{"id":1432,"date":"2009-09-15T10:22:15","date_gmt":"2009-09-15T08:22:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=1432"},"modified":"2009-09-15T10:22:15","modified_gmt":"2009-09-15T08:22:15","slug":"grand-angle-une-langues-des-langues-accents-n-39","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2009\/09\/grand-angle-une-langues-des-langues-accents-n-39\/","title":{"rendered":"Une langues, des langues"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1433\" title=\"GA1\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/GA11.jpg\" alt=\"GA1\" width=\"476\" height=\"650\" srcset=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2010\/05\/GA11.jpg 476w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2010\/05\/GA11-220x300.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 476px) 100vw, 476px\" \/><br \/>\n\u00ab\u2009Yahv\u00e9 descendit pour voir la ville que b\u00e2tissaient les fils des hommes. Yahv\u00e9 dit\u00a0: &#8220;voici qu\u2019\u00e0 eux tous ils sont un seul peuple et ont un seul langage\u00a0; s\u2019ils ont fait cela pour leur d\u00e9but, rien d\u00e9sormais pour eux ne sera irr\u00e9alisable de tout ce qu\u2019ils d\u00e9cideront de faire\u00a0; Allons\u00a0! Descendons de l\u00e0, brouillons leur langage, de sorte qu\u2019ils n\u2019entendent plus le langage des autres&#8221;. Et Yahv\u00e9 les dispersa, de l\u00e0, \u00e0 la surface de la terre, et ils cess\u00e8rent de b\u00e2tir la -ville. Voil\u00e0 pourquoi on l\u2019appela du nom de Babel\u00a0; car c\u2019est l\u00e0 que Yahv\u00e9 brouilla le langage de toute la terre, et c\u2019est de l\u00e0 que Yahv\u00e9 les dispersa \u00e0 la surface de la terre.\u2009\u00bb (Gen\u00e8se, 11, 5)<br \/>\nAu commencement \u00e9tait le Verbe divin. Un verbe apte \u00e0 rendre r\u00e9el dans le moment m\u00eame de sa prof\u00e9ration la chose qu\u2019il d\u00e9signe et cr\u00e9e dans le m\u00eame geste. Plac\u00e9 entre des mains humaines, un tel langage rend possible l\u2019impossible, ouvre la voie au p\u00e9ch\u00e9 d\u2019<em>hybris<\/em> : construire une tour qui permette aux hommes d\u2019acc\u00e9der au ciel, transgresser la limite qui les -s\u00e9pare de Dieu et les maintient sous sa domination. Le ch\u00e2timent est in\u00e9vitable et sa forme est celle du brouillage\u00a0: n\u2019est d\u00e9sormais langage humain que celui qui est dissensuel, multiple, pluriel, marqu\u00e9 par l\u2019imperfection d\u2019une impossible unit\u00e9.<br \/>\nEn 2002, le compositeur Mauricio Kagel compose un cycle de m\u00e9lodies pour voix seule, <em>Der Turm zu Babel [\u00ab<\/em><em> La Tour de Babel<\/em><em> \u00bb]<\/em>, qui, de l\u2019\u00e9pisode biblique relat\u00e9 dans la Gen\u00e8se, ne retient que la -phrase exprimant l\u2019op\u00e9ration de brouillage\u00a0: <em>Allons\u00a0! Descendons de l\u00e0, brouillons leur langage, de sorte qu\u2019ils n\u2019entendent plus le langage des autres<\/em>. Huit fois cette phrase est chant\u00e9e dans des langues diff\u00e9rentes (danois, allemand, anglais, esp\u00e9ranto, fran\u00e7ais, grec, h\u00e9breux, italien, japonais, latin, n\u00e9erlandais, polonais, portugais, russe, espagnol, swahili, turc et hongrois). D\u2019une source identique jaillit ici le radicalement divers\u00a0: l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des diff\u00e9rents num\u00e9ros du cycle, qu\u2019aucune pr\u00e9sence instrumentale ne viendra relier. L\u2019op\u00e9ration bab\u00e9lienne est reconduite, r\u00e9actualis\u00e9e avec des langues, mortes et contemporaines, europ\u00e9ennes, m\u00e9diterran\u00e9ens et asiatiques, parmi lesquelles se distingue le peu usit\u00e9 esp\u00e9ranto\u00a0: langue originaire \u00ab\u2009de synth\u00e8se\u2009\u00bb, cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle afin de faire \u00ab\u2009s\u2019entendre\u2009\u00bb des personnes de langues maternelles diff\u00e9rentes.<br \/>\nQue la pluralit\u00e9 des langues utilis\u00e9es pour cette \u0153uvre de Kagel donne lieu \u00e0 une diversit\u00e9 des \u00e9critures musicales ne saurait \u00e9tonner\u00a0: une langue n\u2019est pas seulement un moyen de communication, mais plus fondamentalement un lieu que l\u2019on -habite. Dans la parabole bab\u00e9lienne, la langue fait monde, et dans cette mesure, permet aux multitudes de se r\u00e9unir en un peuple unique. Langue singuli\u00e8re et concentration territoriale s\u2019identifient d\u00e8s lors\u00a0: le brouillage de la langue adamique s\u2019accompagne d\u2019une n\u00e9cessaire dispersion g\u00e9ographique des hommes \u00ab\u2009\u00e0 travers la surface de la terre\u2009\u00bb. Avec Babel, c\u2019est la division du Monde en mondes qui s\u2019op\u00e8re. Avec la diversit\u00e9 des langues, c\u2019est une disparit\u00e9 des musiques vocales qui se fait jour, en raison des sonorit\u00e9s, des intonations, de toute la mati\u00e8re phonique propres \u00e0 chaque langue.<br \/>\nTant que l\u2019Esprit occidental envisageait le monde musical comme le d\u00e9ploiement lin\u00e9aire d\u2019une tradition unique, il \u00e9tait normal qu\u2019une seule langue y soit pos\u00e9e comme r\u00e9f\u00e9rent, mod\u00e8le de musicalit\u00e9\u00a0: le latin, puis l\u2019italien. Ainsi, c\u2019est au nom de l\u2019unicit\u00e9 et de l\u2019universalit\u00e9 du fait musical \u2013\u00a0et contre la tendance \u00e0 \u00e9crire des op\u00e9ras en langue -vernaculaire, afin notamment d\u2019en ouvrir la r\u00e9ception\u00a0\u2013 que, dans sa pol\u00e9mique <em>Lettre sur la musique fran\u00e7aise<\/em> (1753), Jean-Jacques Rousseau entreprend sa d\u00e9fense de la musique italienne, qu\u2019il oppose \u00e0 l\u2019\u00ab\u2009aboiement continuel\u2009\u00bb du chant fran\u00e7ais. Et ce n\u2019est nullement un hasard si le m\u00eame Rousseau, enqu\u00eatant sur l\u2019\u00ab\u2009origine des langues\u2009\u00bb, en vient \u00e0 se repr\u00e9senter la langue originaire comme mod\u00e8le de musique vocale absolue, faite de \u00ab\u2009sons [\u2026] tr\u00e8s vari\u00e9s\u2009\u00bb, avec \u00ab peu d\u2019articulations, quelques consonnes interpos\u00e9es, effa\u00e7ant l\u2019hiatus des voyelles\u2009\u00bb. Dans cette hypoth\u00e9tique langue, \u00ab\u2009l\u2019on chanterait au lieu de parler\u2009\u00bb, et \u00ab\u2009l\u2019onomatop\u00e9e s\u2019y ferait sentir continuellement\u2009\u00bb\u00a0: le parler adh\u00e9rerait au monde par harmonie, -imitation, sympathie.<br \/>\nMais \u00e0 mesure que cette langue originaire s\u2019\u00e9loigne dans les limbes du fantasme, les mondes rendus \u00e9trangers les uns aux autres par l\u2019op\u00e9ration bab\u00e9lienne ne pouvaient pas ne pas recroiser leurs chemins. Avec le d\u00e9veloppement des moyens de communication et de transport au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les compositeurs sont amen\u00e9s \u00e0 multiplier les supports linguistiques. Stravinsky pourra \u00e9crire, au fil de ses voyages et de ses rencontres avec des librettistes, non seulement pour le russe (<em>Les Noces<\/em>, <em>Le Rossignol<\/em>), mais aussi pour le fran\u00e7ais (<em>L\u2019Histoire du soldat<\/em>, <em>Pers\u00e9phone<\/em>) et, \u00e0 la fin de sa vie, l\u2019anglais (<em>The Rake\u2019s progress<\/em>). Parall\u00e8lement et progressivement, l\u2019art du langage \u2014\u00a0la litt\u00e9rature\u00a0\u2014 introduit de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 dans le syst\u00e8me en apparence bien ordonn\u00e9 des diff\u00e9rentes langues. Deux tendances peuvent en \u00eatre d\u00e9gag\u00e9es, qui convergent vers le m\u00eame point\u00a0: questionner le myst\u00e8re de la pluralit\u00e9 des langues et transgresser les limites qui s\u00e9parent celles-ci.<br \/>\nUne premi\u00e8re tendance consiste \u00e0 multiplier, au sein d\u2019une m\u00eame \u0153uvre, -l\u2019emploi de langues d\u00e9j\u00e0 existantes\u00a0: exemple -canonique, le roman <em>Finnegans Wake<\/em> (1939) de James Joyce innerve \u00e0 son \u00e9criture d\u2019expression anglaise pas moins de soixante \u00e0 soixante-dix langues du -monde entier. Par cette inflation linguistique, il s\u2019agit de saisir une dimension compl\u00e8te, totale, \u00ab\u2009pure\u2009\u00bb du langage que la restriction \u00e0 une seule langue ne saurait atteindre. Un tel \u00ab\u2009pur langage\u2009\u00bb est d\u00e9fini par Walter Benjamin dans son essai <em>La t\u00e2che du traducteur<\/em> (1923), comme somme des langues, comme \u00ab\u2009totalit\u00e9 de leurs intentions compl\u00e9mentaires\u2009\u00bb lorsqu\u2019elles visent \u00ab\u2009une seule et m\u00eame chose\u2009\u00bb. Dans leurs dissemblances, les langues particuli\u00e8res sont \u00e0 envisager comme des \u00ab\u2009fragments\u2009\u00bb de ce langage \u00ab\u2009plus grand\u2009\u00bb, \u00ab\u2009de m\u00eame que les d\u00e9bris d\u2019un vase, pour qu\u2019on puisse reconstituer le tout, doivent s\u2019accorder dans les plus petits d\u00e9tails, mais non \u00eatre semblables les uns aux autres\u2009\u00bb.<br \/>\nSignificativement, des bribes du <em>Finnegans Wake<\/em> de Joyce apparaissent dans une \u0153uvre du compositeur allemand Bernd Alois Zimmermann qui peut appara\u00eetre comme un cas d\u2019\u00e9cole de plurilinguisme en musique\u00a0: le <em>Requiem pour un jeune po\u00e8te<\/em> (1969). Il s\u2019agit, selon les termes du compositeur, d\u2019un \u00ab\u2009lingual\u2009\u00bb, terme dans lequel on peut reconna\u00eetre les mots \u00ab\u2009rituel\u2009\u00bb et \u00ab\u2009langue\u2009\u00bb\u00a0: partition \u00e0 l\u2019effectif -colossal (elle est \u00e9crite pour solistes, ch\u0153ur, grand orchestre, combo de jazz, bande magn\u00e9tique et orgue) et aux ambitions -encyclop\u00e9distes (elle -retrace un -demi-si\u00e8cle d\u2019histoire de l\u2019Europe au travers des conflits politiques et des \u0153uvres litt\u00e9raires, sur fond de liturgie chr\u00e9tienne), l\u2019\u0153uvre se pr\u00e9sente comme un immense montage de pas moins de soixante-dix citations de textes, \u0153uvres litt\u00e9raires et documents d\u2019actualit\u00e9 en grec ancien et moderne, latin, anglais, -allemand, fran\u00e7ais, hongrois, russe et tch\u00e8que. Le texte est chant\u00e9, parl\u00e9 par des r\u00e9citants, pr\u00e9sents sur la sc\u00e8ne ou bien pr\u00e9enregistr\u00e9s\u00a0; parfois encore, une archive sonore est directement \u00ab\u2009cit\u00e9e\u2009\u00bb sur la bande comme \u00ab\u2009document\u2009\u00bb. Hors des contraintes impos\u00e9es par ce dispositif, Zimmermann exploite dans son \u00e9criture musicale les idiosyncrasies de chacune de ces langues, tirant parti des combinatoires multiples d\u2019items hongrois \u2013\u00a0langue dite \u00ab\u2009agglutinante\u2009\u00bb\u00a0\u2013 dans le po\u00e8me <em>Dob es tanc<\/em> de Sandor We\u00f6res, ou encore jouant des assonances euphoniques du po\u00e8me <em>An Anna Blume<\/em> de Kurt Schwitters (<em>du deiner dich dir, ich dir, du mir. <\/em>\u2013<em> Wir\u00a0? <\/em>vers laborieusement traduisible par \u00ab\u2009toi ton te, je te, tu me \u2013 nous\u00a0?\u2009\u00bb). La friction entre texte et musique appara\u00eet d\u2019autant plus nettement lorsque le compositeur travaille son mat\u00e9riau textuel par des proc\u00e9d\u00e9s proprement musicaux, r\u00e9alisant un <em>ricercare<\/em> (forme contrapuntique proche de la fugue) \u00e0 partir de quatre lectures diff\u00e9rentes du m\u00eame texte de Konrad Bayer (<em>Der sechste Sinn<\/em>), ou bien op\u00e9rant des coupes de montage selon des dur\u00e9es d\u00e9riv\u00e9es d\u2019une s\u00e9rie proportionnelle. Le brouillage bab\u00e9lien n\u2019est jamais loin, notamment au cours de l\u2019embl\u00e9matique \u00ab\u2009Prologue\u2009\u00bb\u00a0: superpos\u00e9s, les discours d\u2019Alexander Dubcek et du pape Jean XXIII, les lectures de Joyce (<em>Ulysse<\/em>) et Wittgenstein (<em>Investigations -philosophiques<\/em>), ainsi que l\u2019\u00e9nonciation chant\u00e9e de la messe des morts par le ch\u0153ur \u00ab\u2009s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent sans cesse dans une forme ondulante\u2009\u00bb, se fondent en un <em>stream of consciousness<\/em> polyglotte.<br \/>\nAlors, \u00e9crit le compositeur, \u00ab\u2009la dimension s\u00e9mantique s\u2019efface et c\u2019est surtout le timbre propre \u00e0 chaque langue qui acquiert une qualit\u00e9 musicale\u2009\u00bb. L\u2019unit\u00e9 du mot est cependant laiss\u00e9e intacte \u2013\u00a0comme si en lui r\u00e9sidait, par-del\u00e0 la mutilation des structures, la v\u00e9rit\u00e9 du langage que la citation inaugurale de Saint-Augustin interroge\u00a0: \u00ab\u2009quand on nommait un objet quelconque et que le mot articul\u00e9 d\u00e9terminait un mouvement vers cet objet, j\u2019observais et je retenais qu\u2019\u00e0 cet objet correspondait le son qu\u2019on faisait entendre, quand on voulait le d\u00e9signer\u2009\u00bb.<br \/>\nLa seconde tendance va pr\u00e9cis\u00e9ment s\u2019attaquer au mot m\u00eame, concassant la parole et la r\u00e9duisant \u00e0 son atome le plus irr\u00e9ductible\u00a0: le simple son. L\u2019embl\u00e9matique \u00ab\u2009po\u00e8me sonore\u2009\u00bb <em>Ursonata<\/em> (1932) de Schwitters montre comme une telle pratique est marqu\u00e9e par une tension vers l\u2019origine (le pr\u00e9fixe allemand \u00ab\u2009<em>Ur-<\/em><em> <\/em>\u00bb -signifie \u00ab\u2009premier\u2009\u00bb, \u00ab\u2009primitif\u2009\u00bb)\u00a0: non plus l\u2019origine diachronique (r\u00e9volue) d\u2019un langage parfait, mais l\u2019origine synchronique (coexistante au langage articul\u00e9) d\u2019un pr\u00e9langage explorant la r\u00e9gion de l\u2019\u00ab\u2009enfance\u2009\u00bb (est <em>infans<\/em> \u00ab\u2009celui qui ne parle pas\u2009\u00bb ou plut\u00f4t \u00ab\u2009pas encore\u2009\u00bb). N\u00e9gatif du langage articul\u00e9, cette proto-langue en r\u00e9cup\u00e8re les r\u00e9sidus, les sonorit\u00e9s non-pertinentes\u00a0; elle les fait jouer, les assemble en unit\u00e9s, parodies de \u00ab\u2009mots\u2009\u00bb, qu\u2019elle graphie librement\u2009: \u00ab\u2009<em>F\u00fcmms b\u00f6 w\u00f6 t\u00e4\u00e4 z\u00e4\u00e4 Uu, p\u00f6giff, kwii Ee dll rrrrr beeeee b\u00f6 f\u00fcmms b\u00f6<\/em> \u00bb. L\u2019enjeu est de s\u2019attaquer au sens, non tant pour le d\u00e9truire que pour le d\u00e9territorialiser\u00a0: avec la parole non-verbale, la production de sens d\u00e9borde la sph\u00e8re du signe (et sa traditionnelle distinction entre signifiant et signifi\u00e9) pour se situer dans l\u2019acte de vocalisation m\u00eame. Avec, comme horizon asymptotique, sa non-communicabilit\u00e9 absolue, autistique.<br \/>\nD\u00e8s lors, dans le domaine de la musique vocale, se dresse tout un axe de possibilit\u00e9s, depuis la simple mise en jeu de l\u2019appareil phonatoire, jusqu\u2019\u00e0 la parole, certes cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces mais form\u00e9e comme un langage (tel serait le cas du \u00ab\u2009kobaien\u2009\u00bb, \u00ab\u2009langage structur\u00e9, avec sa propre syntaxe\u2009\u00bb cr\u00e9\u00e9 par le batteur et compositeur Christian Vander pour les chansons de son groupe Magma). Ce champ de possibles a trouv\u00e9 son expression la plus libre dans le th\u00e9\u00e2tre musical \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960. D\u00e9j\u00e0 dans <em>Anagrama<\/em> (1957), partition de chambre pr\u00e9c\u00e9dant ses \u0153uvres plus proprement th\u00e9\u00e2trales, Kagel d\u00e9rivait une \u00e9criture phon\u00e9tique des diverses combinaisons du palindrome m\u00e9di\u00e9val <em>In girum imus nocte et consumimur igni<\/em> (\u00ab\u2009Nous tournons en rond dans la nuit et nous serons d\u00e9vor\u00e9s par le feu\u2009\u00bb). Mais surtout, dans <em>Vox -humana\u00a0?<\/em> (1978-1979), le compositeur argentin ranime le souvenir d\u2019un langage cod\u00e9, qu\u2019il avait invent\u00e9, enfant, avec ses fr\u00e8res\u00a0: un mixte d\u2019espagnol et d\u2019h\u00e9breu. En r\u00e9alit\u00e9, ce langage \u00e9tait non tant une cr\u00e9ation que \u00ab\u2009la r\u00e9p\u00e9tition intuitive d\u2019une coutume qui avait la pr\u00e9f\u00e9rence de bien des \u00e9rudits s\u00e9farades, \u00e0 l\u2019\u00e9poque espagnole et m\u00eame plus tard\u2009\u00bb et dont fut d\u00e9riv\u00e9 le <em>ladino<\/em>. L\u2019impulsion cr\u00e9atrice de langage reste toutefois pr\u00e9sente dans la partition\u00a0: Kagel y invite ses interpr\u00e8tes soit \u00e0 puiser dans des mots <em>ladino<\/em> extraits du <em>D\u00e9sert de N\u00e9guev<\/em>, un chant jud\u00e9o-espagnol, soit \u00e0 s\u2019exprimer en une langue personnelle, invent\u00e9e. Dans la m\u00eame lign\u00e9e, le compositeur hongrois Gy\u00f6rgy Ligeti fabrique un langage onomatop\u00e9ique pour les personnages de ses <em>Aventures <\/em>et<em> Nouvelles Aventures<\/em> : non par hasard, cet idiome puise ses origines dans le <em>Kylwiria<\/em>, la langue imaginaire que Ligeti, enfant, s\u2019\u00e9tait cr\u00e9\u00e9e.<br \/>\nAu carrefour des deux tendances que nous avons d\u00e9gag\u00e9es, se situe un travail qui, tout en int\u00e9grant l\u2019h\u00e9ritage traditionnel des langues, pousse au plus loin la dissolution du langage articul\u00e9\u00a0: il s\u2019agit de la collaboration, d\u00e9velopp\u00e9e sur cinq \u0153uvres, entre le compositeur Luciano Berio et l\u2019\u00e9crivain Edoardo Sanguineti. L\u00e0, le texte est \u00e9crit dans la perspective de sa pulv\u00e9risation\u00a0: il est d\u2019embl\u00e9e pens\u00e9 comme \u00ab\u2009g\u00e9n\u00e9rateur de diverses expressions et situations vocales\u2009\u00bb qui le d\u00e9passent. Le plurilinguisme bab\u00e9lien participe d\u2019une telle mise en situation du texte\u00a0: dans l\u2019action sc\u00e9nique <em>Passaggio<\/em> (1963), les micro-\u00e9nonc\u00e9s en fran\u00e7ais, -allemand, latin et anglais diss\u00e9min\u00e9s dans les parties vocales du second ch\u0153ur (plac\u00e9 dans la salle de concert) signalent le dissensus qui anime l\u2019\u0153uvre, figurent tr\u00e8s litt\u00e9ralement un rapport ch\u0153ur\u2009\/\u2009personnage (la protagoniste principale s\u2019exprime en italien) marqu\u00e9 par la m\u00e9sentente. Puis, avec <em>Laborintus\u00a0II<\/em> (1965) et surtout <em>A-Ronne<\/em> (1974-1975), l\u2019expression vocale s\u2019\u00e9largit consid\u00e9rablement. Pour cette derni\u00e8re \u0153uvre, \u00ab\u2009documentaire radiophonique\u2009\u00bb pour cinq acteurs <em>a capella<\/em>, une courte page de texte inspire au compositeur le long d\u00e9pliement de sa vocalisation multiple, au milieu de marques d\u2019affect (-rires, hurlements), expressions triviales du corps (rots, r\u00e2les) sympathies animales (aboiements), purs r\u00e9sidus de l\u2019appareil phonatoire (clicks de bouche amplifi\u00e9s, raclements de gorge)\u00a0: le mot est d\u00e9compos\u00e9 en phon\u00e8mes, redistribu\u00e9 dans les diff\u00e9rentes voix, \u00e9clat\u00e9 dans l\u2019espace st\u00e9r\u00e9ophonique (droite\u2009\/\u2009gauche, proche\u2009\/\u2009lointain). Loin d\u2019\u00eatre ni\u00e9 par de telles op\u00e9rations, le sens ici prolif\u00e8re. Comme chez Zimmermann, le fonds culturel occidental se tord sur lui-m\u00eame\u00a0: une citation de la <em>Divine Com\u00e9die <\/em>de Dante croise l\u2019apparition spectrale du <em>Manifeste du parti communiste<\/em> au sein de ce qui appara\u00eet comme un parcours, de A jusqu\u2019\u00e0 <em>Ronne<\/em> (derni\u00e8re lettre de l\u2019ancien alphabet italien), depuis les mots inauguraux de la Cr\u00e9ation, d\u00e9clin\u00e9s en plusieurs langues\u00a0: <em>In the beginning<\/em><em> \/<\/em><em> Am Anfang<\/em><em> \/<\/em><em> in principio<\/em><em> \/<\/em><em> Au commencement<\/em>, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019expression finale\u00a0: <em>\u00ab<\/em><em> in the end is my music<\/em><em> \u00bb<\/em>, aboutissement d\u2019une incorporation du texte par la musique.<br \/>\nRien de plus \u00e9loign\u00e9, pourtant, dans une telle d\u00e9marche, que l\u2019id\u00e9e de faire de l\u2019expression musicale une mani\u00e8re de langage universel renouant avec la langue adamique. Dans l\u2019esth\u00e9tique de l\u2019\u00ab\u2009\u0153uvre ouverte\u2009\u00bb dont participent les \u0153uvres de Berio\u2009\/\u2009Sanguineti, le sens ne se donne pas comme r\u00e9v\u00e9lation intimement articul\u00e9e \u00e0 la langue mais se construit comme processus dans le moment de la r\u00e9ception, avec la part de dissensus que celle-ci implique. D\u00e9j\u00e0, la lecture \u00ab\u2009d\u00e9constructiviste\u2009\u00bb de Rousseau par Jacques Derrida posait comme horizon du langage la non-originarit\u00e9 absolue de la \u00ab\u2009trace\u2009\u00bb, tendue vers l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 d\u2019un d\u00e9j\u00e0-l\u00e0. Avec l\u2019id\u00e9e du langage originaire, c\u2019est d\u2019une certaine conception de l\u2019universalit\u00e9 qu\u2019il faut faire le deuil\u00a0: quittant le domaine de l\u2019expression, elle se d\u00e9place vers la diversit\u00e9 infinie des interpr\u00e9tations n\u00e9cessairement lacunaires\u00a0; elle devient le simple mouvement d\u2019adresse \u00e0 un <em>x<\/em>.<br \/>\n<em>Pierre-Yves Mac\u00e9<br \/>\n<\/em><em>Extrait d\u2019Accents n\u00b0 39<\/em><em> &#8211; septembre-d\u00e9cembre 2009<\/em><br \/>\nR\u00e9f\u00e9rences bibliographiques\u00a0: Jean-Jacques Rousseau, <em>Essai sur l&#8217;origine des langues <\/em>(premi\u00e8re parution, posthume, 1781) et autres textes, Garnier-Flammarion, 1993<br \/>\nWalter Benjamin, <em>La t\u00e2che du traducteur<\/em> (1923), in <em>\u0152uvres<\/em>, tome\u00a0I, Gallimard, Folio, 2000 Umberto Eco, <em>L\u2019\u0152uvre ouverte<\/em>, Seuil, 1979 Jacques Derrida, <em>De la grammatologie<\/em>, Minuit, 1967<br \/>\n<em>Photo \u00a9 Maud Chazeau<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u2009Yahv\u00e9 descendit pour voir la ville que b\u00e2tissaient les fils des hommes. 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