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Une complicité musicale.

Éclairage By Eric-Maria Couturier, le 02/03/2026

À l’occasion du concert-portrait consacré à Luca Francesconi le 26 mars à la Philharmonie de Paris, le violoncelliste Eric-Maria Couturier évoque plus de vingt ans de complicité artistique avec le compositeur.

Pour moi, Luca Francesconi restera toujours associé à la première pièce que j’ai jouée de lui, avec l’Ensemble intercontemporain en 2002 : Lips, Eyes, Bang, une pièce de 1997 avec vidéo en temps réel, autour de la chanteuse pop italienne et iconique, Jenny B. Je garde encore le souvenir de ce travail précis des textures, qui accompagnaient la vidéo projetée sur un écran géant, gros plan sur la voix.
Souvenir impérissable également d’Etymo, que nous avons gravé sur notre disque monographique en 2008, avec la soprano Barbara Hannigan – avec cette écriture vocale empreinte d’une virevoltante virtuosité héritée de Luciano Berio.

Ce concert-portrait pour son soixante-dixième anniversaire sera l’occasion pour moi de jouer Unexpected End of Formula, une pièce que je rêve de jouer depuis des années ! J’y entends une prodigalité, un feu intérieur qui dévore en même temps qu’il remplit d’énergie.
Quant à Secousse-Action, elle est associée pour moi à un souvenir joyeux, et une création atypique, dans une cage d’escalier du Théâtre du Châtelet, alors que les concerts reprenaient petit à petit, au sortir de la pandémie de Covid-19.
Entre tous ces éclats de vie, s’est noué entre Francesconi et nous un pacte, alliant écriture recherchée, développement instrumental insatiable et défi virtuose assumé. Ce qui fait de ce concert-portrait autant une célébration que des retrouvailles avec un ami de longue date.

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