9rer ce travail d\u2019entente, ou de m\u00e9sentente, entre musique et po\u00e9sie.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>Par m\u00e9sentente on entendra un type d\u00e9termin\u00e9 de situation de parole\u00a0: celle o\u00f9 l\u2019un des interlocuteurs \u00e0 la fois entend et n\u2019entend pas ce que dit l\u2019autre. La m\u00e9sentente n\u2019est pas le conflit entre celui qui dit blanc et celui qui dit noir. Elle est le conflit entre celui qui dit blanc et celui qui dit blanc mais n\u2019entend point la m\u00eame chose ou n\u2019entend point que l\u2019autre dit la m\u00eame chose sous le nom de blancheur. <\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong>Jacques Ranci\u00e8re<\/strong><span style=\"font-size: x-small;\">, La M\u00e9sentente. Politique et philosophie, Galil\u00e9e, 1995<\/span>.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\nLa relation entre po\u00e9sie et musique fut v\u00e9cue sur le mode de \u00ab\u00a0l\u2019impens\u00e9e\u00a0\u00bb philoso\u00adphique jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9forme wagn\u00e9rienne. Elle eut pour principal effet d\u2019amener St\u00e9phane Mallarm\u00e9 \u00e0 interroger les fondations \u00ab\u00a0\u00e9pist\u00e9miques\u00a0\u00bb du vers. Les po\u00e8tes fran\u00e7ais, de Baudelaire \u00e0 Mallarm\u00e9, furent les premiers \u00e0 entendre le potentiel r\u00e9volu\u00adtionnaire du discours de Richard Wagner. De leur c\u00f4t\u00e9, les musiciens ne comprirent pas l\u2019importance des enjeux, \u00e0 l\u2019exception de Claude Debussy. Outre-Rhin, Arnold Schoenberg fut un des rares compositeurs avec Paul Hindemith \u00e0 vouloir donner une r\u00e9ponse rationnelle au d\u00e9fi wagn\u00e9rien. Si le premier, Arnold Schoenberg, refondit la musique \u00e0 partir des douze notes de la gamme chromatique r\u00e9unies dans une s\u00e9rie n\u2019ob\u00e9issant plus aux r\u00e8gles tonales, le second, Paul Hindemith, d\u00e9lia la syntaxe tona\u00adle de son support expressif.<br \/>\nL\u2019oubli de la pens\u00e9e de Mallarm\u00e9 pendant l\u2019entre-deux-guerres se traduisit en France par un retour \u00e0 la tradition m\u00e9lodiste. La seconde guerre mondiale radicalisa les enjeux esth\u00e9tiques qui couvaient depuis 1885\u00a0; la po\u00e9sie fut mise en accusation\u00a0: que pouvait-elle encore nous dire apr\u00e8s Auschwitz\u00a0!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Une alt\u00e9rit\u00e9 fondamentale <\/span><\/strong><br \/>\nLa chanson fran\u00e7aise \u00e0 la Renaissance, l\u2019air de cour au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et la m\u00e9lodie sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique sont trois formes musicales qui r\u00e9unissent po\u00e9sie et musique dans un m\u00eame geste. Celles-ci \u00e9voquent dans l\u2019imaginaire des auditeurs ce temps ori\u00adginel d\u00e9crit par Jean-Jacques Rousseau dans son <em>Essai sur l\u2019origine des langues<\/em> o\u00f9 \u00ab\u00a0<em>autour des fontaines [\u2026], les premiers discours furent les premi\u00e8res chansons\u00a0: les retours p\u00e9riodiques et mesur\u00e9s du rythme, les inflexions m\u00e9lodieuses des accents, firent na\u00eetre la po\u00e9sie avec la langue, ou plut\u00f4t tout cela n\u2019\u00e9tait que la langue m\u00eame pour ces heureux climats et ces heureux temps, o\u00f9 les seuls besoins pressants qui demandaient le concours d\u2019autrui \u00e9taient ceux que le c\u0153ur faisait na\u00eetre <\/em>\u00bb. Temps mythique o\u00f9 langue et musique vivaient d\u2019un commun accord. C\u2019est avec Richard Wagner, dans la seconde partie du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, que furent pos\u00e9es les bases d\u2019une m\u00e9sentente durable entre po\u00e9sie et musique\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u00e0 o\u00f9 l\u2019un de ces arts atteignait \u00e0 des limites infranchissables, commen\u00e7ait aussit\u00f4t, avec la plus rigoureuse exactitude, la sph\u00e8re d\u2019action de l\u2019autre [\u2026]. Toute tentative de rendre avec les moyens de l\u2019un d\u2019eux ce qui ne saurait \u00eatre rendu que par les deux ensemble, devait fatalement conduire \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9, \u00e0 la confusion d\u2019abord, et ensuite, \u00e0 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence et \u00e0 la corruption de chaque art en particulier. <\/em>\u00bb<br \/>\nDu constat de cette alt\u00e9rit\u00e9 fondamentale entre les deux arts \u2013 po\u00e9sie et musique \u2013 Charles Baudelaire, dans son article <em>Richard Wagner et Tannh\u00e4user<\/em> (1861), d\u00e9duisit une nouvelle po\u00e9tique. Elle prit v\u00e9ritablement forme autour des ann\u00e9es 1885 avec St\u00e9phane Mallarm\u00e9 qui r\u00e9it\u00e9ra l\u2019analyse de Baudelaire dans un article d\u00e9di\u00e9, lui aussi, \u00e0 Richard Wagner. Il marquait l\u2019opposition radicale entre le leitmotiv wagn\u00e9rien et l\u2019aria\u00a0: \u00ab <em>Une musique qui n\u2019a de cet art que l\u2019observance des lois tr\u00e8s complexes, seulement d\u2019abord le flottant et l\u2019infus, confond les couleurs et les lignes du per\u00adsonnage avec les timbres et les th\u00e8mes en une ambiance plus riche de R\u00eaverie que tout air d\u2019ici-bas, d\u00e9it\u00e9 costum\u00e9e aux invisibles plis d\u2019un tissu d\u2019accords.<\/em> \u00bb Sa r\u00e9flexion antici\u00adpait un autre \u00e9crit, publi\u00e9 un mois plus tard, <em>Crise de vers<\/em>. Article bilan, \u00e9crit \u00e0 la mort de Victor Hugo, qui n\u2019est pas sans rappeler le non moins c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crit de Pierre Boulez, <em>Schoenberg est mort<\/em>. Mallarm\u00e9 fit le constat que \u00ab\u00a0<em>le vers, je crois, avec respect attendit que le g\u00e9ant qui l\u2019identifiait \u00e0 sa main tenace et plus ferme toujours de forgeron, v\u00eent \u00e0 manquer\u00a0; pour, lui, se rompre<\/em>.\u00a0\u00bb Cette rupture \u00ab\u00a0<em>avec l\u2019en\u00adchantement donn\u00e9 \u00e0 la rime <\/em>\u00bb \u2013 cette \u00ab\u00a0<em>dissolution [\u2026] du nombre officiel<\/em> \u00bb \u2013, ouvre sur une nouvelle alternative \u00e0 la po\u00e9sie\u00a0: soit le vers libre avec son m\u00e8tre irr\u00e9gulier, soit la dissolution du vers dans la musique telle qu\u2019il le rappelle dans ce m\u00eame article\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La Musique rejoint le vers pour former, depuis Wagner, la Po\u00e9sie. <\/em>\u00bb L\u2019enjeu en fait est la survie ou non de la po\u00e9sie. La fascination que procura l\u2019\u0153uvre dramatique de Richard Wagner chez les po\u00e8tes fran\u00e7ais comme Baudelaire et Mallarm\u00e9 eut pour cons\u00e9quence paradoxale de les amener \u00e0 prendre leurs distances vis-\u00e0-vis de la musique. Au lieu de se rapprocher de celle-ci, les po\u00e8tes s\u2019en \u00e9loign\u00e8rent. Si <em>l\u2019Apr\u00e8s-\u00admidi d\u2019un faune<\/em> en 1883 pr\u00e9figura <em>Crise de vers<\/em>, Claude Debussy fut le seul com\u00adpositeur qui dans le \u00ab\u00a0po\u00e8me symphonique\u00a0\u00bb qu\u2019il r\u00e9alisa en 1895 comprit le sens du malentendu. La version dans\u00e9e du <em>Pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019Apr\u00e8s-midi d\u2019un faune<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 1913, que r\u00e9alisa Nijinsky pour les Ballets Russes, alla dans la m\u00eame direction que celle inaugur\u00e9e par Mallarm\u00e9 pour la po\u00e9sie puis par Debussy pour la musique. Nijinsky dans ce ballet cr\u00e9e un nouveau langage chor\u00e9graphique en rupture avec le ballet romantique.<br \/>\nIl fallut le choc de la premi\u00e8re guerre mondiale pour voir appara\u00eetre une autre g\u00e9n\u00e9\u00adration de po\u00e8tes et de compositeurs c\u00e9l\u00e9brant une nouvelle alliance entre po\u00e9sie et musique se caract\u00e9risant par un retour \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique du Parnasse. Jean Cocteau et Igor Stravinsky en furent les chantres. Apr\u00e8s une courte p\u00e9riode de contestation radicale avec le dada\u00efsme, le surr\u00e9alisme, en red\u00e9couvrant <em>Les Chants de Maldoror<\/em> de Lautr\u00e9amont, \u00e9largit le r\u00e9el po\u00e9tique au r\u00eave. Mais progressivement l\u2019esprit de contestation qui les animait dans l\u2019imm\u00e9diate apr\u00e8s-guerre s\u2019assagit. Cette p\u00e9riode se caract\u00e9rise par un retour \u00e0 l\u2019<em>ut poesis <\/em>de l\u2019\u00e2ge pr\u00e9-baroque o\u00f9 \u00ab la musique [\u00e9tait] au m\u00eame titre que la po\u00e9sie [\u00e9tait] musique \u00bb (Orazio Vecchi) qu\u2019illustr\u00e8rent avec brio Paul Eluard et Francis Poulenc.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Sauvegarder l\u2019entente du texte\u00a0?<\/span><\/strong><br \/>\nLa Seconde guerre mondiale va raviver la crise du vers. Le mod\u00e8le n\u00e9oclassique, m\u00e9taphore de cette Europe des Lumi\u00e8res avant la tourmente r\u00e9volutionnaire, tout comme le surr\u00e9alisme et son ombre port\u00e9e li\u00e9e \u00e0 la red\u00e9couverte de l\u2019\u0153uvre du marquis de Sade, disparurent du paysage culturel. Une nouvelle po\u00e9sie plus en phase avec l\u2019effondrement de la civilisation europ\u00e9enne fit son apparition dans la R\u00e9sistance, qu\u2019illustra entre autres la personnalit\u00e9 de Ren\u00e9 Char dans <em>Fureur et mys\u00adt\u00e8re<\/em>. C\u2019est le retour sur la sc\u00e8ne culturelle de Mallarm\u00e9, dont la r\u00e9flexion po\u00e9tique redevient d\u2019actualit\u00e9. Pierre Boulez, apr\u00e8s avoir mis en musique plusieurs textes de Ren\u00e9 Char \u2013 <em>Le Visage nuptial<\/em> (1946-1952, r\u00e9vis\u00e9 en 1988), <em>Le Soleil des Eaux<\/em> (1948, r\u00e9vis\u00e9 en 1958 puis en 1965) et <em>Le Marteau sans ma\u00eetre<\/em> (1953-1955) \u2013 relan\u00ad\u00e7a en 1962 \u00e0 Donaueschingen le d\u00e9bat esquiss\u00e9 au si\u00e8cle dernier par Baudelaire et Mallarm\u00e9 entre po\u00e9sie et musique. Apr\u00e8s une exploration des liens institutionnels ayant exist\u00e9 entre musique et po\u00e9sie, Pierre Boulez en arrive, dans cette conf\u00e9ren\u00adce intitul\u00e9e <em>Po\u00e9sie &#8211; centre et absence &#8211; musique<\/em>, \u00e0 la question sous-jacente du com\u00adpositeur face \u00e0 la probl\u00e9matique pos\u00e9e par Baudelaire et Mallarm\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Est-il possible de sauvegarder l\u2019entente du texte\u00a0? <\/em>\u00bb Puis, plus loin, dans le m\u00eame texte, au d\u00e9tour d\u2019une phrase, la r\u00e9ponse surgit comme une d\u00e9flagration\u00a0: \u00ab <em>Le temps du mot, par le seul fait de l\u2019\u00e9mission, est \u00e9tranger au temps du son <\/em>\u00bb. D\u00e8s lors, le compositeur redevient \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb dans le traitement sonore qu\u2019il souhaite apporter \u00e0 un po\u00e8me. D\u00e8s lors, \u00e0 la \u00ab\u00a0lecture en musique\u00a0\u00bb r\u00e9pond en \u00e9cho au compositeur l\u2019injonction de Mallarm\u00e9 faite au po\u00e8te dans <em>Crise de vers <\/em>: \u00ab\u00a0<em>Cette vis\u00e9e, je la dis Transposition &#8211; Structure, une autre. <\/em>\u00bb Cette m\u00e9sentente confirm\u00e9e entre texte et musique au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante permit l\u2019appa\u00adrition sonore de \u00ab\u00a0l\u2019\u00eatre-voix\u00a0\u00bb, que pr\u00e9figuraient d\u00e9j\u00e0 les cris d\u2019Antonin Artaud du <em>Pour en finir avec le jugement de Dieu<\/em> (1948) aux <em>R\u00e9citations<\/em> (1978) de Georges Aperghis en passant par <em>Visage<\/em> (1962) de Luciano Berio. Cet \u00ab\u00a0\u00eatre-voix\u00a0\u00bb prend sa source dans le mod\u00e8le inaugur\u00e9 par Giulio Caccini \u00e0 l\u2019or\u00e9e du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Parall\u00e8lement \u00e0 cette d\u00e9couverte, l\u2019Occident d\u00e9couvre les diff\u00e9rentes vocalit\u00e9s qui constituent le genre humain.<br \/>\nDepuis le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt, \u00e0 la suite de ce mouve\u00adment d\u2019\u00e9largissement de l\u2019horizon vocal, po\u00e9sie et musique sem\u00adblent vouloir inscrire leur trace dans un m\u00eame sillon, ainsi que le d\u00e9montrent les rencontres entre po\u00e8tes et compositeurs \u00e0 l\u2019Abbaye de Royaumont autour de <em>Voix nouvelles<\/em>, et comme l\u2019illustre 1\u2019 \u00ab\u00a0\u0153uvre commune\u00a0\u00bb du compositeur G\u00e9rard Pesson et du po\u00e8te Pierre Alf\u00e9ri, <em>Sur-le-champ<\/em> (1994). S\u2019il fallait dater ce mouvement de conjonction, il serait contemporain de la red\u00e9couverte du rythme comme expression de la r\u00e9incorporation de la voix dans le po\u00e8me, ainsi que l\u2019exprime Henri Meschonnic dans son ouvrage <em>La Rime et la vie<\/em> (Verdier, 1989)\u00a0: \u00ab <em>[\u2026] Le rythme est dans le langage l\u2019inscrip\u00adtion de l\u2019homme r\u00e9ellement en train de parler.<\/em> \u00bb Le rythme serait \u00ab\u00a0le corps du sens\u00a0\u00bb (Bernard No\u00ebl), ce qui fait jointure entre langue et po\u00e9sie. Celle-ci redevient \u00ab\u00a0<em>le faire fait au langage lorsqu\u2019il le parfait en son \u00eatre, qui est l\u2019acc\u00e8s au sens <\/em>\u00bb (Jean-Luc Nancy, <em>R\u00e9sistance de la po\u00e9sie<\/em>, <em>Faire la po\u00e9sie<\/em>, <em>La Pharmacie de Platon<\/em>, William Blacke &amp; co\/Art &amp; arts, 1997).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00ab L\u2019injonction de lier\u00bb <\/span><\/strong><br \/>\nLe po\u00e8te Paul Celan (1920-1950) serait, lui, cette voix singuli\u00e8re sur\u00advivante du drame de la Shoa ayant mis \u00e0 mal les fondations humanistes de l\u2019Occident chr\u00e9tien. Il est le po\u00e8te qui, de ses multiples appartenances, sut maintenir \u00ab\u00a0l\u2019injonction de lier\u00a0\u00bb (Daniel Payot, <em>L\u2019objet-fibule<\/em>, L\u2019Harmattan, 1997) en r\u00e9sistant aux forces centrip\u00e8tes de la \u00ab\u00a0dispersion infinie\u00a0\u00bb (op. cit.). Il est le po\u00e8te qui articula \u00ab\u00a0dans l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, depuis la dispersion du sens et pour que ses h\u00e9t\u00e9rotopies ne reviennent pas au m\u00eame\u00a0\u00bb (op. cit.). H\u00e9ritier tout autant de Rilke que de Mallarm\u00e9 ou de Mandelstam, juif germanophone, il v\u00e9cut principalement en France. Sa po\u00e9sie est un lyrisme de l\u2019\u00e9pure. Il est le po\u00e8te qui r\u00e9concilie langue et po\u00e9sie dans un m\u00eame corps textuel. La destruction du corps po\u00e9tique vient ici \u00e0 buter sur la m\u00e9moire du corps propre morcel\u00e9 par les guerres civiles euro\u00adp\u00e9ennes. Paul Celan a fait du po\u00e8me le lieu d\u2019o\u00f9 surgit l\u2019\u00e9cho de l\u2019ultime spasme de la parole \u00e9chue. Avec des po\u00e8tes comme Andr\u00e9 du Bouchet et Yves Bonnefoy, une nouvelle po\u00e9sie s\u2019imposa en France dans son sillage. Il assemble la communaut\u00e9 des compositeurs dans une m\u00eame c\u00e9l\u00e9bration, de Giya Kancheli (<em>Psalm<\/em>), aux Michael Nymann (<em>Six Celan songs<\/em>), Aribert Reimann (<em>Eingedunkelt, &#8230;<\/em>), Heinz Holliger (<em>Psalm<\/em>), Harrison Birtwistle (<em>Three Settings of Celan<\/em>), Andr\u00e9 Boucourechliev (<em>Lit de neige<\/em>), Antoine Bonnet (<em>Nachtstrahl<\/em>), Gualtiero Dazzi (<em>Lichtzwang<\/em>)&#8230; L\u2019itin\u00e9raire de Paul Celan, ainsi que le fut celui d\u2019Heinrich Heine au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, aura \u00e9t\u00e9 en ce si\u00e8cle le destin incarn\u00e9 de la po\u00e9\u00adsie europ\u00e9enne.<br \/>\nNous aimerions conclure sur les mots du philosophe Jean\u00ad-Luc Nancy\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Et s\u2019il fut dit qu\u2019apr\u00e8s Auschwitz la po\u00e9sie \u00e9tait impossible, puis au rebours qu\u2019elle \u00e9tait apr\u00e8s Auschwitz n\u00e9cessaire, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment de la po\u00e9sie qu\u2019il parut n\u00e9ces\u00adsaire de dire l\u2019une et l\u2019autre chose.<\/em> \u00bb<br \/>\n<strong>Omer Corlaix<\/strong><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong><em>Pierre Boulez, Si je pense \u00e0 Ren\u00e9 Char <\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Il arrive que les d\u00e9couvertes essentielles \u00e0 votre d\u00e9finition vous prennent au d\u00e9pourvu, agressent votre souffle\u00a0; elles causent un ravage irr\u00e9m\u00e9diable, requis et d\u00e9sir\u00e9 dans l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 elles vous cinglent. Vous ne pouvez pas imaginer que cette catastrophe ne se soit pas produite \u00e0 ce moment pr\u00e9cis o\u00f9 vous ne l\u2019attendiez pas. Vous fixez sans grande attention les yeux sur des po\u00e8mes dans une page de journal et voil\u00e0, vous vous \u00eates reconnu: ce para\u00adgraphe fulgurant subitement l\u00e0, devant vous, il semble tout \u00e0 la fois vous d\u00e9poss\u00e9der de vous-m\u00eame et agrandir votre capacit\u00e9, votre prise et votre pouvoir au-del\u00e0 de ce \u00e0 quoi vous avez jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent song\u00e9. Cette formule vous concerne sans compromis possible, vous interroge dans l\u2019ab\u00eeme de votre repli et ne rec\u00e8le pourtant aucune question dont vous ne vous sentiez d\u00e9j\u00e0 le d\u00e9tenteur\u00a0: elle vous <em>r\u00e9v\u00e8le<\/em>, vous transmute en votre identification abso\u00adlue. J\u2019en \u00e9tais responsable avant de la conna\u00eetre\u00a0; la connaissant, elle me rend responsable de moi et de cette n\u00e9buleuse qui n\u2019est pas encore moi. On peut bien s\u2019arro\u00adger le loisir de d\u00e9finir les affinit\u00e9s, dans le repos et le rel\u00e2\u00adchement de la r\u00e9flexion\u00a0; mais cette d\u00e9tonation, puis ce silence en soi qui s\u2019agrandit au-del\u00e0 de toute estimation, puis cette force incoercible et cette brutalit\u00e9 qui vous pro\u00adjettent hors des limites per\u00e7ues soudain inacceptables, rares, rares sont les face-\u00e0-face capables de les d\u00e9clen\u00adcher. Quel don inestimable que cette involontaire commo\u00adtion\u00a0! Elle vous apprend l\u2019exigence fondamentale, imprime en vous l\u2019exactitude et la rectitude, elle chahute et chavire vos points cardinaux; elle n\u2019assujettit point, mais lib\u00e8re une \u00e9nergie sauva\u00adge, joyeuse, enivr\u00e9e de sa neuve existence. Pour s\u00fbr, cela est juv\u00e9nile, cela doit l\u2019\u00eatre\u00a0! Le temps du miroir viendra bien assez t\u00f4t. Car cette commotion, originellement provoqu\u00e9e par l\u2019autre, il ne faut plus l\u2019attendre que de vous-m\u00eame. Mais il reste le signal puissant de cet \u00e9metteur au loin que vous rece\u00advez par pulsions, la confiance et l\u2019alliance renouvel\u00e9es par le pacte silencieux et souverain de l\u2019\u0153uvre qui s\u2019\u00e9labore et se mul\u00adtiplie. Le rapport n\u2019est plus, ne peut plus \u00eatre l\u2019\u00e9blouissement premier, mais il s\u2019aiguise, s\u2019affine et se transforme en co\u00efnci\u00addence profonde ind\u00e9pendante d\u2019aucun instant. La v\u00e9rification est superflue\u00a0; la pr\u00e9sence se d\u00e9tecte partout et nulle part. La relation s\u2019est insensiblement transfigur\u00e9e\u00a0: il y a cette impulsion au centre de votre propre prolif\u00e9ration. Non, ce n\u2019\u00e9tait pas deux narrations pour un temps superpos\u00e9es\u00a0; non, ce n\u2019\u00e9tait pas une greffe, ou une osmose\u00a0; non, ce n\u2019\u00e9tait pas une onde porteuse. Il s\u2019agit bien d\u2019une permanente transgression de la limite et de la substance.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong>Pierre Boulez<\/strong>,<span style=\"font-size: x-small;\"> \u00a9 Lib\u00e9ration 24 juin 1983<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong><em>Ren\u00e9 Char, Entre la prairie et le laurier <\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La musique, r\u00e9cemment encore, ne se liait v\u00e9ritablement avec la po\u00e9sie \u00adou l\u2019inverse \u2013 que parce que l\u2019une des deux, d\u00e8s la premi\u00e8re mesure, \u00e9tait battue et compl\u00e8tement assujettie \u00e0 l\u2019autre. Elle devenait sa doublure, sa monture, si bien que ces deux grands, intarissables et diff\u00e9rents myst\u00e8res, po\u00e9sie et musique, ne consentaient \u00e0 appara\u00eetre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te que pour faire courir un sourire de commis\u00e9ration sur les l\u00e8vres venues pour savourer&#8230; La r\u00e9ussite de <em>Don Giovanni<\/em> \u2013 livret et partition \u2013, de <em>Pell\u00e9as et M\u00e9lisande<\/em>, exceptionnellement, apportait un d\u00e9menti \u00e0 cette obligation. La tumul\u00adtueuse unit\u00e9, la f\u00e9conde camaraderie \u00e9tait donc possible\u00a0! Elle n\u2019\u00e9tait jus\u00adqu\u2019alors qu\u2019indiqu\u00e9e, mais ne sachant que filer sur des voies parall\u00e8les. Berg, Webern, Schoenberg, Bart\u00f3k allaient poser les premiers greffons et provoquer des g\u00e9n\u00e9rations inconnues. Aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019\u00e9gal de ces puis\u00adsants r\u00e9volutionnaires, on nous invite \u00e0 valider la conqu\u00eate, \u00e0 la mener plus avant, \u00e0 tresser nos s\u00e8ves ensemble. Soyons attentifs. Entre la prairie et le laurier, l\u00e0 o\u00f9 se concasse la pierre d\u2019\u00e2me, se l\u00e8ve une nouvelle aventure ter\u00adrestre. La po\u00e9sie de notre temps doit l\u2019entendre et participer.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><strong>Ren\u00e9 Char<\/strong><span style=\"font-size: x-small;\">, 30 novembre 1953, recueilli dans <em>Dans l\u2019atelier du po\u00e8te<\/em>. Edition \u00e9tablie par Marie-Claude Char. Collection Quarto. \u00a9 Gallimard<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: x-small;\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: x-small;\">Extrait d&#8217;Accents n\u00b06 &#8211; septembre-d\u00e9cembre 1998<br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jalonn\u00e9s par plusieurs \u0153uvres inspir\u00e9es de Mallarm\u00e9 \u2013 Gilbert Amy,  Pierre Boulez, Denis Cohen, mais aussi Ravel et Hindemith \u00ad\u2013 ces trois  premiers mois de rentr\u00e9e sont marqu\u00e9s du sceau de la po\u00e9sie. D\u2019hier \u00e0  aujourd\u2019hui, comment l\u2019alliance s\u2019est-elle renouvel\u00e9e\u00a0? 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