{"id":10495,"date":"2020-05-27T11:00:28","date_gmt":"2020-05-27T09:00:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/?p=10495"},"modified":"2020-07-12T17:08:58","modified_gmt":"2020-07-12T15:08:58","slug":"le-son-et-le-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/","title":{"rendered":"Le son et le silence."},"content":{"rendered":"<p><span id=\"inserted4969\"><span id=\"inserted9914\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-18939\" src=\"http:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3.jpg\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"1278\" srcset=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3.jpg 1920w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3-768x511.jpg 768w, https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/sciarrino-3-1536x1022.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/span><\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 14pt; color: #003366;\">Programm\u00e9e le 22 juin \u00e0 la Philharmonie de Paris, dans le cadre du festival ManiFeste, <em>Quaderno di Strada<\/em> de Salavatore Sciarrino ne pourra h\u00e9las \u00eatre jou\u00e9e. Mais cela ne nous emp\u00eachera pas de d\u00e9couvrir une id\u00e9e aussi originale que centrale dans le travail du compositeur italien, \u00ab l\u2019\u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute \u00bb, que ce dernier explicite dans ce texte au long cours publi\u00e9 en 2004.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Pr\u00e9senter ma musique, c\u2019est d\u2019abord d\u00e9crire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00e9coute particuli\u00e8re qu\u2019elle propose <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Point de d\u00e9part, l\u2019intime propri\u00e9t\u00e9 du son, la communication imm\u00e9diate et \u00e9motionnelle. Disons-le tout de suite\u00a0: nous nous aventurons dans l\u2019autre face de la plan\u00e8te musique, celle que, officiellement, on ignore.\u00a0En me consacrant \u00e0 la composition, j\u2019ai toujours voulu porter le ph\u00e9nom\u00e8ne sensoriel \u00e0 des limites extr\u00eames et contradictoires. L\u2019une d\u2019elles est la perception de l\u2019imperceptible en soi, au point o\u00f9 son et silence se confondent. Je crois que, avec la musique, nous pouvons atteindre \u00e0 une r\u00e9v\u00e9lation du naturel en dehors de r\u00e9sidus sentimentaux, et \u00eatre introduits \u00e0 une v\u00e9ritable \u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute.\u00a0Si c\u2019est un but, je ne dois pas m\u2019en d\u00e9tourner.\u00a0Si c\u2019est une \u00e9nigme, depuis plus de quarante ans, je lui tourne autour. C\u2019est un horizon qui se d\u00e9place avec moi, me pr\u00e9c\u00e8de au fur et \u00e0 mesure et me suit sur le chemin.\u00a0Aux confins du silence o\u00f9 na\u00eet ma musique, notre oreille s\u2019aff\u00fbte et l\u2019esprit accueille chaque \u00e9v\u00e9nement sonore comme si nous l\u2019entendions pour la premi\u00e8re fois. La perception en vient, pour ainsi dire, \u00e0 se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer et l\u2019\u00e9coute se fait fortement \u00e9motionnelle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Autrefois, j\u2019aurais \u00e9voqu\u00e9 Orph\u00e9e et les origines mythiques de la musique. Aujourd\u2019hui, il serait utile de chercher des r\u00e9f\u00e9rences dans des disciplines malheureusement m\u00e9connues de la musicologie\u00a0: la psycho-acoustique, la musicoth\u00e9rapie, les \u00e9tudes sur le langage des animaux. Ce n\u2019est pas un hasard s\u2019il s\u2019agit de disciplines naissantes et empiriques.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/3.jpeg\" alt=\"Salvatore Sciarrino\" width=\"492\" height=\"708\" \/><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\">Entendre comme pour la premi\u00e8re fois, avons-nous dit. Il est tr\u00e8s probable que ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 entendu auparavant n\u2019\u00e9meut point\u00a0; il y a en nous, cependant, un besoin de r\u00e9appropriation de soi proportionnel \u00e0 l\u2019actuel vacarme dans lequel, fatalement, nous sommes plong\u00e9s. Mais pour \u00e9couter, il ne suffit pas de sortir du vacarme\u00a0: l\u2019esprit doit se taire.\u00a0Quand nous approchons l\u2019inapprochable, le silence profond, et que nous retrouvons notre propre respiration, comme si nous ne l\u2019avions jamais \u00e9cout\u00e9e, l\u2019esprit se met en attente et peut-\u00eatre est-il en alerte\u00a0: voil\u00e0 que s\u2019ouvrent d\u2019autres oreilles pour \u00e9couter le bourdonnement du monde, et nous sommes au centre (notre sang est le centre).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00c0 plusieurs occasions, j\u2019ai affirm\u00e9 que la musique peut exiger la perte des sch\u00e8mes d\u2019\u00e9coute courants, peut briser l\u2019\u00e9corce des certitudes habituelles. Et il est in\u00e9vitable que nous ne soyons pas tous disponibles pour les lenteurs, les chocs, l\u2019inqui\u00e9tude d\u2019un voyage dans l\u2019inconnu, quand bien m\u00eame virtuel.\u00a0Quand l\u2019esprit n\u2019est plus rien et refl\u00e8te sa propre nudit\u00e9, nous craignons (et le danger est vraiment l\u00e0) de nous \u00e9carter du domaine sp\u00e9cifique de la musique. Nous entrons dans la sph\u00e8re d\u2019\u00c9ros, autrement dit des contacts non d\u00e9personnalis\u00e9s\u00a0: c\u2019est moi qui \u00e9coute, avec toi et avec toi aussi. Outre nos compagnons de voyage, nous n\u2019oublions pas que l\u2019on \u00e9coute quelqu\u2019un qui joue, par l\u2019interm\u00e9diaire du compositeur qui a imagin\u00e9 les conduire tous les deux\u00a0: la musique est une coutume tr\u00e8s sociale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Les dimensions \u00e9motionnelles du vide conf\u00e8rent une imm\u00e9diatet\u00e9 d\u2019expression intentionnelle, y compris aux bruits les plus insignifiants. Alors, toutes les autres sensations nous assaillent en m\u00eame temps que le son. C\u2019est ce qu\u2019en musicoth\u00e9rapie, on appelle l\u2019\u00e9coute globale\u00a0: l\u2019espace mental de l\u2019\u00e9coute n\u2019est plus abstrait et priv\u00e9 de topologie, mais prend des caract\u00e8res marqu\u00e9s, que l\u2019on ne saurait confondre avec d\u2019autres\u00a0; aucun obstacle ne s\u2019interpose, du moins c\u2019est ce qu\u2019il semble, entre r\u00e9ception int\u00e9rieure et ext\u00e9riorit\u00e9 essentielle de l\u2019objet de la connaissance, l\u2019inconnu qui vient \u00e0 notre rencontre.\u00a0Dans cette zone mentale, les sons, les bruits se dramatisent, deviennent \u00e9v\u00e9nements et semblent avoir des cons\u00e9quences sur d\u2019autres \u00e9v\u00e9nements. Distribu\u00e9s dans une constellation qui prend l\u2019apparence d\u2019un milieu sonore biologique, les \u00e9v\u00e9nements se produisent selon une repr\u00e9sentation calcul\u00e9e du hasard.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Quand je compose, je ne r\u00e8gle pas la transformation des sons au moyen de syst\u00e8mes d\u00e9terministes, mais en cr\u00e9ant une sorte de mouvement suspendu dans le temps. C\u2019est ce mouvement qui fournit les coordonn\u00e9es \u00e0 l\u2019oreille, et non l\u2019inverse (l\u2019oreille au mouvement). Suivons donc un son dans l\u2019acte de sa formation\u00a0: les intervalles, g\u00e9n\u00e9r\u00e9s progressivement par le mouvement, dessinent des g\u00e9om\u00e9tries vivantes, des organismes. Les intervalles se font expressifs, se renouvellent, incroyable palette, et cessent d\u2019\u00eatre un jeu de notes pr\u00e9existantes.\u00a0Mes instruments restent traditionnels, mais leur voix et leur pr\u00e9sence sont d\u00e9sormais impossibles \u00e0 reconna\u00eetre. Certains sons ont chang\u00e9 de registre, for\u00e7ant et d\u00e9passant les extr\u00e9mit\u00e9s graves et aigu\u00ebs de la musique. Pour r\u00e9veiller l\u2019illusion d\u2019\u00eatre au centre de la r\u00e9alit\u00e9, ce n\u2019est pas secondaire\u00a0: une subtile parent\u00e9 physique s\u2019\u00e9tablit entre mes sons transfigur\u00e9s et l\u2019univers ext\u00e9rieur \u00e0 la salle de concert.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-2.jpg\" alt=\"\" width=\"492\" height=\"330\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Lib\u00e9rons l\u2019esprit et laissons cro\u00eetre en nous le silence. \u00c0 un certain moment, le vide lui-m\u00eame semble dense\u00a0; avec ce renversement se produit une amplification significative de qualit\u00e9s sensorielles. Comment d\u00e9finir le calme monstrueux et b\u00e9nin qui nous ouvre la sph\u00e8re de l\u2019espace tout autour, alors que nous attendons que l\u2019autre se mat\u00e9rialise \u00e0 un certain endroit\u00a0?\u00a0La beaut\u00e9 de la naissance. D\u2019un fait unique, que l\u2019on ne peut r\u00e9p\u00e9ter, elle se fait sujet de la musique, se r\u00e9p\u00e9tera maintenant \u00e0 l\u2019infini ou se prolongera plus que d\u2019habitude\u00a0; dans les deux cas, la musique en tire une valeur cosmique.\u00a0Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mes formes musicales ont englob\u00e9 plus consciemment la pr\u00e9paration n\u00e9cessaire \u00e0 la perception, afin de toucher \u00e0 l\u2019\u00e9tat de gr\u00e2ce, \u00e0 la contemplation du vide.\u00a0Du rien affleure quelque chose\u00a0: un son. Il s\u2019approche de nous et p\u00e2lit dans le vide duquel il vient d\u2019\u00eatre engendr\u00e9.\u00a0Le passage graduel silence-son-silence est la clef de vo\u00fbte sur laquelle repose toutes mes constructions\u00a0; l\u2019instabilit\u00e9 qui lie et s\u00e9pare les trois moments est \u00e9lev\u00e9e au rang de principe.\u00a0Miroir du vrai o\u00f9 tout na\u00eet et meurt, le son na\u00eet et meurt. S\u2019agit-il \u2013 nous demandons-nous \u2013 d\u2019une image sonore qui attire le concept philosophique, ou le concept prend-il forme en image\u00a0? En effet, concept et image sont \u00e9quivalents dans notre psych\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Quand un son vient du rien, il traverse n\u00e9cessairement une phase indistincte. O\u00f9 commence alors le son, et o\u00f9 s\u2019ach\u00e8ve le silence\u00a0? Une question fait vaciller d\u2019un seul coup nos certitudes\u00a0; soudain, nous d\u00e9couvrons que nos sensations sont relatives, nous r\u00e9fl\u00e9chissons sur ce qui est, sur ce qui n\u2019est pas. Cette question irrite parfois les professeurs ou ceux qui entendent penser de mani\u00e8re sch\u00e9matique.\u00a0Il y a, dans les apparitions sonores, un instant indiscernable, qui est le dernier instant silencieux et le premier instant sonore. Et il y a, proche de la disparition du son, un instant impossible \u00e0 d\u00e9finir qui renferme la derni\u00e8re vibration avant le silence. Elle c\u00e9l\u00e8bre encore, cette question, le myst\u00e8re de la naissance.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/partition-Sciarrino.jpg\" alt=\"partition Sciarrino\" width=\"492\" height=\"233\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Pendant l\u2019\u00e9coute de mes \u0153uvres, nous entendons \u00e9merger des signaux corporels qui appartiennent \u00e0 la physiologie humaine\u00a0: la respiration et le battement du c\u0153ur, principalement. Ils se m\u00ealent aux sons, et par moments, la musique elle-m\u00eame semble battre et respirer.\u00a0L\u2019apparition de ces \u00e9l\u00e9ments sollicite une identification de l\u2019auditeur.\u00a0Les sons sont vraiment le v\u00e9hicule le plus direct pour transmettre les \u00e9motions. Si une petite variation dynamique modifie d\u00e9j\u00e0, chez le spectateur, ses rythmes primaires, la pr\u00e9sence concr\u00e8te des signaux physiologiques d\u00e9termine une phase d\u2019identification\u00a0: qui respire\u00a0? L\u2019interpr\u00e8te\u00a0? Ou peut-\u00eatre nous aussi, auditeurs, avec le compositeur\u00a0?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">C\u2019est une condition acoustique qui oscille entre identification et d\u00e9doublement, et que l\u2019on peut rapporter \u00e0 celle du f\u0153tus dans le ventre maternel. Curieusement, ce qui exerce la plus grande fascination, c\u2019est d\u2019envisager que l\u2019inanim\u00e9, ou l\u2019instrument, se mette \u00e0 respirer.\u00a0De quelle mani\u00e8re est n\u00e9e l\u2019invention de ces sons physiologiques, et quand\u00a0?\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 utiliser la respiration dans les compositions que j\u2019ai \u00e9crites entre 1962 et 1965\u00a0: ma physionomie stylistique n\u2019\u00e9tait pas encore fermement \u00e9tablie.\u00a01966 est la ligne de partage que j\u2019ai trac\u00e9e pour le d\u00e9but du catalogue officiel de mes \u0153uvres. Il est \u00e9vident que, \u00e0 ce moment-l\u00e0, ma musique pr\u00e9sentait une autre configuration g\u00e9n\u00e9rale et int\u00e9rieure, mais les sons dominants \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s ceux d\u2019aujourd\u2019hui. Nous pouvons dire que la perspective dans laquelle ces sons s\u2019ins\u00e8rent a chang\u00e9.\u00a0\u00c0 force de traiter des \u00e9v\u00e9nements sonores infimes ou extr\u00eames, avant m\u00eame d\u2019avoir affaire \u00e0 la perception de celui qui \u00e9coute, la perception de l\u2019interpr\u00e8te s\u2019alt\u00e8re. M\u00eame les sons \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb, dans ces contextes atypiques, deviennent \u00e9tranges.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/6-1.jpeg\" alt=\" \" width=\"492\" height=\"318\" \/><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\">Certaines compositions de ma premi\u00e8re p\u00e9riode explosaient comme un cosmos. L\u2019impact initial \u00e9tait le point d\u2019\u00e9nergie psychique maximale, mais c\u2019\u00e9tait un degr\u00e9 z\u00e9ro, ant\u00e9rieur au langage. Comme si la premi\u00e8re chose que l\u2019on devait offrir aux oreilles \u00e9tait le m\u00e9canisme du langage en soi, avec toutes ses potentialit\u00e9s, mais \u00e0 des degr\u00e9s d\u2019articulation inf\u00e9rieurs.\u00a0Ces pi\u00e8ces r\u00e9cusaient tout d\u00e9veloppement et ne pouvaient m\u00eame pas \u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019aphoristiques. Comme si, en l\u2019absence de d\u00e9veloppement, et en dehors de la dimension verbale, les figures sonores \u00e9taient sacrifi\u00e9es pour montrer les transformations de surface du temps et de l\u2019espace, pour induire un changement de notre perception.\u00a0En revenant infiniment sur l\u2019explosion, ou dans les mouvements qui en r\u00e9sultaient, se dressaient d\u2019\u00e9normes masses de son, p\u00e9riodiques, respirant comme les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels (vagues ou vent). \u00c0 consid\u00e9rer l\u2019int\u00e9rieur des masses, au moins au d\u00e9but, il \u00e9tait presque impossible de lire clairement de quelles composantes sonores elles \u00e9taient constitu\u00e9es.\u00a0Entre une vague de son et l\u2019autre affleuraient des \u00e9v\u00e9nements prolong\u00e9s singuliers, des strates ou des fonds lointains desquels surgissait ou auxquels participait le son de la respiration humaine. Comme si se concr\u00e9tisait la pr\u00e9sence de l\u2019auditeur, son attente de la vague suivante.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/partition-sciarrino-2.png\"><br \/>\n<\/a> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.ensembleinter.com\/accents-online\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/partition-sciarrino-2-1.png\" alt=\"partition sciarrino-2\" width=\"492\" height=\"360\" \/><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt;\">Bien entendu, ce n\u2019est pas du simple aspect acoustique que nous parlons ici\u00a0; les lois de la perception investissent l\u2019\u00e9difice de la forme, qui dispose pour ces sons de parcours et de r\u00e9sonances ad hoc.\u00a0La nouvelle forme ne cr\u00e9e pas seulement l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9coute en tant qu\u2019elle pr\u00e9voit l\u2019apprentissage de quelque chose d\u2019encore m\u00e9connu\u00a0; je peux affirmer que je trace chaque parcours selon les caract\u00e9ristiques de fonctionnement de la m\u00e9moire, autrement dit en incluant ses manques et en en repr\u00e9sentant les effets pendant le discours musical.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">La m\u00e9moire agit localement sur les s\u00e9quences soit d\u2019\u00e9l\u00e9ments soit de br\u00e8ves agr\u00e9gations. \u00c0 d\u2019autres niveaux, la m\u00e9moire prend aussi en charge les successions d\u2019\u00e9pisodes \u00e0 long terme, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, rend r\u00e9alisable la forme dans son articulation globale.\u00a0Un langage bas\u00e9 sur la reconnaissance des objets sonores dans leurs successions, amorce de possibles d\u00e9j\u00e0-vus.\u00a0Vice versa, dans le cas de la persistance mentale d\u2019un objet sonore singulier, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re obsessionnelle, la forme musicale tend \u00e0 briser les m\u00e9canismes pr\u00e9visionnels amorc\u00e9s par la r\u00e9p\u00e9tition, et scande le souvenir et l\u2019oubli.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Alors que, en regardant un objet, notre action poss\u00e8de une continuit\u00e9, on ne peut pas fixer un objet sonore dans le temps, sinon en le r\u00e9p\u00e9tant. Ce n\u2019est pas une limite, c\u2019est une propri\u00e9t\u00e9 du temps\u00a0; quand bien m\u00eame courtes, les dur\u00e9es d\u00e9terminent des r\u00e9p\u00e9titions, et elles se d\u00e9ploient en s\u00e9quences et en phrases\u00a0: voil\u00e0 ce qu\u2019est le discours musical.\u00a0La persistance des objets sonores n\u2019a absolument pas une fonction statique, au contraire, elle ouvre une des voies pour renouveler l\u2019oreille. L\u2019it\u00e9ration provoque une s\u00e9rie d\u2019attentes, vis-\u00e0-vis desquelles chaque variation infime para\u00eetra gigantesque.\u00a0Nous pouvons endormir le fauve qui est en nous et r\u00e9veiller la pens\u00e9e.\u00a0La persistance suspend l\u2019objet sonore en face de nous et suspend le temps\u00a0; elle permet d\u2019assister \u00e0 une lente transformation \u00e0 la moviola, analogue aux phases \u00e9volutives d\u2019une esp\u00e8ce vivante.<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/CQqeWHQGxLI\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Sources\u00a0: \u00ab\u00a0Il suono e il tacere\u00a0\u00bb, Adunanze straordinarie per il conferimento dei Premi A. Feltrinelli, IV\/3 (2004), Rome, Accademia Nazionale dei Lincei, 2004, p. 65-70\u00a0; tapuscrit de Salvatore Sciarrino (avec des ajouts manuscrits).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Traduction de l\u2019italien, Grazia Giacco et Laurent Feneyrou.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> [<em>\u00ab\u00a0De nombreux musiciens pensent que la musique ne signifie rien\u00a0; faire de la musique se r\u00e9duit ainsi \u00e0 une pratique st\u00e9rile. Je pense, au contraire, qu\u2019aucune action humaine ne peut \u00eatre priv\u00e9e de signification\u00a0: tout est langage, \u00e0 plus forte raison l\u2019art\u00a0; son pouvoir affectif et imaginatif, tout ce qu\u2019il d\u00e9clenche en nous, ne peut \u00eatre abandonn\u00e9 \u00e0 la faveur d\u2019une pure donn\u00e9e sensorielle\u00a0\u00bb<\/em>, ajoute Salvatore Sciarrino dans son tapuscrit, avant de couper ce premier paragraphe, en raison, vraisemblablement, de sa th\u00e8se trop explicite.]<\/span><\/p>\n<p>Photos (de haut en bas)\u00a0: \u00a9 Marion Kalter \/ \u00a9 Philippe Gontier \/ \u00a9 Marion Kalter \/ \u00a9 Philippe Gontier \u00a0&#8211;\u00a0Extraits de partition\u00a0: Introduzione all oscuro \u00a9 Ricordi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Programm\u00e9e le 22 juin \u00e0 la Philharmonie de Paris, dans le cadre du festival ManiFeste, <em>Quaderno di Strada <\/em>de Salavatore Sciarrino ne pourra h\u00e9las \u00eatre jou\u00e9e. Mais cela ne nous emp\u00eachera pas de d\u00e9couvrir une id\u00e9e aussi originale que centrale dans le travail du compositeur italien, \u00ab l\u2019\u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute \u00bb, que ce dernier explicite dans ce texte au long cours publi\u00e9 en 2004.<\/p>\n","protected":false},"author":126,"featured_media":10504,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[536],"class_list":["post-10495","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-grand-angle","tag-salvatore-sciarrino","concert-comme-un-nuage-de-vent-et-de-pierre","concert-nuova-strada"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Programm\u00e9e le 22 juin \u00e0 la Philharmonie de Paris, dans le cadre du festival ManiFeste, Quaderno di Strada de Salavatore Sciarrino ne pourra h\u00e9las \u00eatre jou\u00e9e. Mais cela ne nous emp\u00eachera pas de d\u00e9couvrir une id\u00e9e aussi originale que centrale dans le travail du compositeur italien, \u00ab l\u2019\u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute \u00bb, que ce dernier explicite dans ce texte au long cours publi\u00e9 en 2004.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ensemble intercontemporain\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2020-05-27T09:00:28+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-07-12T15:08:58+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"464\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"237\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Salvatore Sciarrino\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Salvatore Sciarrino\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"12 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Salvatore Sciarrino\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c\"},\"headline\":\"Le son et le silence.\",\"datePublished\":\"2020-05-27T09:00:28+00:00\",\"dateModified\":\"2020-07-12T15:08:58+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/\"},\"wordCount\":2425,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sciarrino-une.jpg\",\"keywords\":[\"salvatore sciarrino\"],\"articleSection\":[\"Grand Angle\"],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/\",\"name\":\"Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sciarrino-une.jpg\",\"datePublished\":\"2020-05-27T09:00:28+00:00\",\"dateModified\":\"2020-07-12T15:08:58+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sciarrino-une.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/content\\\/uploads\\\/2017\\\/09\\\/Sciarrino-une.jpg\",\"width\":464,\"height\":237},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/2020\\\/05\\\/le-son-et-le-silence\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le son et le silence.\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/\",\"name\":\"Ensemble intercontemporain\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c\",\"name\":\"Salvatore Sciarrino\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Salvatore Sciarrino\"},\"url\":\"https:\\\/\\\/www.ensembleintercontemporain.com\\\/en\\\/author\\\/salvatore\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain","og_description":"Programm\u00e9e le 22 juin \u00e0 la Philharmonie de Paris, dans le cadre du festival ManiFeste, Quaderno di Strada de Salavatore Sciarrino ne pourra h\u00e9las \u00eatre jou\u00e9e. Mais cela ne nous emp\u00eachera pas de d\u00e9couvrir une id\u00e9e aussi originale que centrale dans le travail du compositeur italien, \u00ab l\u2019\u00e9cologie de l\u2019\u00e9coute \u00bb, que ce dernier explicite dans ce texte au long cours publi\u00e9 en 2004.","og_url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/","og_site_name":"Ensemble intercontemporain","article_published_time":"2020-05-27T09:00:28+00:00","article_modified_time":"2020-07-12T15:08:58+00:00","og_image":[{"width":464,"height":237,"url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Salvatore Sciarrino","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"Salvatore Sciarrino","Est. reading time":"12 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/"},"author":{"name":"Salvatore Sciarrino","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/#\/schema\/person\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c"},"headline":"Le son et le silence.","datePublished":"2020-05-27T09:00:28+00:00","dateModified":"2020-07-12T15:08:58+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/"},"wordCount":2425,"image":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg","keywords":["salvatore sciarrino"],"articleSection":["Grand Angle"],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/","url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/","name":"Le son et le silence. - Ensemble intercontemporain","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg","datePublished":"2020-05-27T09:00:28+00:00","dateModified":"2020-07-12T15:08:58+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/#\/schema\/person\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/content\/uploads\/2017\/09\/Sciarrino-une.jpg","width":464,"height":237},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/2020\/05\/le-son-et-le-silence\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le son et le silence."}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/#website","url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/","name":"Ensemble intercontemporain","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/#\/schema\/person\/07de44438dc2b0a4ceb84f182d5c102c","name":"Salvatore Sciarrino","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c480920647f75525f8acf8a578762929a7feed0cc7a09a9d253681785e04e1ae?s=96&d=mm&r=g","caption":"Salvatore Sciarrino"},"url":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/author\/salvatore\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495\/"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post\/"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/126\/"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments\/?post=10495"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495\/revisions\/"}],"predecessor-version":[{"id":19205,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10495\/revisions\/19205\/"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10504\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/?parent=10495"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories\/?post=10495"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ensembleintercontemporain.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags\/?post=10495"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}