See menu

“FEMINA” de Riccardo Giovinetto : de la Renaissance italienne à l’image générative.

Éclairage By Riccardo Giovinetto, le 04/01/2026

À la croisée de la musique électronique, de la peinture renaissante et des arts numériques, FEMINA de Riccardo Giovinetto interroge la notion de grâce à l’ère de l’image générative. En faisant dialoguer madrigaux polyphoniques, portraits féminins de la Renaissance et flux visuels réactifs au son, l’artiste compose une expérience audiovisuelle immersive où un « œil numérique » semble apprendre, interpréter et réinventer la beauté en mouvement, au cœur du Grand Soir Numérique de l’Ensemble intercontemporain, le 8 janvier 2026 à la Cité de la musique, dans le cadre de la Biennale Némo.

FEMINA est une performance audiovisuelle qui superpose à une musique électronique originale des réminiscences de chœurs polyphoniques, et déconstruit des échantillons de peintures de la Renaissance pour les transformer en un flux d’images évolutif, réactif au son. Le projet explore l’idée de la grâce et, plus encore, le regard qui la définit à la Renaissance — celui des peintres —, qui l’attribuaient par excellence à la figure féminine. Ce concept insaisissable de beauté en mouvement peut-il acquérir de nouvelles significations dans le domaine numérique ? C’est la question qui a animé le projet.

Des photographies haute résolution de plusieurs portraits féminins réalisés par Piero della Francesca, Botticelli, Antonio del Pollaiolo, Domenico Ghirlandaio, Léonard de Vinci et Bronzino ont servi de matériel de base, ainsi que les peintures du cycle que Botticelli a consacré à la figure de Vénus (Le Printemps, La Naissance de Vénus, Vénus et Mars).
Le mouvement principal de la performance est centré sur ces dernières œuvres.
La partie sonore s’inspire de la riche tradition italienne des madrigaux polyphoniques.


Les regards des peintres, fixés sur la toile pour la postérité, et ceux renvoyés par les figures représentées sont absorbés dans un processus qui établit à son tour un troisième regard. Cet Œil numérique, apparu lors de la première phase d’expérimentation, m’a fasciné au point de me pousser à construire l’ensemble de la performance à base de cette idée, en imaginant le parcours d’une intelligence artificielle et ses différentes étapes d’appréhension, d’intériorisation et d’auto-expression, du concept de grâce.


Le processus créatif a été exploratoire, improvisé et intuitif, et la recherche du son approprié s’est déroulée en parallèle avec la définition d’un imaginaire visuel cohérent. Chaque séquence fonctionne selon sa propre logique, et les interactions peuvent être guidées par le son ou, alternativement, par les figures et leurs mouvements.

Découvrir un extrait vidéo de FEMINA