{"id":22277,"date":"2022-03-21T12:40:22","date_gmt":"2022-03-21T11:40:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/?p=22277"},"modified":"2022-03-21T12:40:22","modified_gmt":"2022-03-21T11:40:22","slug":"berlin-etait-une-ile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2022\/03\/berlin-etait-une-ile\/","title":{"rendered":"Berlin \u00e9tait une \u00eele&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-22278\" src=\"http:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd.jpg\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"1277\" srcset=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd.jpg 1920w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd-768x511.jpg 768w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2022\/03\/2022-03-08-portraits-francois-bon-ensemble-intercontemporain-alauriol-13-bd-1536x1022.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #003366; font-size: large;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">D<\/span>epuis son premier livre, <\/span><em style=\"color: #003366; font-size: 14pt;\">Sortie d\u2019Usine<\/em><span style=\"color: #003366; font-size: large;\">, aux \u00c9ditions de Minuit en 1982, Fran\u00e7ois Bon ne cesse de creuser un m\u00eame sillon\u00a0: celui d\u2019une litt\u00e9rature ouverte, en constante recherche. Depuis les ann\u00e9es 2000, il exp\u00e9rimente le th\u00e9\u00e2tre et le film documentaire, ainsi que les ateliers d\u2019\u00e9criture, tout en investissant le web, inventant infatigablement de nouveaux objets litt\u00e9raires en ligne (tous renseignements sur son site Tiers Livre, tierslivre.net). Jouant lui-m\u00eame de la guitare basse, Fran\u00e7ois Bon entretient \u00e9galement d\u2019\u00e9troites affinit\u00e9s avec la musique et les musiciens\u00a0: parmi ses livres, on trouve ainsi une trilogie sur le rock (biographies des Rolling Stones, Dylan, Led Zeppelin), mais il se produit \u00e9galement sur sc\u00e8ne avec des improvisateurs comme Dominique Pifar\u00e9ly, Vincent Segal ou Kasper T. Toeplitz. Il est \u00ab\u00a0l\u2019invit\u00e9\u00a0\u00bb de ce mois et convoque pour nous un souvenir musical inattendu\u00a0<span style=\"caret-color: #003366;\">qu&#8217;il restitue dans un texte au parti pris\u00a0<\/span><\/span><\/strong><span style=\"color: #003366; font-size: large;\"><span style=\"caret-color: #003366;\"><b>surprenant.\u00a0<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Berlin \u00e9tait une \u00eele, une \u00eele avec un mur autour, deux ans apr\u00e8s le mur craquerait mais pour nous, malgr\u00e9 les fissures, la division semblait d\u00e9j\u00e0 devenue \u00e9ternelle et c\u2019est m\u00eame pour \u00e7a qu\u2019en haut du Kurf\u00fcrstendamm on \u00e9tait log\u00e9 l\u00e0, pas loin de la Schaub\u00fchne et quand au matin on revenait des cours ou de l\u2019\u00e9cole on surplombait la salle, le plateau et sa machinerie ouverts pour a\u00e9ration, en contrebas de la rue, le th\u00e9\u00e2tre aussi comme une \u00eele et l\u00e0, tout en haut du Kurf\u00fcrstendamm avec cette esp\u00e8ce de Cadillac plant\u00e9e nez dans le b\u00e9ton moins comme statue qu\u2019appartenance \u00e0 une \u00e9poque dont jamais on n\u2019aurait suppos\u00e9 qu\u2019elle puisse \u00eatre r\u00e9volue, comme le Kurf\u00fcrstendamm aussi, avenue de prestige et maintenant infini boulevard de temps p\u00e9rim\u00e9s depuis que la ville est redevenue une et le prestige reparti plus \u00e0 l\u2019est, il y avait donc Storkwinkel 12 cette maison relativement \u00e9troite et sans arrogance aucune (mais, \u00e0 la nuit, dans les maisons voisines, ces lumi\u00e8res qui demeuraient allum\u00e9es toutes la nuit avec une de ces vieilles dames veuves pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9), Storkwinkel une minuscule rue en coude pav\u00e9e, l\u2019\u00e9picerie \u00e0 un bout le grand carrefour \u00e0 l\u2019autre, au rez-de-chauss\u00e9e entresol juste comme partout les poubelles poussettes v\u00e9los, nous au deuxi\u00e8me \u00e9tage, au troisi\u00e8me l\u2019\u00e9crivain roumain Norman Manea et sa compagne, partis depuis pour une autre vie \u00e0 New York et ce grand monsieur \u00e0 la poitrine comme enfonc\u00e9e et cette barbe qui signait imm\u00e9diatement sinon un personnage droit sorti de Dostoievski (mais non, ses yeux avec juste une bienveillance) et qui \u2013 ses enfants plus grands que les n\u00f4tres \u2013 gardait dans le vestibule une sorte de caddy comme il y a \u00e0 la sortie des supermarch\u00e9s pour rapporter de l\u2019\u00e9picerie \u00e0 son rez-de-chauss\u00e9e deux litres de lait et quelques l\u00e9gumes eux juste un demi-\u00e9tage \u00e0 monter\u00a0: sans doute, \u00e0 la Villa M\u00e9dicis trois ans plus t\u00f4t les amis compositeurs m\u2019avaient brusquement tir\u00e9 avec eux dans un monde que je connaissais mal, je d\u00e9couvrais et le visage et la silhouette et la musique du prince Scelsi mais j\u2019avais quand m\u00eame des bases dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 je me gavais de violoncelle, c\u2019\u00e9tait encore les platines tourne-disque et l\u00e0 pour Berlin juste un magn\u00e9tophone \u00e0 cassettes, de la musique recopi\u00e9e sur cassettes, ce qu\u2019on nommerait \u00ab\u00a0CD\u00a0\u00bb pour abr\u00e9ger disque compact ce serait cinq ans plus tard et pas avant, et m\u00eame maintenant est-ce que c\u2019est une manie une infirmit\u00e9 des \u0153ill\u00e8res ou quoi mais j\u2019ai cette affinit\u00e9 pour la musique des instruments \u00e0 cordes, chaque quatuor un monde et peu importe ce vocable d\u2019\u00eatre contemporain ou pas mais cette pr\u00e9dilection pour les instruments \u00e0 cordes jou\u00e9s seuls, je suis encore capable de prononcer des noms comme Bernd Alois Zimmerman ou Kristof Penderecki ou Benjamin Britten parce que c\u2019\u00e9taient des \u0153uvres pour violoncelle seul ou comme Dutilleux concerto (\u00f4 Baudelaire dans <em>Tout un monde lointain<\/em>) avec violoncelle devant, \u00e0 Rome donc certainement un \u00e9largissement ou Berio Nono Ligeti non ce n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9baller sa culture c\u2019\u00e9tait vraiment comprendre des logiques entrer progressivement dans la mati\u00e8re mais non je n\u2019avais jamais entendu parler d\u2019Arvo P\u00e4rt et \u00e7\u2019avait m\u00eame \u00e9t\u00e9 une remarque de Joachim Sartorius alors directeur de ce Berliner K\u00fcnstlerprogramm qui nous accueillait pour un an <em>Vous devez bien s\u00fbr conna\u00eetre Arvo P\u00e4rt<\/em> puisque son fran\u00e7ais avait cette qualit\u00e9 diplomatique qui le rendait parfait et \u00e0 une telle phrase jamais tu n\u2019oserais dire non et puis maintenant tu faisais la jonction\u00a0: ce monsieur \u00e0 la fois si doux et lent, quand il revenait des courses avec son caddy ce devait \u00eatre lui ce compositeur exil\u00e9 que le Berliner K\u00fcnstlerprogramm h\u00e9bergeait et accueillait, nos deux appartements juste superpos\u00e9s dans la petite maison de Storkwinkel au 12 je crois, pr\u00e8s Rathenau Platz en haut du Kurf\u00fcrstendamm et le soir quand diminuait progressivement le bruit de la ville, et elle est longue, la nuit d\u2019hiver \u00e0 Berlin, avec les fen\u00eatres allum\u00e9es dans les maisons voisines l\u00e0 o\u00f9 marchaient ou lisaient ces veuves pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, un piano r\u00e9p\u00e9tait mais r\u00e9p\u00e9tait comme obsessivement un m\u00eame accord oh certes rien de d\u00e9rangeant et m\u00eame un accord qui devenait pr\u00e9sence, un accord qui aurait pu devenir le son de la maison m\u00eame puisque jamais ne changeant, lentement r\u00e9p\u00e9t\u00e9, toujours complexe, se renouvelant de lui-m\u00eame en se rejouant lui-m\u00eame et qu\u2019est-ce qui poussait un homme (j\u2019en avais voisin\u00e9, pourtant, et m\u00eame \u00e0 la Villa M\u00e9dicis les instrumentistes venus jouer voire cr\u00e9er les \u0153uvres in\u00e9dites du prince Scelsi) \u00e0 reprendre chaque soir et comme ind\u00e9finiment le m\u00eame accord lentement renvers\u00e9 et qui semblait comme participer de la maison m\u00eame et non de la silhouette \u2013\u00a0celle qui revenait de l\u2019\u00e9picerie avec son caddy \u00e0 roulettes parce que deux litres de lait et quelques l\u00e9gumes c\u2019\u00e9tait trop lourd \u2013 dont la bienveillance \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 devenue comme famili\u00e8re, cela commen\u00e7ait vers 21 heures et continuait jusque vers 23 heures, le m\u00eame accord lentement recompos\u00e9, renvers\u00e9 et refait et c\u2019est seulement d\u2019une semaine sur l\u2019autre que tu en venais \u00e0 penser que peut-\u00eatre quelque chose avait chang\u00e9, quelque chose se cherchait qui n\u2019\u00e9tait plus ce qui se cherchait la semaine pr\u00e9c\u00e9dente ou la semaine pr\u00e9c\u00e9dant la pr\u00e9c\u00e9dente mais tu le saurais comment, tu aurais pu l\u2019analyser comment et la silhouette aux yeux bienveillants, alors que tu tenais la porte pour le laisser entrer vers son demi-\u00e9tage avec son caddy aux deux bouteilles de lait et quelques l\u00e9gumes, dans un allemand bien net mais si pr\u00e9caire, et moi comment je parlais de m\u00eame un allemand aussi idiomatique et gr\u00e9gaire je comprenais le mot <em>verst\u00f6ren<\/em> et que si la musique nous l\u2019\u00e9tage au-dessus le deuxi\u00e8me \u00e7a ne nous d\u00e9rangeait pas, que si nous \u00e0 l\u2019\u00e9tage au-dessus la musique ce n\u2019\u00e9tait pas trop tard le soir, trop loin dans la nuit et moi repensant \u00e0 cet accord infiniment rejou\u00e9 et bien s\u00fbr la sonorit\u00e9 profonde d\u2019un demi-queue ou d\u2019un queue complet (mais je ne suis jamais entr\u00e9, je ne sais pas quel piano lui avait lou\u00e9 Joachim Sartorius) disant que non, bien s\u00fbr non, n\u2019osant pas ajouter <em>in Gegenteil<\/em> \u2013 donc au contraire, au contraire on le retrouvait comme un ami maintenant, peut-\u00eatre, l\u2019accord infiniment refait et puis on n\u2019\u00e9tait pas du genre t\u00e9l\u00e9vision ou musique de fond, on aimait lire et l\u2019enfant qui attendait dans le ventre, cet hiver l\u2019enfant dans le ventre on se disait qu\u2019il \u00e9coutait lui aussi peut-\u00eatre, le son de la maison comme une maison-ventre avec cet accord mais cet accord est-ce que c\u2019\u00e9tait le m\u00eame que celui de la semaine pr\u00e9c\u00e9dente et de la semaine pr\u00e9c\u00e9dant la pr\u00e9c\u00e9dente mais je n\u2019avais pas assez d\u2019allemand pour le lui demander, je crois que la semaine suivante ou en tout cas \u00e0 quelques semaines de l\u00e0 c\u2019est \u00e0 Gidon Kremer que je tenais la porte ouverte (il venait d\u2019enregistrer une suite des sonates de Bach mais sans aucun vibrato, les doigts sans jamais de vibrato et c\u2019\u00e9tait un autre Bach qui soudain \u00e9mergeait) et je me souviens comme \u00e7a m\u2019avait quand m\u00eame fait bizarre de tenir la porte ouverte l\u00e0 au rez-de-chauss\u00e9e du Storkwinkel 12 pour Gidon Kremer, Gidon kremer sans ambigu\u00eft\u00e9 mais est-ce qu\u2019Arvo P\u00e4rt, dans ces ann\u00e9es de Berlin encore une \u00eele \u00e9tait cette l\u00e9gende qu\u2019il serait tout bient\u00f4t et d\u2019ailleurs il d\u00e9m\u00e9nagerait, lui, sa compagne et leurs deux enfants trouveraient leur propre maison, de grandes \u0153uvres comme <em>Fratres<\/em> d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9es pourtant mais que je ne d\u00e9couvrirais finalement qu\u2019ensuite, une fois fini Berlin, de retour l\u00e0 en Vend\u00e9e face mer mais avec l\u2019ordinateur Atari tout neuf qui \u00e9tait aussi une d\u00e9couverte de Berlin j\u2019\u00e9crivais, pendant un an j\u2019\u00e9crirais sur Berlin et la musique d\u2019Arvo P\u00e4rt pr\u00e9sente mais <em>Fratres<\/em> depuis un enregistrement et non pas le piano dans la nuit\u00a0: quoi lui r\u00e9pondre, que justement on avait appris \u00e0 faire silence, que justement d\u00e8s que levait le souffle de cet accord jamais on n\u2019aurait os\u00e9 rien troubler, qu\u2019au contraire on s\u2019en allait plus loin, tellement plus loin dans nos lectures ou \u00e0 contempler aux fen\u00eatres dans les maisons voisines la lumi\u00e8re allum\u00e9e des veuves pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, une autre fois l\u00e0 dans l\u2019escalier du demi-\u00e9tage notre a\u00een\u00e9 retour du Kindergarten sortant sa fl\u00fbte \u00e0 bec (pays o\u00f9 d\u00e8s l\u2019avant \u00e9cole maternelle on vous met des instruments de musique en main) et lui lan\u00e7ant fi\u00e8rement mais en fran\u00e7ais <em>moi aussi je joue de la musique<\/em> et lui Arvo comprenant sans que j\u2019aie \u00e0 traduire et r\u00e9pondant gentiment en allemand tout simple mais c\u2019\u00e9tait cela aussi cette maison\u00a0: moi ce que j\u2019aimais c\u2019est le matin quand vers 10 heures il s\u2019asseyait au piano et qu\u2019infiniment c\u2019\u00e9tait du Bach \u2013 jamais je ne r\u00e9\u00e9coute quelque version que ce soit du <em>Concerto italien<\/em> sans que me reviennent ces heures du matin o\u00f9 le <em>Concerto italien<\/em> c\u2019\u00e9tait pour lui comme un rituel, les gammes et parti, d\u00e9construire le <em>Concerto italien<\/em>, d\u00e9monter le <em>Concerto italien<\/em>, d\u00e9multiplier et mettre comme en boucle le <em>Concerto italien<\/em> et puis l\u2019apr\u00e8s-midi puisque l\u2019\u00e9cole en Allemagne finit t\u00f4t les le\u00e7ons de ses deux fils alors tout gamins, je ne sais pas\u00a0: huit, dix ans et ils sont devenus quoi, les deux fils d\u2019Arvo P\u00e4rt et sa compagne (elle ne parlait pas allemand, on se saluait, on se souriait c\u2019est tout), des le\u00e7ons de piano et c\u2019\u00e9tait comme on se sert d\u2019un piano pour apprendre, le m\u00eame piano des accords de la nuit pourtant, et des le\u00e7ons de violon mais c\u2019\u00e9taient des \u00e9tudiants de musique qui venaient l\u00e0 les leur donner et c\u2019\u00e9tait comme on apprend le violon mais dans ces apprentissages une joie, certainement une joie aussi \u00e7a c\u2019\u00e9tait l\u2019apr\u00e8s-midi et puis m\u00eame une autre fois, dans ce demi-\u00e9tage toujours et je me souviens que je descendais alors qu\u2019il montait, un tr\u00e8s poli, mais excessivement poli <em>so Sie spielen Cello<\/em> et pourtant comme je prenais des pr\u00e9cautions, comme j\u2019avais install\u00e9 ma machine \u00e0 \u00e9crire Adler \u00e0 marguerite si silencieuse (ma derni\u00e8re machine \u00e0 \u00e9crire avant l\u2019Atari et ce qui s\u2019ensuivrait de l\u2019aventure num\u00e9rique, un bouleversement, un bouleversement quand m\u00eame) dans cette petite pi\u00e8ce rencogn\u00e9e tout derri\u00e8re la cuisine donc \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du grand salon clair au piano, la petite pi\u00e8ce face aux fen\u00eatres allum\u00e9es toute la nuit des veuves pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 mais donc \u00e7a s\u2019entendait quand m\u00eame, comment je massacrais \u00e0 la bruitiste ce violoncelle dont je n\u2019aurais pu me s\u00e9parer, mais qu\u2019alors oui de plus en plus laiss\u00e9 accroch\u00e9 au mur et si je le lui avais dit jamais mais non jamais il n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019accord\u00a0: <em>ya, ein Bischen, nur ein Bischen <\/em>mais cela dit comme une excuse mais c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que commencerait pour moi la vraie bascule\u00a0: les amis compositeurs compositrices alors crois\u00e9es, les temps et \u00e9coutes partag\u00e9es \u00e0 la Villa M\u00e9dicis est-ce qu\u2019il y a eu croisement non jamais, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00e9coute telle qu\u2019amorc\u00e9e en amont par l\u2019\u00e9coute voire presque obsessive d\u2019instruments \u00e0 cordes jouant seuls est-ce qu\u2019elle aurait cess\u00e9 non jamais, mais qui nous ouvrirait la porte sinon les improvisateurs \u2013 tu es dix ans plus tard, tu es quinze ans plus tard et dans ces heures renferm\u00e9es que tu as appris aussi \u00e0 partager, Dominique Pifar\u00e9ly, devant l\u2019\u00e9tui ouvert de son violon et dans la lumi\u00e8re blafarde des lampes de la loge, toute loge dans cette attente d\u2019avant l\u2019entr\u00e9e plateau, et dimanche prochain ce sera m\u00eame plus quinze ans plus tard mais bient\u00f4t vingt et ce qui se passera sur le plateau on n\u2019en sait rien sauf que ma musique ce sera de dire le texte et que lui son aventure de langage (et il le partage avec d\u2019autres auteurs, c\u2019est son affaire comme moi Toeplitz ou Segal je le partage aussi avec d\u2019autres musiciens mais c\u2019est toujours aventure de cordes jou\u00e9es seul) et dans cette loge Pifar\u00e9ly sans partition joue et rejoue Bach puis joue et rejoue Britten ou avance lui-m\u00eame sur ces partitions o\u00f9 eux, les improvisateurs construisent leurs concerts et leurs enfermements avec disque et studio (je l\u2019ai fait aussi) et les portes d\u2019avec ce qu\u2019on nomme <em>musique contemporaine<\/em> ne se sont plus jamais entreb\u00e2ill\u00e9es mais d\u00e9sormais, quand moi aussi j\u2019entre sur le plateau et que l\u2019exp\u00e9rience sera d\u2019improviser le texte, comme ici ce matin j\u2019ai improvis\u00e9 cette phrase, une seule phrase et qui sera phrase sans retour, je sais que tr\u00e8s loin, loin en arri\u00e8re il y avait l\u2019accord infiniment rejou\u00e9 chaque soir et qui montait \u00e0 travers le vaste plancher (elles sont grandes, les maisons allemandes, \u00e7a tient \u00e0 l\u2019hiver et \u00e0 la nuit dans une ville comme Berlin, \u00e7a tenait \u00e0 la ville comme une \u00eele et son mur tout autour, et comment au Philarmoniker ou ailleurs entre Anhalt et la si symbolique porte de Brandebourg dans cette ann\u00e9e de mur on venait les \u00e9couter, les cordes seules) et se dire que quelque chose certes n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9, mais que cette question du temps, de la r\u00e9p\u00e9tition et du geste, et de transporter cela sur le plateau dans son surgissement m\u00eame, la silhouette un peu vo\u00fbt\u00e9e, aux yeux bienveillants, poussant le caddy avec les deux 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Depuis les ann\u00e9es 2000, il exp\u00e9rimente le th\u00e9\u00e2tre et le film documentaire, ainsi que les ateliers d\u2019\u00e9criture, tout en investissant le web, inventant infatigablement de nouveaux objets litt\u00e9raires en ligne. Fran\u00e7ois Bon entretient \u00e9galement d\u2019\u00e9troites affinit\u00e9s avec la musique. 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